GLOBULES ROUGES
hématoporphyrine, matière colorante non ferrugineuse. Elle a pour formule C^'- H^'** Az^ 0*^. Elle est isomère de la bilirubine, mais elle ne lui est pas identique.
Hkmatoïdine. — Dans les vieux dépôts sanguins de l'organisme, on trouve parfois des tablettes cristallines rbombiques orangées : ces cristaux auxquels on a donné le nom d'hémaloïdine sont en réalité de la bilirubine. Ainsi la matière colorante de la bile ou son isomère peuvent être obtenus artificiellement ou naturellement dans l'organisme aux dépens de l'hémoglobine du sang.
Hémoghromogène. — Traitée par les agents réducteurs (sulfure d'ammonium), l'hématine se transforme en liémochromogène.
n. Stroma. — Le stroma des globules est composé de matières organiques et de matières minérales.
1" Matières organiques. — On trouve : de la lécilhine^ de la cholestérine et une matière albuminoïde qui paraît appartenir au groupe des globulines. Halliburton et Eriend n'ont pu extraire du stroma des hématies, ni sérum-albumine, ni nucléoalbumine, ni albumoses, ni peptones. Il n'y a ni graisse, ni savons.
Les hématies nucléées des oiseaux renferment en outre de la nucléine et une substance hyaline qui se gonfle dans la solution de chlorure de sodium à 10 p. 100.
Les hématies anucléées des mammifères sont en général très pauvres en matière albuminoïde et riches en hémoglobine ; tandis que les hématies nucléées sont un peu plus riches en albumine et moins riches en hémoglobine.
2° Matières minérales. — On rencontre : du potassium^ du calcium, du magnésium, de Vacide phosphorique, du chlore. Le sodium fait défaut dans les globules du porc et du cheval ; il se rencontre dans les globules des autres espèces, mais généralement en quantité très inférieure à celle du potassium. La plus grande partie de ces éléments sont à l'état de chlorures.
Les cendres des globules rouges sont franchement alcalines ; les acides minéraux qu'on y trouve ne suffisent pas à saturer les bases ; une partie de celles-ci sont combinées à l'acide carbonique et sans doute à des matières organiques, probablement les globulines.
ANALYSE CHIMIQUE DU SANG
1000 parties de globules rouges contiennent (Bunge) ^
Eau
Matières solides.
/ Matières albuminoïdes et hémog-lobine.
Autres matières organiques
Matières inorg-aniques
Na20
CaO
Mg-O
Fe203
Porc .
Cheval.
Bœuf.
1 000 parties de matières organiques des globules rouges contiennent, chez le chien (Hoppe-Seyler et Judell) - :
Oxyhémoglobine 863
Matières albuminoïdes (et nucléine) 123,3
Lécitbine 3,9
Gholestérine 3,6
Autres matières organiques —
1000 grammes de globules rouges humides de chien contiennent :
Eau 369,30
Matières solides 430,70
Oxyhémoglobine et matières albuminoïdes 412,51
Gholestérine 1,26
Lécithine 7,47
Matières extractives 2,97
Sels minéraux 6,49
§ II. — Globules blancs.
Il est très difficile d'obtenir une analyse chimique précise des globules blancs parce que ces éléments ne peuvent être isolés complètement des autres éléments du sang. On a étudié surtout à ce point de vue les leucocytes du sang de cheval, et les leucocytes
1 Bunge. Coivs de chimie biologique et pathologique. Trad. par Jacquet, 1891.
2 Hoppe-Seyler. Med, Chem. Untersuchung. Berlin, 1866-71.
SÉRUM
des ganglions lymphatiques ou du thymus. D'après Lilienfeld les leucocytes contiennent une leuconucléine spéciale, ayant un fort pouvoir coagulant ; cette nucléine est combinée à une matière albuminoïde analogue à la peptone, Vhistone.
100 parties de substance sèche des leucocytes du thymus de veau contiennent :
Leuconucléine 68,78
Histone 8,67
Lécithine... 4,51
Graisses 4,02
Cliolestérine 4,80
Glycogène 0,80
Bases de nucléine à l'état de combinaison argentique 13.17
§ III. — Plaquettes sang-uines.
Leur nature chimique est encore mal déterminée. Lilienfeld pense qu'elles sont formées par une nucléo-albumine et qu'elles dérivent des noyaux des leucocytes.
§ IV. — Sérum.
Le sérum est un liquide jaune citrin, ordinairement limpide, de densité 1027 à 1032, de réaction alcaline (plus que le plasma). Le résidu sec du sérum est, suivant Askanazy :
Chez l'homme, de 9,21-10,50 p. 100 ; en moyenne 9,^6 p. 100. — lafemme, de 9,05-10,86 — — 10,01 —
Suivant Schmidt -, le résidu sec du sérum est plus faible chez la femme que chez l'homme.
Suivant Becquerel et Rodier 3 le résidu sec du sérum varie de. , 8,53-9,53 p. 100
— Biernacki, il est en moyenne de 9, 4 —
— Grawitz, — 10,75 - -
— Hammarsten*, — 9,20 —
— Y. Limbeck, — 7 —
1 Lilienfeld. Du Bois Reymond's Avchiv, 1892.
2 Schmidt. Cliarakteristik d. epid. Choiera. Leipzig, 1850.
3 Becquerel et Rodieiî. Recherches sur la composition du sang. Paris, 1844. * Hammarsten. Lehrb. d. physiol. Chemie. "Wiesbaden, 1891.
