AFFECTIONS DU SYMPATHIQUE DU COU
était absolument débarrassé de ses étourdissements ; l'érytbème pâlit, dans les premières séances même pendant la durée du courant; la vue et la parole sont meilleures, le moral est remonté, guérison durable après 18 séances.
Le traitement électrique s'institue en général, pour ces affections, tout comme pour les lésions des nerfs périphériques ; le siège de la lésion doit-il être recherché dans le sympathique du cou lui-même, on traitera ce sympathique suivant les règles générales ; y a-t-il quelque raison d'admettre que le siège particulier de l'affection se trouve dans la moelle cervicale, on électrisera cet organe de la manière connue.
Un tel traitement est-il impossible, n'y a-t-il point de lésion locale apparente ou celle-ci ne rentre-t-elle point dans le domaine de l'électrothérapie, alors le choix de la méthode d'application se fait d'après la ' nature des manifestations principales, spécialement d'après les troubles vaso-moteurs qui peuvent se présenter, comme je l'expliquerai ultérieurement d'une façon encore plus complète. Il me suffira ici de vous dire que vous devrez vous servir exclusivement du courant galvanique, lors des manifestations d'excitation du sympathique et il semble en vérité résulter des expériences faites jusqu'à ce jour que le traitement stable par VAn, du sympathique est le procédé le plus convenable. Une électrode moyenne ou encore, ce qui sera bien suffisant, une électrode en forme de branche sera appliquée directement sur les ganglions principaux du sympathique (Ka sur le dos ou indifféremment) et on introduira un courant assez fort, d'une façon stable, durant quelques minutes, de préférence jusqu'à ce qu'il soit possible de constater une action sur les vaisseaux ou les pupilles.
Lors d'une paralysie évidente du sympathique au contraire, une action légère et brève de la Ka est indiquée, avec de faibles courants, une interruption plus fréquente, et des KaFF répétées, éventuellement aussi quelques commutations : mais qu'il n'y ait que de courtes séances (1 à 2 minutes) parce que sans cela l'action contraire se produirait aisément. Ici on peut aussi essayer la faradisation modérée du nerf.
Le plus souvent il sera utile, lors des paralysies de conductibilité du sympathique du cou, et même toujours, d'y ajouter un traitement des censés de la moelle cervicale, traitement agissant dans le même sens, ;imsi dans un cas l'action de l'An d'une Façon stable pénétrante, dans l'autre une action modérément stable et même labile de la Ka.
Il paraît aussi indiqué dans bien des cas d'employer le traitement de la périphérie comme utile adjuvant ; à cet effet vous traiterez la peau et les vaisseaux du visage, avec l'An ou la Ka d'une façon stable ou labile, en d'autres termes vous y appliquerez le pinceau faradique et cela pour amener dans un spasme notoire des vaisseaux un relâchement réflexe et une rubéfaction de la peau.
J'ai dit, à propos des névralgies viscérales, ce qu'il faudrait ajouter pour les maladies du sympathique.
Nous rencontrons des troubles vaso-moteurs dans la pathologie des nerfs avec une fréquence extraordinaire. Vous savez que les affections nerveuses périphériques (névralgies, anesthésies, paralysies) ainsi que les maladies épinières et cérébrales sont souvent accompagnées de troubles semblables ; malgré cela, ils n'exigent ordinairement pas de traitement spécial. Mais quelquefois ils se présentent sous une forme plus autonome ; ce sont des affections dans lesquelles des états d'excitation ou de paralysie des vaso-moteurs et des modifications corrélatives dans la largeur des vaisseaux et dans la circulation constituent l'élément primaire et essentiel et peuvent sans doute alors provoquer une série d'états successifs pour la sensibilité, lamotilité, le fonctionnement du cœur, celui du cerveau etc.. C'est ce qu'on appelle des névroses vaso-motrices. Elles jouent peut-être un bien plus grand rôle dans la pathologie de beaucoup d'organes intérieurs que nous ne le savons jusqu'ici (il est vrai que ce rùle a fait suffisamment agir et rêver l'imagination !) ; mais nous connaissons mieux et nous observons plus facilement les névroses vaso-motrices dans la région de la peau et tout au plus dans la sphère de distribution du sympathique du cou, tandis que nous savons encore très peu de choses relativement aux névroses vasomotrices des organes internes.
