VI PREFACE
La critique tardive que l'on a faite de la première édition d'un ouvrage, douze ans après sa publication, m'autorise à douter de sa sincérité, surtout lorsqu'un nouvel éditeur est venu m'otïrir de publier à ses frais une seconde édition.
N'ayant aucunement varié dans ma manière de voir, la seconde édition sera semblable k la première ; rien ne sera changé, pas même l'incorrection du style. Je vais donc encore une fois prêter le flanc à mes détracteurs.
Lorsqu'il s'est agi de me combattre pour faire prévaloir des idées surannées et faussement interprétées, la vérité a été faussée au point de juger l'École de Versailles d'après mon manège de Paris. N'était-ce pas une partialité révoltante de vouloir comparer une instruction largement organisée, où de jeunes élèves dépendent d'un chef pendant plusieurs années, avec un établissement industriel, recevant des hommes de tout âge, de toute force, voulant devenir cavaliers en vingt leçons ? Peut-on mettre la moindre analogie entre un établissement livré à lui-même, rencontrant à chaque instant mille entraves, et un manège soutenu par la munificence royale ? En me reprochant de n'avoir pas enseigné dans mon manège certains moyens de répression et d'assouplissement, quelques personnes ont conclu que je les ignorais; les manèges de Paris sontils destinés à former des dresseurs de chevaux, je le demande ? N'est-ce pas déjà beaucoup de pouvoir conserver un élève assez de temps pour lui donner une