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NATURE DE LA DOULEUK ET DE LA NÉVRALGIE

comme des formes d'affection propres, bien caractérisées, et sont confondues sous le nom de névralgies et douleurs névralg if ormes, ce sont, dis-je, ces formes contre lesquelles les efforts des électrothérapeutes se sont dirigés avec prédilection ; toutefois le courant électrique s'est montré très souvent efficace contre toutes sortes d'autres affections douloureuses qui n'ont aucun rapport avec les névralgies et qui ne méritent pas même le nom de névralgies symptomatiques.

Il est vrai que les indications relatives à l'emploi de courants électriques, contre les douleurs et les névralgies, ne se présentèrent peutêtre pas aussi spontanément que pour les paralysies. Tant qu'on ne connut l'électricité que comme un excitant nerveux, l'emploi de ces courants contre des états d'excitation des nerfs sensibles ne parut pas très attrayant ; avant que l'on eût reconnu les actions, modifiant et diminuant l'excitabilité, des courants électriques, on les avait employés contre les douleurs et les névralgies (en suivant je ne sais quelle association d'idées). Les succès nombreux et indubitables de ces premières expériences, ont bientôt formé une large base pour des recherches ultérieures sur ce terrain thérapeutique, et aujourd'hui nous possédons, dans le courant électrique, un des remèdes les plus brillants contre les névralgies, bien que nous soyons forcés d'avouer qu'on n'est pas encore bien avancé dans la connaissance et la compréhension de son action, pour ces formes de maladie.

Ici encore, comme dans les paralysies, nous nous croyons obligé, pour comprendre les actions électrothérapiques et pour fonder les méthodes les plus efficaces contre les névralgies, de jeter un rapide coup d'œil sur la nature de la douleur et de la névralgie, afin de voir quelles circonstances pathogéniques contribuent à leur développement; c'est seulement dans cette voie que nous arriverons réellement à une électrothérapie rationnelle des douleurs et des névralgies.

Cela nous paraît d'ailleurs assez difficile ; malgré l'apparition quotidienne de ces symptômes et de ces formes morbides, malgré des observations qui remontent à des milliers d'années, malgré des efforts multipliés, nous nous trouvons encore dans une déplorable ignorance, en ce qui concerne la nature et la pathogénie de la douleur en général et des névralgies en particulier ; et naturellement c'est un obstacle grave au progrès de la thérapeutique.

La douleur est provoquée par tout phénomène sensible qui dépasse une certaine intensité. C'est la réaction du moi contre une certaine force d'excitation centripète. Or, cette excitation peut être produite, ou bien par l'intensité plus grande des excitations agissantes, ou bien par une augmentation de l'excitabilité des appareils sensibles, de sorte que des excitations très faibles provoquent le phénomène d'excitation qui produit la douleur. Mais ici commence notre incertitude ; car nous ne savons pas

toujours, nous ne savons même que très rarement sur laquelle de ces deux voies la douleur commence, dans les maladies. Mais il est probable que, dans les cas pathologiques, il s'agit le plus souvent d'une trop grande excitabilité, causée par des troubles délicats de la nutrition des appareils de la sensation, de telle sorte qu'il suffît des excitations ordinaires, légères et physiologiques, des mouvements du sang et des parties du corps, de la tension des tissus, peut-être aussi de la présence de matières chimiques dans le sang et dans les liquides des tissus, pour produire la force nécessaire du phénomène d'excitation ; mais nous ne savons rien au delà de ces conjectures.

Il est encore plus difficile de comprendre ce qu'on entend par névralgie et de reconnaître les relations délicates qu'elles ont avec les causes qui les font naître. On entend par névralgie des douleurs d'une grande intensité et d'une nature multiple et étrange qui, naissant dans le corps même, spontanément, par l'effet de phénomènes pathologiques, sont confinées dans une ou plusieurs régions nerveuses, se font sentir dans toute leur étendue et présentent de notables exacerbations et rémissions, et même de complètes interruptions. Ces douleurs paraissent être provoquées, dans bien des cas, par des troufiles délicats de la nutrition des nerfs, qui échappent encore tout à fait à notre exploration histologique (comme les névralgies idiopathiques, les refroidissements, la malaria, les poisons de toute espèce, l'anémie, l'hystérie, la névrosthénie, l'irritation spinale); dans beaucoup d'autres cas, ces douleurs sont la suite ou du moins accompagnent les modifications anatomiques grossières aux endroits les plus divers de l'appareil sensible (traumatismes, corps étrangers, compression, inflammation et dégénérescence dans les nerfs périphériques, névromes, maladies de la moelle épinière, tabès, vraisemblablement aussi maladies du cerveau, syphilis, etc.). Mais une étude plus approfondie nous apprend que toutes ces causes ne produisent nullement, par voie directe, les douleurs névralgiques et que la névralgie diffère totalement des excitations sensibles produites directement parleurs causes ; l'on se voit ainsi forcé d'admettre que, par l'action de ces causes, il doit se développer, dans le nerf, quelque chose d'autre, qui produit et crée la névralgie, etl'on en est venu à la conclusion, il est vrai encore hypotétique que la névralgie est une forme précise, spéciale, de troubles de la nutrition dans l appareil des nerfs sensibles (modifications pour lesquelles Mobius a employé le nom de modifications névralgiques;. C'est seulement cette modification particulière du nerf qui produit la névralgie et qui en détermine l'apparition caractéristique. Tant qu'elle dure, la névralgie dure aussi ; si ses causes persistent, la modification névralgique persiste aussi ; en d'autres termes, si Ton a réussi à faire disparaître transitoirement la névralgie, ses causes premières la font toujours re-

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