LOI DE SECOUSSE DES MUSCLES VIVANTS
sa véritable valeur, et dont Von Ziemssen a fourni les procédés méthodiques. On peut, de la sorte, exciter faradiquement tous les muscles situés à la surface ainsi qu'une partie des muscles situés plus profondément.
La réaction galvanique des muscles vivants se comporte, comme me l'ont appris de nombreuses expériences, de telle façon que le muscle excité par les deux pôles, ne répond que par une secousse de fermeture, tandis qu'une secousse d'ouverture fait complètement défaut ou ne peut s'obtenir qu'exceptionnellement. Dans mes expériences susdites, je me suis efforcé d'éviter, autant que possible, les points d'entrée des nerfs moteurs, ce qui n'est possible, jusqu'à un certain point, qu'avec les muscles longs et forts, par exemple le biceps brachial, les muscles antérieurs de la jambe, le deltoïde, le vaste interne, le pectoral, etc. Cette absence de secousse d'ouverture s'explique peut-être, comme je l'ai déjà dit, par la faible excitabilité du muscle à l'égard d'une excitation d'ouverture de courte durée. Jci les secousses de fermeture sont courtes et énergiques ; souvent elles ne me parurent cependant pas aussi promptes, aussi fulgurantes que lors de l'excitation partant du nerf; elles montraient bien assez souvent une légère tendance à la contraction tonique toutefois elles ne sont jamais absolument lentes.
Mais on voit aussi que la KaFS n'est pas beaucoup plus grande que la AnFS et c'est là une différence marquée d'avec la façon dont le nerf se comporte normalement ; quand ce dernier est excité, la différence entre KaFS et AnFS est bien plus grande en faveur de la première que lors d'une excitation musculaire directe. Pour expliquer ce phénomène, on peut très bien utiliser les observations si remarquables de Héring. Cet auteur nous montre combien la situation des nombreuses places anodiques et kathodiques, dans le muscle, doit être compliquée avec la façon habituelle d'appliquer les pôles dans différentes circonstances, sous une forme différente, une structure anatomique plus fine et la situation des muscles. Songez aussi que la masse du muscle examiné par rapport aux parties molles voisines, est relativement bien plus grande que celle du nerf examiné, que le premier par conséquent renferme beaucoup plus de fils de courant, et qu'ainsi l'électrode « virtuelle » devient plus active ; de plus, il peut se faire occasionnellement que le nerf moteur afférent tombe dans le domaine de l'électrode virtuelle et que, comme il paraît, l'excitabilité du muscle soit relativement beaucoup plus grande pour KaF que pour AnO ; vous n'y trouverez peut-être pas d'explication suffisante pour ce mode d'action ; mais vous vous étonnerez de la façon peu différente, il est vrai, dont se comporte le nerf.
Il est naturel qu'avec le courant galvanique, se produise une excita- Erb. — Etectrothérapie. fi
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tion jusqu'à un certain point isolée des différents muscles du corps qui peuvent être atteints, une galvanisation locale, qui repose sur les mêmes principes et méthodes que la faradisation locale.
Un deuxième groupe, très important, d'actions du courant électrique sur les nerfs moteurs, est constitué par ce qu'on appelle les actions modifiantes variant l'excitabilité, les actions èlectrotoniques. On entend par là les actions des courants électriques et surtout galvaniques, qui s'expriment par une modification — augmentation ou diminution — de l'excitabilité électrique, thermique qu mécanique des nerfs moteurs (et aussi des muscles) pendant l'écoulement et après l'arrêt du courant. Us ont été l'objet d'expériencaa physiologiques approfondies et d'une grande portée dans leurs conséquences théoriques ; on les comprend -mis la dénomination de phénomènes électrotoniques. C'est surtout Pfliiger qui a eu le mérite de les avoir étudiés, dans tous les sens, et d'avoir, pour ainsi dire, épuisé la question. Voici ce que la théorie de l'électrotonus renferme d'essentiel, d'instructif pour nous.
Un courant galvanique « polarisant », traversant le nerf moteur dans le sens de sa longueur, modifie son excitabilité, dans toute sa longueur, mais avec le plus d'intensité, dans l'entourage des deux pôles ; c'est près de la kathode et dans son entourage, en haut et en bas, que se manifeste une augmentation plus ou moins considérable de l'excitabilité (électrique, mécanique et thermique), ce qu'on appelle Katélectrotonus ,* à l'anode, au contraire, et dans son entourage, des deux côtés, se manifeste seinblablement une diminution de l'excitabilité, ce qu'on appelle ['Anélectrotomts. Tous deux grandissent avec la durée et l'intensité progressives du courant polarisant et se touchent, dans l'espace intra-polaire, sur un point d'indifférence. La modification de l'excitabilité est la plus grande aux électrodes mêmes et elle se termine, des deux côtés, en une courbe ; dans l'intérieur de l'espace intra-polaire, cette courbe tranche la ligne des abscisses, au point d'indifférence.
