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PROCÉDÉS DE CRISTALLISATION

homme ou un animal sain, on obtient des cristaux à'oxyhémoglobine. Si le sang a été recueilli après la mort, on a des cristaux à' hémoglobine réduite.

Pour avoir des cristaux de méthémoglobine^ il faut commencer

Fig. 8. — Cristaux d'hémoçjlo- Fig. 9. — Cristaux de méthomoglobine

bine réduite du chien. Asso- du Zapi'tt. Association de cristaux pris-

ciation d'aigailles prismati- matiques très allongés rbomboïdes ;

ques rhomboïdes (Hénocque). grossi 325 fois (Hénocque).

par transformer, ou bien in vivo chez l'animal, ou bien in vitro, Foxyhémoglobine du sang en méthémogiobine, au moyen de substances toxiques comme le nitrate de sodium, le chlorate de potasse, ou la pyridine ; une goutte de pyridine déposée sur une goutte de

Fig. 10. — Cristaux d'hémine (d'après Otto Funke).

sang à demi desséchée, puis recouverte d'une lamelle, permet d'observer la transformation de l'oxyhémoglobine en méthémogiobine qui cristallise.

La préparation des cristaux de chlorhydrate d'hématine ou hémine par la méthode de Teichmann est devenue classique à cause de son

CRISTAUX DU SANG

importance en médecine légale pour la recherche et la démonstration des taches de sang.

Une goutte de sang est déposée sur une lame porte-ohjet; on la laisse déssécher et on y ajoute quelques cristaux très petits de chlorure de sodium, puis on fait tomber sur la préparation une goutte d'acide acétique et Ton recouvre avec une lamelle. On chauffe avec la flamme d'une lampe à alcool sans pousser jusqu'à ébullition de l'acide acétique ; lorsque le chlorure de sodium est bien dissous, on

Fig. 11. — Cristaux d'hématine (d'après Otto Funkc).

laisse refroidir, et il est possible alors, en examinant au microscope^ d'assister à la formation des cristaux d'hémine qui sont des prismes clinorhombiques.

La formation des cristaux à'iodohématine par la méthode de Strzysowski ^ constitue également un réactif délicat du sang :

Dans un flacon à deux tubulures^ , on introduit 30 gr. d'iode et 150 gr. d'eau, et on fait arriver dans ce mélange un courant d'hydrogène sulfuré, lentement au début de l'opération, plus rapidement ensuite; on s'arrête quand il n'y a plus de paillettes d'iode au fond du flacon. Le soufre venant de la décomposition de H- S se dépose par le repos et la liqueur devient transparente : on décante, on filtre, et on introduit le liquide, qui est une solution d'acide iodhydrique, dans un ballon à deux tubulures, l'une communiquant avec un réfrigérant, l'autre servant à l'introduction d'un thermomètre. On chauffe, le liquide bout d'abord

1 Str7.yso\vski. Therapeut. MonaLshefte, 1901.

2 BoKNEL. Thèse de Paris, juillet 1903, n» 527.

CRtSTAUX DU SANG NORMAL

à 100° et distille de l'eau entraînant de l'H^S; puis le liquide devient jaune et sa température s'élève à 12o° : à ce moment, l'acide iodliydrique distille, on le recueille dans un flacon à bouchon de verre entouré de papier noir. Dans un second flacon semblable, on met successivement :

Acide acétique cristallisable j

Eau J àà 5 ce.

Alcool 1

Acide iodhydrique récemment préparé xxv gouttes.

Le sang à examiner est placé sur une lame de verre à l'état sec : s'il s'agit d'une étoffe tachée, on peut soit en placer une fibre sur la lame, soit la laver dans de l'eau et faire évaporer la solution. On recouvre d'une lamelle et on laisse tomber sur un des bords de celle-ci quelques gouttes du réactif ci-dessus ; un papier buvard de l'autre côté aspire le liquide. On fait bouillir sur une plaque chauffante pendant dix minutes environ, en remplaçant le réactif au fur et à mesure. La tache de sang disparaît peu à peu.

