CHAPITRE VII
Galvanoplastie et èlectrotypie.
galvanoplastip:,
183. Définition. La galvanoplastie proprement dite a pour objet de reproduire des œuvres d'art, en constituant un moule négatif en métal ou en matière plastique, à surface conductrice, lequel sert au tirage d'épreuves positives par voie électrochimique.
184. Moules métalliques. La première manière, la plus ancienne et la moins employée, est due à Jacobi. On se sert d'un bain simple, pour déposer sur les objets à reproduire un dépôt de cuivre non adhérent. Le moulage métallique est enlevé aussitôt qu'on le juge assez épais et on le remet au bain seul, en le reliant au zinc. Les moules se revêtent intérieurement d'un dépôt de cuivre auquel on peut donner plus ou moins d'épaisseur selon la durée de l'opération, dépôt qui constitue une copie exacte de l'objet.
Pour empêcher l'adhérence du dépôt sur les objets à reproduire, il faut avoir soin de frotter ceux-ci avec un tampon de coton imbibé d'essence de térébenthine.
Il va de soi que l'on peut seulement reproduire par ce procédé les objets de dépouille facile et que, si le métal de la pièce est attaquable par la liqueur du bain, on doit avoir soin de le rendre inattaquable, en le recouvrant préalablement d'une couche métallique protectrice. Ainsi, les objets en fonte seront soumis à un cuivrage intermédiaire.
185. Moules en matières plastiques. Les moules les plus employés dans la pratique galvanoplastique sont en gutta-percha (pour les pièces métalliques) ou en gélatine (pour les pièces en plâtre ou en cire).
On rend ces moules conducteurs, soit en les frottant de plombagine à Faide de brosses jusqu'à amener les surfaces au noir brillant, soit en imbibant d'une solution de nitrate d'argent dans Valcool les surfaces, que l'on fait sécher puis sur lesquelles on insuffle de Vhydrogène sulfuré.
186. Galvanoplastie massive. On peut arriver à communiquer aux reproductions galvanoplastiques une solidité remarquable, en fondant à l'intérieur des coquilles des morceaux de laiton. On obtient ainsi des objets malléables, qui peuvent se travailler comme le cuivre fondu {Ghristofle & G'*").
187. Galvanoplastie en ronde-bosse. Les objets qui ne permettent pas la dépouille, telles que les statues, doivent être reproduits en plusieurs pièces que l'on soude soigneusement ; sinon, il faut chercher à distribuer le courant en employant comme anode une carcasse de fils de platine (Lenoir) ou de plomb (Planté) enchevêtrés, reproduisant grossièrement les formes de l'intérieur du moule et laissant une épaisseur de liquide assez uniforme entre elle et les parois. Les extrémités des fils traversent un tube de verre qui les isole du moule en gutta et sont réunies au pôle positif de la source.
On doit avoir soin de permettre le renouvellement du liquide à l'intérieur du moule, en laissant à celui-ci une petite ouverture inférieure et d'offrir un dégagement à l'oxygène par un orifice à la partie supérieure.
M. Rauscher, de Berlin, coule en zinc différentes parties de l'objet qu'il s'agit de reproduire galvanoplastiquement, soude ces parties entre elles à l'aide d'un alliage de
Plomb 3 part.
Cadmium ...... 3 «
Bismuth 3 «
Le tout est ensuite recouvert d'une couche d'argent, puis le moule en zinc dissous par l'acide sulfurique étendu.
188. Patinage ou bronzage. Les objets d'art en bronze fondu ou galvanoxjlastique subissent souvent un bronzage ou patinage qui leur donne l'aspect si recherché des bronzes anciens. Ce résultat est obtenu à l'aide des acides, des alcalis ou des sulfures qui produisent à la surface du métal une pellicule mince d'oxyde ou de sulfure. Cette pellicule se forme instantanément et, sous une main habile, peut s'accentuer à volonté en produisant tous les tons, depuis le vert de gris très clair jusqu'au vert antique foncé ou depuis le rouge très clair légèrement sulfuré dans les fonds, jusqu'au brun foncé et même au noir chaud. La patine est d'autant plus belle que le cuivre est plus pur ; le cuivre galvanique s'y prête donc admirablement.
C'est par les procédés galvanoplastiques que l'administration du South Kensington Muséum de Londres et celle du Musée artistique et industriel de Vienne font reproduire en cuivre les chefs-d'œuvre originaux qui existent dans les divers musées d'Europe.
Le travail le plus important de ce genre est la reproduction des bas-reliefs de la colonne Trajane et de l'arc-de-triomphe de Constantin faite par M. Oudry pour Je Musée gallo-iî'omain de S^-Germain^n-Laye.
Les six cents bas-reliefs de la colonne Trajane ont été moulés en plâtre à Rome en 1864, sur la colonne, qui a près de cinquante mètres de hauteur. Ces modèles ont servi à faire des moules en gutta qui ont été ramenés à Paris et dans lesquels on a déposé une forte couche de cuivre galvanoplastique. La surface ainsi reproduite en cuivre mesure plus de six cents mètres carrés.
Les huit griffons placés deux par deux aux angles de la façade extérieure du dôme du Palais de Justice de Bruxelles, à la hauteur de 75 mètres environ, ont été exécutés en cuivre galvanique dans les ateliers de Haeren lez-Bruxelles.
ÉLKCTROTYPIE.
189. Définition. L'électrotypie a pour but la reproduction, par le concours du courant électrique, des gravures ou des compositions typographiques.
Les cartes à jouer, les timbres-poste, les billets de banque sont imprimés à Taide des clichés électrotypes. Pour obtenir ces clichés il faut :