Après l'ouverture du couranl polarisant, la modification négative de l'excitabilité à l'anode (l'anélectrotonus) se change en une modification positive très remarquable, en une augmentation de l'excitabilité, <jui a besoin de quelque temps pour disparaître; par contre, à la kathode, ae manifeste, pour la première fois, une comte modification négative de l'excitabilité, qui se change toutefois très rapidement en une modification positive énergique, eu une augmentation de l'excitabilité, pour disparaître aussi lentement el faire place de nouveau à l'état normal. Il reste donc, après l'ouverture du courant polarisant, aux deux pôles, une augmentation plus ou moins longue de l'excitabilité.
Comme nous croyons souvent avoir à faire, dans les cas pathologi-
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ques, à une augmentation ou une diminution de l'excitabilité des tissus nerveux et comme les électrothérapeutistes n'ont généralement pas pu résister au désir de ramener leurs succès thérapeutiques aux phénomènes électrotoniques, en apparence si clairs et si lumineux, on a fait naturellement de nombreuses expériences pour démontrer les phénomènes électrotoniques sur l'homme vivant et pour les représenter ; ces expériences — malgré leurs grandes difficultés — paraissent avoir réussi dans les points essentiels. La démonstration, SOT l'homme vivant, d'une loi de secousse motrice, peut être considérée comme une preuve de l'existence de modifications électrotoniques. On a aussi réussi à les représenter d'une manière plus directe.
Toutefois les premiers travaux de ce genre, publiés presque en même temps par A. Eulenburg et par moi, nous ont donné des résultats diamétralement opposés. Les résultats d'Eulenburg concordaient avec la physiologie ; mais mes propres expériences, faites d'après la même méthode, sur d'autres nerfs, il est vrai, ont donné tout le contraire, c'est-à-dire la diminution de l'excitabilité dans le voisinage de la kathode et son augmentation dans le voisinage de l'anode. L'exactitude de mes résultats, que j'ai plus tard constatée à différentes reprises, et que j'ai démontrée de bien des manières, me paraît absolument certaine. Ces résultats s'expliquaient aussi, comme le déclara immédiatement Helmholtz, lors de la communication de mes recherches, par des traînées de courants et par la diminution rapide de la densité de courants dans le voisinage des électrodes polarisantes, c'est-à-dire par les deux électrodes virtuelles se trouvant dans le voisinage de chaque électrode et ayant des coefficients opposés d'après le schéma que je vous ai expliqué antérieurement (voir plus haut, p. 74. fig. 17) ; quand, d'après cette explication si claire, j'amenais l'électrode excitative, immédiatement auprès de, ou dans l'électrode polarisante, je voyais se manifester, absolument comme dans les expériences physiologiques, le katélectrotonus et l'anélectrotonus réguliers.
Donnons ici, pour une plus ample explication, quelques résultats de mes nombreuses expériences ; la plupart d'entre elles furent pratiquées sur moimême, au nerf cubital ; les deux électrodes polarisantes (moyennes) furent tixées a une distance de 10 à 12 centimètres l'une de l'autre, au-dessus du nerf, sur la partie supérieure du bras ; comme moyens d'excitation, je me servis de courants faradiques secondaires, amenés au nerf par une fine électrode (avec beaucoup de modifications contrôlantes du mode d'expérience). Les distances des bobines, auxquelles se manifestaient de minimes contractions, furent déterminées alternai ivement, durant l'écoulement et l'ouverture du courant ■dansant. Dans le premier groupe d'expériences que je vais communiquer. I excitation eut lieu un peu au-dessous de l'électrode polarisante inférieure ; dans la deuxième série, le lieu de l'excitation avait été transféré sur le domaine de l'électrode polarisante (perforée) elle-même; vous voyez sans peine,
ELECTRol'UYSIOLOGIE
que dans la première série, dans le circuit katélectrotonique, il se produit toujours une diminution d'excitation, dans l'anélectrotonique une augmentation tandis que dans la deuxième série d'expériences, l'état normal, augmentation dans le circuit katélectrotonique et diminution dans l'anélectrotonique. s.j maintient avec la plus grande évidence et avec la plus grande énergie, savoir :
l« Série d'eipér. (électrode excitante, au-dessous de l'électrode polarisante.) A. Katclectrotonus descendant.
COURANT POLARISANT
12 éléments ouvert.
fermé.
I 4 éléments ouvert, fermé.
10 éléments ouvert, fermé.
DISTANCE DES ROULEAUX Pour minimes contractions en millimètres
Expérience i.
oo