DES MARCHES HARMONIQUES
§ 153. Une iurche harmonique (ou progression harmonique) est le résultat d'une formule harmonique à laquelle, dans ce cas, on donne le nom de modèle et qu'on reproduit successivement, dans un ordre symétrique et à des intervalles semblables, sur différents degrés
dfî l'échelle :
A : aoDftLF,
trantpotitions du modUe
g ; MODiLB :: tranuposltiotu :
îS
Ex.
^EEE
§ 154. Un môme modèle peut donner lieu à plusieurs marches harmoniques différentes, selon
les transpositions qu'on lui fait subir : prenons pour Ex. le modèle suivant : ^^f— — F~l
Modèle transposé de secondes inférieures :
^"tl^^^^^^t^
^^^éfé^
Modèle transposé de tierces inférieures :
rr f-*
Modèle transposé de quartes mférieures :
3ii
iA
~<CSO
/ft .
Modèle transposé de secondes supérieures :
ffi
mr
If2-Zlfc
One des transpositions peut être adjointe au modèle et former ainsi un modèle noufeau p. ex.
Modèle transposé de quarte supérieure, for- i mant un modèle nou- \ veau transposé de lier ces supérieures :
rr
^^^i=zr^
zrr-^
Les marche? des Ex. A, F, G s'appellent ascendantes, celles des Ex. B, G, D, E s'appellent descendantes.
S 155. On voit, par les exemples précédents, que chacune des parties concourant à une marche harmonique forme isolément une progression mélodique régulière, conséquence d'un dessin ou groupe mélodique transposé successivement et symétriquement. Une progression mélodique, qu'elle ait lieu dans la Basse ou dans toute autre partie donnée doit donc être traitée en marche harmonique (*).
S 156. La constitution d'une marche harmonique exige les conditions générales suivantes :
!• Le modèle ne doit jamais former une phrase complète, mais seulement une parcelle, ou du moins un membre de phrase assez court pour que ses transpositions successives, ainsi que l'ensemble symétrique qui en résulte, puissent facilement être perçus par la sensation.
2» L'enchaînement du dernier accord du modèle avec le premier accord de la première transposition exclut toute succession de troisième ordre (S 69) et ne peut se faire, tout au plus, que par les successions de second ordre, mais généralement et préférablement par celles de premier ordre ; dès que ce passage du modèle à sa première transposition présente une succession satisfaisante, la marche est trouvée et peut se continuer sans qu'il soit nécessaire de se préoccuper des successions faibles ou des mauvais degrés qui pourront résulter des transpositions sub.séquentes.
3* Une marche harmonique ne peut se terminer qu'avec l'accord de l'un des meilleurs degrés; dans la dernière transposition du modèle on abandonne quelquefois la parfaite symétrie de la réalisation afin d'obtenir la terminaison la plus satisfaisante possible, mais cett<* irrégularité ne se pratique qu'après avoir disposé régulièrement le premier accord de la dernière transposition (voyez la plupart des exemples concernant lesSS 161 et 162).
4'" La réalisation du modèle doit être conçue de manière à pouvoir être reproduite identiquement dans chaque transposition. A cette fin, et après avoir réalisé purement le modèle, il suffît donc de s'assurer si le premier accord de la première transposition peut être disposé d'une manière absolument identique à celle du premier accord du modèle, sans qu'il en résulte de fautes de réalisation ; après quoi tout le reste se transpose servilement, et il s'en suivra que chacune des parties concourant à la marche formera nécessairement une progression mélodique régulière (S 155). Les intervalles mélodiques défendus (S 4-2) n'ont aucun inconvénient dans le courant d'une marche, étant le résultat naturel et forcé de la transposition réguhèie et diatonique (I(îs différents degrés de la gamme (voyez Ex. A, 4* mesure de la Basse, ainsi que le passage de la 4* à la 5' mesure dans la partie supérieure); les dessins du modèle doivent seuls être exempts de ces sortes d'intervalles.
' :„V. En exécutant, sur un instrument à clavier, tous les exemples contenus dans ce chapitre, l'élève y observera attentivement le rôle du 7' degré, proscrit jusqu'ici, et dont l'elTet
^ r')Op«n<lant il peut arriver, irlon l'inlcolioB ou la fanl.ilsie du eompogitpur, qu'une partie prédoniin»«t« cnatienM ■oè prop-es»ion mélodique uns que la marche des autres partiel soit régulière et «an^ que chaque transposition ni«odiqu« i* U procrtMioD loit tccompagaite d« U ntme harmoue ; M* lort il n'j a poinl 4e marth* bar(noni(|ue.
tonal est si faible qu'il n'est admissible que par suite de l'impulsion régulière de la marche, on aoit se pénétrer aussi de la différence radicale qui existe entre ce 7* degré et le 2* degré du mode mineur ; quoique ces deux degrés comportent la même espèce d'accord, leur destination ainsi que leur effet tonal sont très différents. Ces remarques au sujet du 7* degré sont d'autant plus importantes que l'on aura occasion d'y revenir plusieurs fois encore dans le courant de cet ouvrage.
S 158. Toutes les marches harmoniques des exemples précédents sont unitoniques ; mais one marche peut aussi être moddlàmte :