‹ Traité d'électrothérapieChapitre 221 sur 290 · PLAN GENERAL DE TRAITEMENT · texte numérisé non relu

PLAN GENERAL DE TRAITEMENT

rive au but que par la deuxième ou troisième méthode. Il est naturel que vous choisissiez votre procédé, d'après des règles déterminées et d'après la nature du cas ; mais il faut vous attendre a le voir échouer et à être forcé d'essayer successivement toute la série des autres méthodes. Comme plan général de conduite, je vous recommande de vous enquérir d'abord avec soin de la cause et de la localisation exacte de la maladie et de combattre d'abord celle-ci ; de plus, il vous faudra donner tons vos soins à découvrir les excitants réflexes et les points de pression ; car dans les cas où ils existent, le traitement a d'ordinaire des chances plus favorables. Quant au traitement direct, je vous conseillerai alors de commencer toujours par la méthode la plus douce, c'està-dire par l'emploi de l'An stable, ensuite, s'il y a lieu, vous passerez à des courants descendants stables, à des courants faradiques simples ou intenses, puis au pinceau faradique et enfin aux commutations de courants. Souvent une méthode, qui a d'abord échoué, réussit un peu plus tard ; on peut donc, dans des cas opiniâtres, essayer à plusieurs reprises les diverses méthodes d'application. L'habileté et la chance des électrothérapeutes ont ici devant elles une vaste sphère d'activité.

L'intensité et la durée des applications distinctes se règlent ici entièrement d'après les conditions individuelles ; on doit toujours, par prudence, commencer par de faibles courants et par de courtes séances ; peu à peu on monte jusqu'à une action plus forte et l'on répète, s'il le faut, les applications, même plusieurs fois dans la journée. La durée de l'ensemble du traitement doit souvent être très longue et vous ne devrez jamais vous fatiguer. Quand la crampe aura disparu, sauf de légères traces, il faudra, d'après Remak, suspendre le traitement et laisser à la nature le soin de compléter la guérison. Mais attendez-vous toujours à des rechutes, qui se produisent très facilement et très souvent, parfois même après de très longs intervalles.

Les succès de l'électrothérapie, en fait de crampes, sont incertains à un très haut point, presque jamais on ne peut déterminer à l'avance, ni même conjecturer avec une certaine probabilité, que la guérison se produira. Bien des fois les succès sont surprenants et éclatants ; d'autres fois la ténacité du mal met au désespoir le médecin et le patient. Même des cas, en apparence inoffensifs, chez des personnes ordinairement bien portantes, peuvent braver toute méthode de traitement électrique ou autre; c'est à quoi vous devez toujours vous attendre, quand il s'agit de crampes. Par suite, on peut à peine donner quelques indications générales au sujet du pronostic du traitement électrique ; les contractures musculaires et rhumatismales, provoquées par un refroidissement, une névrite, un traumatisme, sont relativement favorables ; les crampes réflexes et les formes accompagnées de points de pression

perceptibles sont particulièrement favorables ; les formes reposant sur une grave diathèse névropathique, les crampes récidivant avec fréquence, les crampes existant dans les maladies organiques de la moelle épinière et du cerveau, sont excessivement tenaces tandis que d'autres crampes centrales plutôt fonctionnelles, offrent un bon pronostic.

En parlant des formes de crampe isolées, je puis me borner à attirer votre attention sur différentes particularités d'ordre pratique. Très rarement la crampe du muscle de la mastication (sous forme tonique, en qualité de trismus ; sous forme clonique, comme grincements de dents) s'observe isolément en elle-même ; elle est plus souvent une manifestation partielle de formes de crampes générales. Les formes isolées proviennent maintes fois d'affection directe de la portion motrice de la cinquième paire, mais le plus souvent par voie réflexe (lors d'état d'excitations dans le domaine de la cinquième paire, dans les affections dentaires, celles de l'articulation de la mâchoire, de contusions périphériques, d'helminthes, etc.). C'est de ce côté que doit se diriger le traitement électrique, qui pour le reste n'offre absolument rien de particulier et peut être mis en œuvre suivant les modes d'application les plus divers .

Mais la crampe faciale mimique, la crampe faciale, le tic convulsif sont de beaucoup le plus fréquemment observés sous formes très diverses, partielle ou diffuse, tonique ou clonique, occasionnellement aussi sous forme de légère contracture (après des paralysies faciales). Cette affection peut provenir de causes très diverses ; mais les formes les plus mauvaises sont précisément celles, dans lesquelles absolument aucune cause ne se laisse diagnostiqueretdanslesquellesle ticconvulsif diffus pur persiste avec ténacité des années et des décades d'années. On a quelquefois trouvé qu'elles étaient le résultat d'affections périphériques et centrales ; tout récemment à propos des formes de crampe corticales, on a été conduit à supposer qu'une partie des crampes faciales cloniques, idiopathiques, devait être rattachée à une affection, probablement impalpable des circonvolutions cérébrales, dans le voisinage de ce qu'on appelle le centre facial.

