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DES PHRASES, DES PÉRIODES ET DE LA FORME EN GÉNÉRAL

Un enchaînement de notes, soit mélodique soit harmonique, formant un sens musical satisfaisant et qui puisse s'isoler, s'appelle phrase. Une phrase développée qui se compose de plusieurs membres dont la réunion forme un sens complet, s'appelle période.

Par FORME on entend la contexture d'un morceau ou môme d'une période ou d'une phrase.

Le génie de l'homme s'est manifesté, dans les œuvres musicales, sous deux formes principales et essentiellement distinctes: Informe fuguée ou canonique, par l'irrégularité de ses nombres, par le développement de ses périodes et par la variété des artifices de son style qui ne permettent pas le retour régulier des cadences, pourrait être comparée à la prose; elle ne s'adresse qu'aux intelligences exercées. La forme métrique ou symétrique, par les rapports équivalents de ses nombres, par l'ordonnance mesurée de ses périodes et par le retour fréquent et régulier de ses cadences, se rapproche davantage du vers et se grave aisément dans la mémoire de tous. La forme métrique, plus ou moins caractérisée, se trouve dans la musique de tous les peuples primitifs. En inventant successivement les artifices de l'imitation canonique et du style fugué les compositeurs éminents du xvi' et du xvn« siècle ont légué à leurs successeurs les éléments de l'art musical moderne tout entier; à partir du xvni' siècle de grands génies ont porté l'art à sa perfection en alliant, dans tous leurs ouvrages transcendants, la forme fuguée à la forme métrique, et de cette alliance est née, après des transformations successives, cette science complète et approfondie de l'harmonie qui se résume, avec toute la multiplicité de ses ressources, dans les œuvres de J.-S. Bach.

II est important, dans l'étude élémentaire de l'harmonie, que le travail de l'élève cnnsisle principalement en exercices qui l'astreignent à la forme métrique la plus simple et la plus accusée, parce que l'elTet relaiif des différents accords, et surtout l'effet des procédés exceptionnels, dépend beaucoup de la place oii on les applique dans la phrase.

On appelle carrées les phrases et les membres de phrase dont le nombre de mesures est divisible par 4. Les phrases carrées sont les plus saisissables en ce qu'elles sont les plus pratiquées, particulièrement celles de quatre, de huit, et de seize mesures; toutefois les phrases à nombre impair de mesures sont très-bonnes pourvu qu'elles correspondent entre elles symétriquement ; ainsi une phrase ou un membre de phrase de trois mesures doit correspondre avec une autre phrase ou un autre membre de trois; cette correspondance peut n'être pas immédiate et l'on rencontre quelquefois d'heureux effets de rhythme et de quantité dans !a répartition variée et alternée des phrases et des membres à nombre pair et impair; la condition essentielle de l'effet métrique est dans les cadences.

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