‹ Traité d'harmonie en trois volumesChapitre 4 sur 160 · VX · texte numérisé non relu

VX

JL

Les essais d'harmonie rudimentaires du moyen âge consistèrent à faire chanter une mélodie par les voix aiguës, les voix graves chantant simultanément cette même mélodie à la quinte, conformément à la tessiture naturelle des voix.

Ex. 21.

nu

Plus tard,**) l'intercalation d'une tierce constitua Paccord de trois sons (triade ou accord parfait). Mais il ne fut plus toléré que les accords se succédassent en produisant des quintes, des octaves parallèles.

*) Nous ne tiendrons pas compte, pour le moment, des voix moyennes, suraig-uës et

sous-graves.

**) Je simplifie à l'extrême ces notions. La réalité est infiniment plus compliquée,

mais sans intérêt pour le commençant qui, plus tard, pourra consulter les ouvrages

spéciaux qui traitent de ces technies perdues.

Ex. 22. en UT

Après bien des tâtonnements, les modes anciens furent abandonnés et le mode Majeur avec son relatif moderne régna seul.

Actuellement, cette domination (du mode Majeur) n'est plus si rigoureuse, maint retour aux modes anciens a été tenté. On y a ajouté quelques libertés dans l'emploi des dissonances et des quintes parallèles, voire des emprunts plus ou moins directs à l'antique organum.

Les six quintes justes qui composent le diatonique produisent trois accords Majeurs et trois accords mineurs, plus un accord indéterminé, (ce n'est pas un accord parfait puisque sa quinte n'est pas juste;) nous ne tiendrons momentanément pas compte de ce dernier, situé sur la note sensible. ^

| mineur | | Majeur |

Les trois premiers accords sont mineurs, ils constituent les „harmonies du mode mineur," les trois autres, Majeurs, forment les„harmonies du mode Majeur." Nous commencerons nos études par ces derniers.

Le mode Majeur sera indiqué par des Majuscules (Exemples: DO, SOL, FA etc. désignent les tons de DO Majeur, SOL Majeur, FA Majeur).

Le mode mineur s'indiquera par des minuscules (Exemples: la, mi, si etc. indiquent les tons de la mineur, mi mineur, si mineur.)

Les accords de trois sons ou accords parfaits.

Mode Majeur.

La note inférieure de la triade donne son nom à l'accord: on l'appelle fondamentale ou prime.

respectivement a) accord de FA; b) accord d' UT-, c) accord de SOL; d) accord de MI bémol; e) accord de FA dièse.

Nous désignerons la prime ( la fondamentale) par le chiffre 1, la tierce par 3 et la quinte par 5.

Les diverses notes d'un accord sont encore désignées collectivement par le nom de fonctions.

Lesfonctions de tierce et de quinte peuvent se disposer en ordre interverti sairé que pour cela l'accord change de dénomination. (La prime reste invariablement située au grave, -à la partie inférieure de l'accord. A a) b) c) k

3» a fi:

Ex. 24.

Ces 3 dispositions, a) b) et c) sont des aspects divers de l'accord d'UT.

Si on place au grave les fonctions de tierce ou de quinte, ces nouvelles dispositions sont désignées sous le nom de renversements; nous les étudierons plus loin.

Les trois sons de la triade se distribuent vocalement de diverses façons:

1) Pour 3 voix égales, ( a) 3 sopranos, ou b) 3 altos, ou c) 3 ténors, ou d) 3 basses; bien entendu, il convient de disposer l'accord dans la meilleure partie de l'étendue de ces voix).

Ex.25a)

(accord VUT)

2) Pour 2 voix égales et une voix différente, par ex. e) 2 sopranos et 1 alto; f) 2 sopranos et 1 ténor; g) 2 ténors et 1 basse; h) 1 ténor et 2 basses; etc.

:zs:

8) Pour 3 voix différentes, par ex; 1 soprano, 1 alto et 1 ténor, etc.

Soprano.

Alto.

Ténor.