Ces angio-névroses cutanées, comme on les appelle maintenant, vont nous occuper un instant. Elles n'apparaissent que sous deux formes, mais suivant une localisation très variable, tantôt plus diffuses, tantôt étroitement localisées dans une région nerveuse déterminée; le plus souvent les extrémités, particulièrement les supérieures, sont le siège de ces névroses, ensuite ce sont le visage et le cou, par conséquent les parties qui présentent la plus grande sensibilité dans les manifestations vaso-motrices, la motilité des muscles vasculaires la plus grande.
Le spasme des vaso-moteurs (spasme angiocutané) se manifeste en tant que rétrécissement des vaisseaux, sous forme de pâleur et refroidissement de la peau qui, maintes fois, spécialement aux doigts, paraît d'une blancheur crayeuse et cadavérique (mort des doigts), ou affecte même, à La >uite d'un certain temps, une coloration plus livide et cyanotique ; d'ordinaire il s'y joint un spasme des petits muscles cutanés {cutis anserina), et on peut considérer comme manifestations ultérieures le fourmillement-, la douleur, l'obtusion de la sensibilité, la difficulté d'effectuer de petits mouvements délicats etc. ; lors d'un trouble très étendu, les variations de l'action cardiaque peuvent aller jusqu'à
l'angine de poitrine vaso-motrice. Cet état se manifeste habituellement par des accès, d'une façon intermittente, et s'aggrave sous l'influence du froid, etc. Un état analogue à celui-ci, pourrait peut-être se rencontrer dans cet état très rare qu'on a appelé livor angioneuroticus Cyanose proprement dite), hypérémie par plaque d'un rouge bleuâtre -ombre, avec douleurs sourdes, sensation de froid objectif, relié maintes fois à une hématurie qui se manifeste par accès, et doit vraisemblablement se rattacher à une crampe transitoire des petites veines cutanées.
La paralysie des vaso-moteurs (angio-paralysie cutanée) apparaît sous forme intermittente (état de rougeur essentiel) ou rubéfaction persistante, par plaque ou diffuse et température élevée de la peau, avec accroissement de pulsations, paresthésies et aussi mal de tête, étourdissements, nystagmus des paupières, insomnies, excitation cardiaque, exagération de la transpiration cutanée, etc. Dans des cas particuliers, on a vu cette affection être accompagnée, spécialement aux mains et aux pieds, de vives douleurs et d'byperesthésie (Erythromélalgie des auteurs américains.)
Ces angionévroses cutanées se produisent principalement chez les individus nerveux, hysthériques, asthéniques et peuvent être occasionnées par toutes les causes nuisibles possibles (refroidissement, métier s'exerçant au contact de l'eau, de liquides corrosifs, de certains poisons, etc.) ; je n'ai pas ici à m'appesantir sur ce sujet.
Ce qui serait pour nous beaucoup plus important pour remplir l'indication spéciale électrothérapeutique, ce serait de connaître la nature et la pathogénie de tous ces troubles vaso-moteurs. Mais cela est encore impossible, dans l'état actuel de nos connaissances, quand la question de l'existence et de la distribution des vaso-dilatateurs et vaso-constricteurs, des voies et centres -vaso-moteurs d'impulsion et d'arrêt de la moelle épinière est encore pendante, quand il est possible que ces deux organes puissent être excités tout aussi bien par la voie directe que par la voie réflexe ; nous ne sortirions pas par là des hypothèses et comme vous connaissez, sur ces questions, l'état de l'enseignement physiologique, vous pouvez essayer, dans une certaine mesure, de vous faire à ce sujet une opinion. Des explication f plus exactes me conduiraient ici trop loin.
Le cas, ci-dessus communiqué, d'Otto (obs. 138), est un excellent exemple de paralysie vaso-motrice ; l'observation suivante peut aussi servir d'exemple de crampe vaso-motrice :
139° Obs. de ISothnagel. — Névrose vaso-motrice des extrémités supérieures. — Ouvrière, 49 ans, fut atteinte, il y a six ans, à la suite d'un fort refroidissement, d'une sensation de fourmillement daim les deux mains et de douleurs vagues s'étendant jusqu'au bras ; au bout de six mois, amélioration ; à partir