‹ Traité d'hématologieChapitre 166 sur 236 · TOXICITÉ DU SÉRUM INTRODUIT PAU INJECTION INTRA-VEINEUSE · texte numérisé non relu

TOXICITÉ DU SÉRUM INTRODUIT PAU INJECTION INTRA-VEINEUSE

kilogramme pour déterminer la mort ; par contre, il est assez toxique pour l'homme.

Sérum de cheval. — Le sérum de cheval est très peu toxique pour le lapin. Roger et Cadiot ont pu en injecter 40 à 50 gr. par kilogramme sans produire de trouble. Il ne serait toxique qu'à la dose de 324 cent, cubes, d'après Guinard et Dumarest'.

Cette toxicité est plus marquée pour l'homme, sans être d'ailleurs très intense; l'injection de 10 à 20 cent, cubes de sérum antidiphtérique de cheval, est susceptible de déterminer chez l'homme des exanthèmes et même des éruptions scarlatiniformes, rubéoliformes et surtout urlicariennes survenant tardivement et s'accompagnant souvent de fièvre, de troubles gastriques et de douleurs clans les membres. Ces accidents sont dus au sérum et non à l'antitoxine, comme le montrent les recherches de Sevestre - et de Bertin ' qui ont observé les mêmes accidents avec du sérum de cheval sain, lors de leurs recherches sur l'action de ce sérum sur les fausses membranes dans les cas d'angine diphtérique*.

Si tout sérum d'espèce étrangère peut déterminer chez l'homme des accidents toxiques, il semble que le sérum de cheval plus que tout autre soit capable de déterminer des érythèmes et des lésions cutanées. Cette propriété ne se manifesterait pas seulement chez l'homme, mais encore, comme l'ont montré Béclère, Chambon et Ménard^, même sur les génisses.

La toxicité est d'ailleurs plus ou moins marquée selon la provenance du sérum ; certains sérums d'origine équine sont plus toxiques que d'autres, sans qu'on puisse dire si cette nocivité tient à une particularité persistante et individuelle du cheval ou à des conditions particulières d'alimentation ou de stabulation (Ungauer) ^.

Il ne faut pas oublier non plus la part de l'idiosyncrasie dans l'apparition des érythèmes ; certains individus ayant une prédispo-

1 GuiNAHD et DuMAUEST. Soc. de biol., mai 1897 et Du.mauest, Thèse de Lyon, 1897,

2 Sevestre. Bull, de la Soc. méd., 29 mars 1898.

3 Bemtin. Gazette médicale de Nantes, n" 4, 1895. * Poix. Thèse de Paris, 1891.

s BiicLÈiiE, Chamuon et Ménard. Ann. Insl. Pasteur, 189G, 367 à 579, 8 Ungaueu. Les accidents des sérothérapies, Thèse de Paris, 1896.

TOXICITÉ DU SÉRUM.

sition toute particulière à présenter sous des influences multiples des érythèmes ou de l'urticaire.

Sérum d'âne- — Ce sérum ne semble pas donner lieu à la production d 'érythèmes.

Sérum d'anguille. — Le sérum d'anguille présente, comme l'a montré Mosso ', une toxicité très élevée; une dose de 0,1 à 0,2 cent, cubes, par kilogramme d'animal, injectée dans la veine du lapin suffît à le tuer ; l'animal présente selon la dose de la paralysie ou des convulsions (Camus et Gley) ^.

Atténuation de la toxicité par la chaleur et le vieillissement. -

Les substances toxiques des sérums normaux sont détruites par le chaufFage à 55° poursuivi pendant une demi-heure.

La toxicité du sérum d'anguille disparaît facilement par le chauffage à 58" pendant un quart heure seulement (Camus et Gley).

Le vieillissement du sérum à la lumière diffuse fait aussi disparaître la toxicité. Le sérum antidiphtérique qui a vieilli dans les flacons, donne moins d'éruption que le sérum fraîchement recueilli (Chantemesse)

Page 1