Pour utiliser le quatuor vocal complet, il faudra nécessairement doubler une des fonctions,- la prime de préférence. Les meilleures dispositions sont alors les suivantes:

Ex. 26

Ton à' UT.

xF

xr

xr

nn

XE

xe

XE

XSZXE1XE

Accord de Dominante (en abrég-é V) Accord de SOL.

Accord de Tonique (en abrégé I) Accord d'UT.

^) d) lere position

b) e) 2me »

c) 3me »

f) lere position

g) 2me »

h) 3me »

dispositions serrées

dispositions

larges (espacées)

i)l) 2œe position j)m)3m« » I k) lere „ n)q) lère position o) 2me »

p) 3me »

dispositions serrées

dispositions

larges (espacées)

L'accord de FA (Sous-Dominante (en abrég-é: IV), se dispose de façon

x'2v) s) t) u) v> w) x) y) z) aa)

VUJ « ÎS

eJ -©-

41' K rv r>

rt

Accord de Sous-Dominante (IV) Accord de FA.

identique.

Soprano., Alto. I

Ténor.

Basse.

r)u)lere position: disposition serrée s) 2e » » »

x) > lere position: dispositions larges (espacées) aa))

Ces dispositions dites chorales (ou vocales) peuvent également se

répartir: la basse en clé de fa, les trois autres fonctions de l'accord

en clé de sol.

Ex.28. AN.B.1 o o

C'est la disposition au clavier, qui est le plus souvent serrée:

fÎTS

tT -©- -S- -S- ~

tl €> «> *>

Cl 11

IF

il ,

etc,

LIA» fl H1-^ 1

-•4Î *-1 ** — if

~* e tfrFÏ

etc.

-eo — «

N.B.1, 2 et 3. Accords peu lisibles, vu la multiplicité de lignes additionnelles. On les dispose plutôt en clé de fa, comme dans les exemples donnés aux N.B.4 et 6. Quand l'harmonie remonte, on indique le changement de clé comme à l'ex. N.B.6 Si elle descend, en passant de la clé de sol à la clé de fa, il va de soi qu'on emploiera l'indication inverse. Si une seule voix (la 3me) change de clé, une flèche indicatrice de la direction prise sera utile (N.B.7 et»).

L'on voit que la lere position est celle qui a la prime redoublée au soprano; la 2me position a la tierce au soprano; la 3me position a la quinte au soprano.

Les dispositions a), b), c), d), e), i), j), k), 1), m), r), s), t), sont serrées; les dispositions f), g), h), n), o), p), q), u), v),w), x),y), z), aa), sont espacées, (larges). Dans ces dernières, on évite de dépasser la sixte entre les voix supérieures (soprano, alto et le ténor). L'intervalle entre le ténor et la basse n'a pas de limite arrêtée.

Les intervalles entre les 3 voix supérieures se répartissent par conséquent de cette façon:

Ex. 29a), Dispositions serrées.

^-ke-

nT**6-

IDC

3ÎÎ

3ce

Dispositions larges

jce

ou

un

1ÊÎ

ou

jOl

la basse donnant immuablement la prime ou fondamentale.

Faire succéder deux sons formant intervalle mélodique s'appelle effectuer une marche. Selon le trajet parcouru et la direction de cette marche, on dit: Marche de seconde (ou de tierce, ou de quarte, etc.) montante; marche de seconde (ou de tierce, ou de quarte, etc.)

descendante. „ ,. , .Ex.30a)

Marche montante.

Ma

desc<

(ces douze marches sont les seules utilisées dans le maniement des accords de 3 sons.) (L'intervalle de 7me et ceux dépassant l'8ve sont provisoirement écartés) C. 43939a

Jl

iM r\ r*

., seconde

tierce

quarte

quinte

sixte

octave !

Par extension, on désigne les successions des accords par la marche de leur fondamentale, directe quand elle est montante, contre- quand elle est inverse:

XE

XT

XE

XE

XT

a) Marche de quinte [directe] (montante).

b) » » contrequinte (descendante).

c) >> » tierce [directe] (montante).

d) » » contretierce (descendante).

xfc

XE

XE

Enchaînement des accords.

