CHAPITRE IV
DB LA PÉDALB
$ 390. La Pédale est une note placée dans la Basse et qui se prolonge avec persistance Unoif que les parties supérieures forment une harmonie souvent indépendante de celte note :
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S 390 U«. Mais lorsqu'une suite d'accords ne présente que des conditions analogues à celles de l'Ex. 4, oii la Basse est constamment note intégrante de tous les accords, celle note ne doit pas, à la rigueur, être qualifiée de pédale :
Ex.
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S 391. Le caractère distinctif de la pédale est donc d'être ou de pouvoir Hre note étrangère h l'un ou à plusieurs des accords placés au-dessus d'elle; toutefois on est généralement convenu d'appeler aussi pédale toute tenue persistante de la Basse, lors mômt; qu'elle est note intégrante de tous les accords frappés pendant sa durée ; il en résulte que les résolutions erreptionnelles de certaines dissonances (*) ainsi que de certaines suspensions se maiiitenani en place (") sont souvent confondues, par beaucoup de théoriciens, avec la vraie pédale (on on parlera S 400 fc«). A la vérité, quelle que soit l'extension qu'on donne à ce terme, il est à remarquer que toute dissonance produite par la pédale a cela de particulier que ce n'est pas la pédale elle-même qui semble note dissonante, mais que l'effit dissonant parait plut(^t cause par une ou plusieurs des notes superposées à la pédalo, et que celle-ci, par son immobilité, conserve à elle la puissance tonale et finit toujours par forcer les autres parties à revenir concoider avec elle dès que ces parties tendent à s'égarer trop longtemps dans de^ harmonie* qui lui sont étrangères. Cette particularité explique pourquoi on se méprend aisément sur le
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caractère distinctif que donne à la pédale sa qualité de noie accidentelle, et pourquoi on tl^ signe volontiers du même terme toute espèce de note qui reste immobile pendant la su^ces- «ion de plusieurs accords-, d'ailleurs l'origine de cette dénoini nation générale de pédale remonte à certains jeux de l'orgue où ces sortes de notes sont ordinairement produite» par le moyen d'un clavier qui se joue avec les pieds
S 392. En conséquence de ce qui vient d'être dit sur la force tonale qui lui est particulière, la note qui forme pédale ne peut être que tonique ou dominante du ton établi; c'est surtout comme tonique ou comme dominante du ton primitif et principal que la pédale est le plus usitée; car les pédales qui ont lieu quelquefois dans le courant d'un morceau, et dans des tons soit relatifs, soit éloignés, sont généralement d'assez courte durée; tandis que celles de la tonique ou de la dominante du ton principal ont une durée arbitraire et, souvent, fort longue, particulièrement celle de la dominante en ce qu'elle offre, comme conclusion, la ressource de la cadence parfaite (voir Ex. 2 et 3).
§ 393. Les accords de onzième et de treisième tonique (§ 379) sont fréquemment la conséquence d'une pédale.
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§ 394. La pédale est généralement note intégrante de l'accord avec lequel elle débute; il faut en excepter certains cas où elle peut déterminer les accords de onzième et de treizième tonique sans préparation (*).
§ 3u5. La pédale ne doit se terminer qu'avec un accord dont elle est note intégrante. Les exceptions à cette règle sont des excentricités extrêmement rares et, en tout cas, proscrites des écoles.
§ 396. On voit, dans plusieurs exemples contenus dans ce chapitre, que, parmi les accords placés au-dessus d'une pédale, il en est qui sont empruntés à dififérenls tons, ou qui déterminent des modulations passagères; on peut même moduler complètement pendant la durée d'une pédale, et de manière à ce que cette pédale devienne une note appartenant à un ton autre que celui où elle a commencé, pourvu qu'elle soit, alors, une des noies intégrantes de l'accord par où elle finit. De toute manière , quelque varié que puisse être l'emploi des accords étrangers, on doit avoir soin de revenir fréquemment à des accords dont la pédale soit note intégrante.
S 397. L'enchaînement des accords placés sur une pédale doit être correct, abstraction faite de cette pédale; par conséquent c'est la partie la plus rapprochée de la pédale qui doit servir de véritable Basse aux parties supérieures, et qui doit être traitée en bonne Basse, sauf dans les passages où la pédale est note intégrante. De plus, les accords doivent s'enchaîner entre eux par les successions les plus franches, les plus usitées (**), etqui puissent permeiiie. diUanl que possible, une réalisation dont les mouvements mélodiques procèdent par degrés cuq-
jOÏDtS.
{*) Cet accords sans préparatioD se troavent dani l'article Àppogiaturt.
(**) Les marchea harmoniques sont d'un usage fréquent sar la pédale (voir Ex. 2 et I).
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5 393. Dans la réalisation des accords placés sur une pédale, aucune des notes intégrantei tfe tes accords ne doit s'approcher de la pédale à distance d'un demi-ton chromatique :
Ex.
S 399. Lorsqu'on écrit à plus de quatre parties on double souvent la pédale à une ou plusieurs octaves inférieures.
§ 400. On peut aussi, quelquefois, doubler la pédale k une ou plusieurs octaves suprfrteurc* de manière k dépasser, à l'aigu, une ou plusieurs des parties qui forment l'harmonie indépendante de la pédale ( Ex. 7); mais ce n'est qii*à condition qu'aucune des notes intégrantes de cette harmonie ne vienne toucher, à distance d'un demi-ton inférieure) (Ex. 8), c'est à-dire à distance de seconde mineure inférieure soit simple, soit redoublée, ni à distance d'un demi-ton chromatique (§ 398), une des notes pédales redoublées :
Mais dans l'Ex. 2, entre autres, la pédale doublée à des octaves aiguHa (Ex. 8) serait d'un très mauvais effet.
, etc. {Voyez TEx. 8.)
(•) Dans la musique instrumentale, oà la difTérence des timbres ainsi que d'autres causes qui tiennent à l'«rl de yinstrumenlation atténuent quelquoruis certaines duretés, cette rigle n'a pas toujours été observée, comme le témoigM k troisième mesure de l'Ex. suivant :
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toutefois, ce p.-istage ne«l ad mi»sible qu eo raivio de la rapidité du uioiiTeuieut , il >erait inloldrable dans un m.'>'.ivemeiU lent.
^ 400 bis. En réalité, il est rare que les véritables pédales puissent ainsi être doulilées à des ortavcs aigiiSs; ce mode de réalisation s'applique presque toujours à celles de ces espèces de pédales qui ne sont que des dissonances (au nombre desquelles il faut classer les suspensions) ie maintenant en place (') et qui, de fait, ne cessent jamais d'être notes réelles; c'est pourquoi,'dans l'Ex. 9, la note tenue de la Basse, doublée à diverses octaves supérieures (Ex. 9 bis) est d'un excellent efTet (**). Il est d'ailleurs à remarquer que, plus la note tenue est doublée de ^is, plus elle fait prévaloir la sensation de la pédale
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