Le traitement électrique de ces spasmes nécessite de la part du médecin autant de perspicacité que de patience; toutes les méthodes diverses peuvent être ici appliquées et doivent souvent être essayées à leur tour, mais souvent inutilement : ainsi action stable de l'An avec forces de courant grossissantes ou décroissantes sur le plexus parotidien ou, derrière l'oreille, sur le tronc du facial ; direction transversale du courant par les apophyses mastoïdes (An du côté affecté) ; action stable de l'An sur la région du vertex opposée, dans le voisi-

TIC CONVULSIF, BLÉPHAROSPASME 503

nage du centre facial (moitié inférieure des circonvolutions centrales, voir fîg. 29, p. 264); cette méthode d'abord proposée par moi, fut appliquée en divers cas, avec succès, par 0. Berger ; comme An on se sert de préférence de la grande électrode céphalique que l'on applique sur la région du vertex bien humectée (Ka sur le dos ou à la main opposée) stable» avec entrées et sorties de traînées de courant, forces de courant moyennes, durée 5-10 minutes (suivant Berger). De plus vous pourrez essayer dans les branches isolées des nerfs, des courants descendants stables, ou répéter souvent des fermetures du pôle négatif ou encore des commutations de courant, auxquelles Benedikt a dû une série de succès. Si vous rencontrez des points de pression (à la colonne vertébrale, au visage, dans la cavité buccale, derrière l'oreille, etc.) vous devrez en faire l'objet d'un traitement par l'An. N'oubliez pas, non plus, de vous attaquer dans des cas graves, aux différents ganglions du sympathique du cou, surtout quand ces ganglions sont douloureux au toucher. Remak attribue justement à ce traitement une efficacité spéciale, surtout en ce qui concerne les ramifications nerveuses du sympathique, partant des ganglions du cou pour aboutir aux grands vaisseaux de la tète, particulièrement à l'artère vertébrale (qui reçoit aussi du premier ganglion thoracique un important rameau vertébral) ; ces ramifications nerveuses provoquent peut-être des actions catalytiques indirectes.

Vous pourrez aussi employer, pour les nerfs, des courants faradiques grossissants et cela assez souvent avec succès; vous pourrez de même faire passer des courants faradiques en long et en large à travers la tête ou sur les régions de l'écorce qui sont en question. Enfin vous pouvez faire un essai du pinceau faradique, que vous dirigerez sur la peau de la nuque, sur la région postérieure de l'oreille et, s'il y a lieu, sur des points de pression.

On combat, d'une manière tout à fait analogue, le spasme facial, partiel, particulièrement le spasme des paupières, qui se manifeste si souvent ; en première ligne, nous recommandons le traitement par l'An sur les paupières fermées et sur la région du nerf sus-orbitaire, puis je vous conseille, avant tout, de rechercher et de soigner les points de pression qui, précisément dans ces formes, jouent, d'après les belles recherches de Y. Grafe et Remak, un rôle si important; il en est de même du traitement galvanique du sympathique et de ses ganglions particuliers. Du reste ici la patience et la persistance sont précisément des conditions fondamentales du succès.

Je puis passer rapidement sur le traitement du spasme lingual, de même que sur celui des spasmes oculo-musculaires ; ce sont des affections très rares que, le cas échéant, vous devrez traiter conformément aux principes généraux.

En revanche, les spasmes du domaine de l'accessoire et de celui des autres muscles de la nuque sont du nombre de ceux qui ne sont point rares, mais ce sont, dans tous les cas, des formes de maladie excessivement chroniques ; ils présentent, à tous les points de vue, eu égard à leur curabilité difficile, la plus grande analogie avec le tic convulsif pur et doivent être traités absolument d'après les mêmes règles et les mêmes méthodes. Je comprends dans cette même série les spasmes des sterno-cleido-mastoïdiens, des trapèzes, des splénius, des rotateurs de la tête, de l'angulaire de l'omoplate et des autres muscles profonds de la nuque et du cou, dont vous devrez étudier la symptomatologie et le diagnostic dans les manuels de pathologie nerveuse. Le traitement, par l'An, de la nuque, du nerf accessoire et du sympathique du cou, que Remak, de nouveau, a récemment préconisé, mérite d'être tenté en premier lieu; en outre, j'y ajoute d'ordinaire le traitement par la Ka de la partie correspondante des circonvolutions cérébrales opposées, ainsi que l'action sur la moelle allongée (transversalement par les apophyses mastoïdes) que l'on peut également essayer ; si vous trouvez des points de pression, ce qui n'est pas précisément rare, il faut les combattre en premier lieu, et puis viennent en ligne les autres méthodes antispastiques déjà décrites à plusieurs reprises. Mais ces crampes appartiennent aux formes les plus rebelles et les plus pénibles que l'on puisse imaginer; j'ai vu des cas de ce genre absolument effrayants.

On observe aussi très fréquemment dans res muscles, les spasmes toniques, qui, dans leur forme récente, se présentent souvent sous forme de torticolis rhumatismal et constituent alors un objet très favorable pour le traitement électrique (comp. obs. 120 et 121). D'ordinaire deux séances suffisent (An stable, ou commutations de courant, ou faradisation énergique) pour faire disparaître l'affection. Mais cette crampe n'en est que plus grave dans les formes congénitales ou déjà passées à l'état de contractures durables. En ce cas, on tente souvent en vain toutes les méthodes et on obtient alors, tout au plus, quelque succès de la faradisation régulière (gymnastico-orthopédique) des antagonistes.

Tout ce que je viens de dire s'applique également aux spasmes et contractures des autres muscles du tronc, du dos et du ventre, qui se présentent à l'observateur sous les formes et combinaisons les plus surprenantes et opposent d'ordinaire à l'exploration et à l'interprétation cliniques les plus grandes difficultés. En ce qui les concerne, l'éleclrothérapie a à célébrer peu de triomphes ; leur traitement s'effectue suivant les principes généraux et consiste babituellement en une tentative dirigée dans tous les sens, plus ou moins conforme à un plan, à l'aide des méthodes les plus diverses, vers tous les endroits possibles

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