Marche de quinte montante ou quarte descendante

(quinte directe), Tonique - Dominante et retour à la Tonique: I, V, I.

Ex. 32a)

Maj

!n ^tyFajeur 33E

XE

XE

En £W Majeur

XE

XIT

XKJ TE

L'on remarquera que si la basse, (la partie grave) saute aux fondamentales en franchissant forcément des intervalles assez grands

a) quarte descendante - quarte montante

b) quinte montante - quinte descendante

par contre, les autres voix (Soprano - Alto - Ténor) procèdent par mouvements conjoints: (même direction)

lere voix (Soprano): do - si - do.*^

2me voix (Alto) : sol - sol - sol.

3me voix (Ténor) : mi - ré - mi.

*) L'intervalle de demi-ton Si-Ut est dit attractif et est préféré à toute autre marche.

La 2me voix (Alto) énonce la note commune aux trois accords. Toute suite de deux accords qui contient au moins une note commune s'appelle un enchaînement, la note commune étant le chaînon qui lie les deux accords.

L'on remarquera encore que la lere position est suivie de la 2me et cette dernière de la lère. Si l'on faisait suivre le 1er accord

en lere position d'un autre accord qui serait également à l^re position, toutes les voix sauteraient: Ex. 33a) ,N

la

ce qui était prohibé dans la pratique musicale classique. (Dans l'exemple b) la basse redouble, en octaves, la partie supérieure, ce qui en fait réduit la suite en accords de 3 voix). Voici quelques éclaircissements à sujet.

La polyphonie vocale est basée non seulement sur les harmonies qui forment le fond de toute composition musicale, *)mais encore sur le mouvement des voix, c'està-dire: la façon dont la voix part, d'une note (harmonique) pour aboutir à la note qui lui échoit dans l'accord suivant, et les relations qui s'établissent ainsi entre ces mouvements.

On distingue trois mouvements: le direct (ou semblable), l'oblique et le contraire (inverse).

Le direct est celui que prennent deux (ou plusieurs) voix montant simultanément ou descendant simultanément,

(direct)

L'oblique désigne le mouvement s'effectuant dans une seule voix, l'autre restant sur une note soutenue,

(oblique)

L' inverse, ou contraire, a lieu lorsque de deux voix l'une descend pendant que l'autre monte,

(inverse)

Les anciennes règles du contrepoint**) admettent tout intervalle de consonance parfaite pris par mouvement contraire. (Les intervalles consonants parfaits sont:

*) L'inverse peut-être parfois vrai aussi, mais par exception. C'est ce qui ressort clairement de l'analyse sérieuse des meilleures oeuvres musicales écrites depuis Palestrina jusqu'à nos j ours ; en passant par J. S. Bach, Mozart, Beethoven, etc. **) Le contrepoint est l'ensemble des règles, (les procédés) les plus propres à réaliser la polyphonie vocale ou instrumentale.

la tierce, la quinte et l'octave, (qui est un redoublement ainsi que l'unisson). La quarte était rejetée à 2 parties mais admise à 3 parties (et au delà) en complément d'un accord de trois sons.

AEx.35a) -b)

-çie-

ÎF

L'octave ne peut s'attaquer que par mouvement direct que lorsque l'une des deux voix ne franchit qu'un intervalle de seconde mineure:

EX'?d6eaL b) C)2demil, d)

2ae min.

XE

XE

XE

2de min.

Les modernes admettent la seconde majeure: Ex.36.2de Majeure

XE

2de min.

-ee-

8 1 iei&t

2de Majeure 2de Majeure et, depuis le XVIIIme siècle, les sauts internes vers l'octave sont d'un usage courant:

Ex. 37a) J. S.Bach. Chorals.

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La quinte non plus ne peut s'attaquer par mouvement semblable, excepté lorsqu'elle est préparée, (entendue— ou sous-entendue— dans l'accord précédent)

,Ex.38a)

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