‹ Traité d'équitation illustréChapitre 11 sur 68 · CHAPITRE V Résumé des chapitres précédents · texte numérisé non relu

CHAPITRE V Résumé des chapitres précédents

Quand on démontre ces premiers éléments à un élève, on doit s'attacher à lui donner de la confiance. C'est pour cela que je suis d'avis de le commencer à la longe, et de le faire monter sur la selle à piquet, l'élève ayant sur cette selle plus de tenue, et le cheval à la longe pouvant être facilement arrêté par la personne qui donne la leçon.

L'élève, se trouvant en sécurité, prendra plus promptement une bonne posture, et apprendra plus facilement l'emploi qu'il doit faire de ses mains et de ses jambes.

On ne doit mettre un élève en liberté que lorsqu'il commence à se fixer, qu'il sait arrêter et diriger son cheval ; on l'astreint alors au travail des reprises simples. En

raison de ses progrès, on lui fera prendre le trot et le galop. Quand il obtiendra facilement ces deux allures, on le mettra sur des selles rases et anglaises afin de lui donner plus de tenue; à mesure qu'il s'assurera, on lui fera augmenter les allures, en faisant alterner le travail de la bride et du bridon ; car indépendamment de l'appui qu'il pourrait prendre à la main, et qui sert à augmenter la tenue, et, par conséquent, la confiance, l'élève se familiarisera avec l'usage de ce frein, qui doit servir k former les jeunes chevaux : il faut, par-dessus tout, éviter, dans le principe, d'entrer dans des explications détaillées d'effets de rênes, de jambes, etc. Un élève ne peut les comprendre, ni les étudier avec fruit, que lorsqu'il a acquis de la tenue, de la confiance, et du décidé. En n'exigeant de lui que des choses simples, des a-droite, des à-gauche, des arrêts bien marqués, des allures franches, le tact, qu'il acquerra par l'habitude, développera bien plus son intelligence, et lui donnera tout naturellement le secret de bien des choses que les meilleures explications ne pourraient lui apprendre.

Tout ce qu'un élève obtient de lui-même se classe mieux dans sa mémoire. En raison des moyens que la nature lui a donnés, il essaye, il exige ; s'il se trompe d'abord, et qu'il réussisse ensuite, il peut établir des termes de comparaison qui sont pour lui la meilleure de toutes les leçons. C'est ainsi, si je puis me servir de cette expression, que l'on doit dégrossir un élève. Il faut éviter de le fatiguer de paroles qu'il ne peut pas com-

prendre, et qui ne servent qu'à retarder les progrès de son intelligence *.

' La plupart des personnes qui se mêlent aujourd'hui de donner leçon ne suivent aucunement le système que je propose. Au lieu de fatiguer leurs chevaux pour exercer leurs élèves et leur donner de la tenue, elles préfèrent les entretenir de théories, de mots vides de sens, de prétendues définitions scientifiques, au moyen desquels on passe pour très habile, et pendant lesquels les chevaux ne marchent pas. Avec beaucoup de leçons semblables, on n'obtient aucune habitude, aucun tact, et le jugement se fausse.

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