Si Ton examine alors au microscope, on voit une foule de cristaux très nets, ne s'agglomérant pas, gros, à arêtes vives ; ils se distinguent des cristaux de Teichmann, suivant Bonnel, parce qu'ils sont moins foncés, moins dichroïques et ne présentent pas de mâcles. La méthode est très sensible ; elle donne des résultats positifs avec une goutte de solution sanguine à 1 p. 400; malheureusement, pas plus que la précédente, elle ne permet de distinguer l'espèce animale qui a fourni le sang.

§ II. — Cristaux du saug; normal.

Les cristaux du sang se forment aux dépens de l'hémoglobine dissoute dans le plasma. KôUiker avait admis qu'ils pouvaient naître à l'intérieur des globules intacts, mais cette formation est exceptionnelle, et indique toujours une altération ou une destruction imminente des hématies dans les conditions que nous avons indiquées plus haut.

C'est autour des débris de globules, aux dépens de la matière colorante du sang mise en liberté et amassée à ce niveau, qu'apparaissent les cristaux sous forme de petits bâtonnets prismatiques, isolés ou réunis en T, en Y, en étoile, en touffe d'aiguilles ; quelquefois ils apparaissent comme des gouttelettes arrondies qui deviennent ensuite losangiques ou rectangulaires.

CRISTAUX DU SANG

Ces cristallisations ont des aspects extrêmement variés ; mais leur étude au moyen du microscope polarisant permet de les ramener pour le plus grand nombre à un sevd système, le système orthorhomhique , exceptionnellement au système monoclinique ou clinorhomhique, et plus rarement encore au système hexagonal.

Suivant Mauser les cristaux du sang de l'homme se distingueraient des cristaux du sang des animaux par leur forme, par leur mode de production, par leur couleur, avec assez de netteté pour qu'on puisse affirmer leur origine ; l'étude cristallographique directe pourrait donc servir au diagnostic du sang humain en médecine légale. Bonnel a fait à cette méthode de nombreuses critiques.

Fig. 12. — Cristaux d'hématoïdine (d'après Otto Funke).

Les cristaux du sang s'altèrent très facilement. Ce n'est que par inclusion dans le baume du Canada qu'on ^eut avoir des préparations durables. Ils perdent au bout d'un certain temps l'aspect cristallin et leur belle couleur rouge se cliange en une teinte jaunâtre ou brunâtre : c'est que Thémogiobine s'y transforme en ses dérivés plus stables, l'hémochromogène, Phématine, la mélanine.

Dans l'économie on observe la formation spontanée de cristaux d'hématoïdine dans les anciens foyers hémorragiques.

^ Mauser. Vierlel Jahresber. f. gericlU. MecL, 1901,

CRlSTAtJX DU SANG ÛES LEUCÉMIQUES.

§ III. — Cristaux du sang- des leucémiques.

Lorsqu'on abandonne clans nne cliambre liiimide du sang d'un leucémique, on voit se former deux variétés de cristaux : 1° Des octaèdres microscopiques, insolubles dans Téther et l'alcool, solubles dans les acides et les alcalis étendus, qui résulteraient de la formation de tyrosine par altération du sang post-mortem (Charcot et Robin). Ces cristaux sont les mêmes que ceux décrits par Leyden dans les cracbats des asthmatiques ; 2" Des globes incolores, de 5 à 30 ;jl de

Fig. 13. — Cristaux de Charcot-Roliin.

diamètre, fortement réfringents, d'asj^ect radié, solubles dans l'eau, les alcalis, les acides, insolubles dans l'éther et l'alcool, non colorables par l'iode : ce sont des globes de leucine.

La tyrosine et la leucine se forment dans un certain nombre d'états pathologiques (leucémie, ictère grave, variole, morve, intoxication pbosphorée, etc.), où le ralentissement des oxydations ne permet pas la tranformation complète des albumino'ides en urée; mais c'est seulement dans la leucémie que ces substances passent dans le sang en assez grande quantité pour pouvoir y cristalliser.

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