OXYGÈNE
Une petite partie de l'oxygène est à l'état de dissolution dans le plasma (1 millième, disent A'iault et Jolyet) ; le reste est combiné à l'hémoglobine des hématies et forme avec elle un composé très instable, l'oxyhémoglobine. La combinaison n'existe en effet qu'en présence dans le milieu ambiant d'une certaine proportion d'oxygène libre, ayant une tension égale à la tension de dissociation de l'oxyliémoglobine, dans les conditions de température et de pression ambiantes. L'état de saturation considéré pour une pression donnée est détruit aussitôt que le sang est placé dans une atmosphère dont la pression en oxygène est différente, en vertu de cette loi, que lorsqu'un gaz ou un mélange de gaz sont en contact avec un liquide, les échanges gazeux dépendent uniquement des tensions respectives de chacun des gaz dans l'atmosphère et dans le liquide, chacun des gaz se comportant comme s'il était seul et n'exerçant aucune influence sur l'absorption ou le dégagement des autres.
Si la tension en oxygène de l'atmospbère est plus faible, le plasma cède aussitôt à l'atmosphère une partie de l'oxygène qu'il tient en dissolution, la tension de ce gaz diminue par suite autoiu^ des globules rouges et une certaine quantité d'oxyhémoglobine se dissocie en hémoglobine et en oxygène ; dans une atmosphère limitée comme est l'air alvéolaire la dissociation se continue jusqu'à ce qu'un nouvel équilibre de dissociation se soit établi.
1 L'air inspiré sec contiont20,8 p. 100 d'oxygène et 0,03 à 0,04 p. 100 d'acide carbonique. L'air expire contient 16 p. 100 d'oxygène; 4,4 p. 100 d'acide carbonique. La compo.sition de l'air alvéolaire n'est pas identique à celle de l'air expiré; en cfTet, l'air expiré est constitué, pour une part, par l'air inspiré qui remplit les premières voies respi-
oxv(;i';.m:
Il entre 4,87 d'oxygène à chaque respiration d'après ^'iaull et JolyeL et il en sort 4,27, sous forme d'acide carbonique ; c'est donc 0,60 centigr. de retenu dans le sang. Le sang des diverses veines en prend d'ailleurs plus ou moins, suivant qu'il est plus ou moins désoxygéné et plus ou moins riche en hémoglobine ; par exemple le sang de la veine-porte en prend 30 cent, cubes pour iOO cent, cubes, celui de la veine jugulaire 16 cent, cubes, celui du cœur droit 21 cent, cubes (Cl. Bernard).
Causes de variations de la teneur du sang en oxygène. —
Pressiots ATMOSPHÉiuQUE. — La prcssion atmosphérique est à peu près sans influence dans les limites de 1 /2 à 2 atmosphères, ainsi la quantité d'oxygène absorbée au niveau de la mer ou à 4,000 mètres d'altitude est sensiblement la même ; ce n'est qu'an dessus de 2 atmosphères que la pression intervient pour augmenter la teneur du sang en oxygène ; cet excès d'oxygène reste en dissolution dans le plasma.
Température. — Jusqu'à 45", les globules rouges absorbent d'autant plus d'oxygène que la température est plus élevée.
Tension. — L'oxygène passe de l'air dans le sang en raison de sa différence de tension ; dans l'air atmosphérique, la tension de l'oxygène est de 20,95 p. 100 d'une atmosphère et dans l'air des alvéoles pulmonaires 18 p. 100 ; dans le sang veineux elle est beaucoup plus faible et n'est que de 2,9 p. 100 d'une atmosphère.
Comme d'autre part, il est démontré qu'une tension de 4 p. 100 d'une atmosphère d'oxygène suffît pour saturer à peu près complètement l'hémoglobine d'oxygène, on voit que l'excès de tension de l'oxygène de l'air par rapport à celui du sang est suffisant pour faire passer ce gaz dans le sang.
ratoires et, pour une autre part, par l'air alvéolaire ; l'air expiré est donc plus riclie en oxygène et moins riche en acide carbonique que l'air alvéolaire. Chez l'homme, l'air alvéolaire aurait la composition suivante en volume (Aivrnus) :
A l'expusation a l'inspiration
Azote 79,2 p. 100 Azote 79,2 p. 100
Acide carbonique. . 5,4 — Acide carbonique. . 4,6 — Oxygène 13,4 — Oxygène 16,2 —
LES GAZ DU SANG
La tension de Toxygène dans le sang n'arrive cependant pas à égaler sa tension dans les alvéoles ; elle ne dépasse pas 15 p. 100.
Composition du plasma. — Le sang des divers vaisseaux du chien à jeun absorbe plus d'oxygène que celui des mêmes vaisseaux du chien en digestion (Cl. Bernard, Grehant). Cette différence tient seulement à ce que le sang pendant la digestion est dilué par le chjle et par suite proportionnellement moins riche en hémoglobine.
La fonction de l'organe. — L'influence du repas et du travail sur la richesse en oxygène du sang veineux des muscles est considérable comme le montre le tableau suivant :