‹ Traité d'escrime, à pied et à chevalChapitre 2 sur 5 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Il existe un grand nombre d’ouvrages sur l’escrime i et la plupart sont tellement anciens , qu’on ne les trouve qu’avec peine ; ils renferment d’ailleurs une infinité de vieux coups d’armes réformes dans nos academies. Il est assez difficile d’établir un mode général et uniforme de faire des armes ; chaque maître tient à sa méthode , et chaque amateur a un jeu différent. Nous nous sommes donc contenté de donner des principes certains sur les positions , fondés sur l’anatomie ; de détailler les bottes et parades, la mesure, les temps , les appels et attaques , les feintes , et généralement tout ce qui constitue 1 art de 1 escrime , et nous avons terminé par quelques observations sur celui que l’on pourrait pratiquer à cheval.

Tout cela nous a paru faire partie essentielle des couuaissances d’un officier , pbligé ,

par état , à porter l’épée , et par conséquent à savoir s’en servir.

Cet exercice n’est pas moins intéressant pour les jeunes gens que leur fortune et leur rang appellent un jour à des fonctions importantes. Il développe les moyens physiques, leur donne de la grâce et de la souplesse , et leur apprend enfin à connaître la dignité de l'homme. Loin de nous l’idée d écrire pour ces perturbateurs de l'ordre social , chez qui l’adresse devient un vice, en les rendant querelleurs et entreprenans envers des hommes moins exercés qu’eux ; c’est plutôt pour se garantir de leurs insultes qu’un jeune homme qui se destine à fréquenter le monde doit pratiquer cet exercice. Il est des circonstances où l’homme le plus paisible est obligé de répondre à un affront fait à son honneur ou à celui des personnes qui lui sont le plus chères; enfin pour celui qui doit voyager , et pour mieux dire , dans toutes les circonstances de la vie , il est nécessaire de savoir faire des armes, non pour attaquer, mais pour se défendre. Tous ceux qui reçoivent une éducation distinguée ne peuvent pas plus se dispenser d’apprendre à faire des armes qu’à monter

à cheval, exercice également propre au développement des qualités physiques.

Nous nous sommes donc attachés à raisonner le mécanisme des armes, pour faire connaître à nos lecteurs l'effet des moiwemens et la cohérence de toutes les parties qui composent un individu. Nous avons surtout employé les expressions techniques, ce que la plupart des maîtres des régimens négligent., par la difficulté qui existe de se procurer des ouvrages sur l’escrime.

Quant aux notions que nous donnons sur l’escrime à cheval , nous estimons que cet exercice, répété souvent, donnerait aux cavaliers l’adresse et l’agilité nécessaires, et enfin une certaine assurance qui résulte toujours de l’idée que l’on est plus adroit et plus exercé que l’ennemi que l’on a à combattre.

Cet ouvrage est orné de plusieurs planches gravées avec soin, et indiquant les différentes positions.

Notre but étant d’encourager un exercice propre à développer les mouvemens , à donner aux articulations l'élasticité et la légèreté nécessaires, nous avons mis tous nos soins à ne

rien avancer qui ne soit mûrement réfléchi , et enfin à présenter au public un ouvrage qui puisse être de quelque utilité, en offrant aux amateurs des détails nécessaires à la perfection des armes, et qui, quoique légers en apparence , n’en sont pas moins d’une grande conséquence (1).

(i) Cet ouvrage fait partie de celui intitulé le Guide des Officiers de cavalerie , divisé en cinq parties, que l’on peut se procurer ensemble ou séparément.

La première traite de l’administration et de la comptabilité en général; la deuxième, de l’habillement, équipement, armement et harnachement ; la troisième , de l’hippiatrique régimentaire ; la quatrième , de l’équitation ; et la cinquième , de l’escrime*

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