ANALYSE CHIMIQUE DU SANG
Les cendres du sérum, c'est-à-dire le résidu salin, représentent, suivant Sclimidt, à l'élat normal chez l'homme, 8,3 à 8,57 p. 1000. Le sérum est formé par de l'eau contenant en dissolution : 1° Des éléments constants, organiques et minéraux; 2° Des gaz (Voir le chap. des Gaz du sang).
3° Des éléments étrangers de nature extrêmement variée. Ce sont des médicaments, des substances introduites par l'alimentation, des produits de destruction des éléments même du sang (matières colorantes, ferments, etc.)
Il en résulte que sa constitution chimique est extrêmement complexe, variable d'un instant à l'autre, et échappe à l'analyse.
1° Eléments organiques. — «) Matières albuminoïdes. — A l'état normal, la proportion des matières albuminoïdes est de 70 à 7G grammes pour lOOt) grammes de sérum chez l'homme; elle est un peu plus faible chez la femme. Le sérum contient 2 matières albuminoïdes, la sérum globuline et la sérum albumine.
La sérum globuline coagule entre 68" et 75"; elle se précipite dans une solution de sel marin dont la concentration dépasse 15 p. 100.
La sérum globuline, d'abord considérée par Hammarsten ' comme un corps unique, a été dissociée par Marcus en une partie solul^le et une partie insoluble dans l'eau. Pick, Fuld et Spiro, Rey ont montré que par des quantités croissantes de sulfate d'ammonium on peut isoler du sérum une fibrinoglobuline, une euglolndine et une pseudoglobuline. En réalité on doit distinguer une euglobuline soluble et ime insoluble, une pseudoglobuline soluble et une autre insoluble.
\uQ.sérum albumine possède les propriétés générales des albumines. Elle coagule aux environs de 75° et présente un pouvoir rotatoire gauche.
Comme Embden et Knoop, Langstein - pense qu'il y a dans le sang une ou plusieurs matières albuminoïdes incoagulables ou albumoses ; celles-ci sont démontrables par la précipitation de l'albumine et de la globuline au moyen de la chaleur, ou par la précipitation
1 Freund u. J0A.CHIM, Zur Kenntniss d. Sérum globuline. Zeit. f. physiol. Chimie, XXXVl, p. 407, 1902.
2 Langstein. Beilr. z. Chem. Phys. u. Palh., 1902, p. 373.
SÉRUM
de la globuline par Talcool et la chaleur. Elles ne peuvent pas être produites par Taction de la chaleur sur la sérum globuline.
|3) Graisse. — Elle existe dans la proportion de 1-7 p. 1000 dans le sérum des animaux à jeun. Chez le cheval, Rôhrmann et Mûhsam en ont extrait 6,68 à 9,18 p. 1000 du sang de l'artère carotide et de la veine fémorale. Après ingestion d'aliments riches en graisse, Rôhrig en a trouvé chez le chien jusqu'à 120 p. 1000. Chez l'homme, Becquerel et Rodier ont trouvé 1 à 3,25, en moyenne 1,6 p. 1000 de graisse. On trouve aussi des acides palmitique, stéarique, oléique, k l'état de savons de potasse.
y) Glucose. — Le sérum contient des substances qui réduisent la liqueur de Fehling. La majeure partie de ces substances est représentée par du glucose. Claude Bernard a montré le premier que le sérum contient constamment du glucose : 1,10 à 1,15 p. 1000 dans le sang de la carotide ; 0,67 à 1,25 p. 1000 dans le sang de la veine jugulaire.
En outre, pendant la lactation, le sang contient du lactose. Après ingestion d'amidon ou dedextrineil y a probablement du maltoseow de la dextrine (V. Mering). Salomon et Huppert ont démontré la présence de glycogène dans le sang (5 à 10 milligr. p. 1000 chez le bœuf).
Enfin il y a encore des dérivés de l'acide glycuronique.
o) Azote de rétention. — Strauss désigne sous le nom d'azote de rétention la totalité de l'azote du sérum quand on en a retranché les albumines. Il est en moyenne, suivant Strauss, de 0,20 à 0,35 p. 1000 dans le sérum humain normal.
n est formé par l'azote de l'urée, l'azote de l'acide urique, l'azote de l'ammoniaque, l'azote des matières extractives et une fraction non caractérisée :
L'azote de l'urée représente 7a p. 100 de l'azote de rétention
— l'acide urique représente 2,4 — —
— l'ammoniaque — .... 5 — — Reste 17,6 — —
Urée et matières extractives. — Prévost et Dumas * ont démontré la présence de l'urée dans le sang. Cette substance existe,
1- Prévost et Dumas. Annales de chimie et de physique, t. XXIII.
ANALYSE CHIMIQUE DÛ SANd.
suivant Pekelharing^ dans la proportion de 0,14 à 0,85 p. 1000 dans le sang du chien ; suivant Garrod -, 0,1 ; suivant Picard % 0,161p. 1000 dans le sérum sanguin de l'homme normal, d'après la méthode de Liebig ; suivant Yvon (méthode de Knop Hufner) 0,18 p. 1000 dans le sérum de l'homme sain.
Drechsel a trouvé de V acide carbamique dans le sang de chien.
Abelès*, a vu de V acide urique en très faible proportion dans le sang de l'homme sain.V. Jaksch n'en a pas trouvé dans les conditions normales.
La créaline existe dans la proportion de 0,3 à 0,7 p. 1000 dans le sang du chien ; 0,55 à 1,08 p. 1000 dans le sang du bœuf (Voit) ^ U hypoxanlhine ne parait exister que dans le sang altéré (Salomon). D'après Strauss, la proportion de l'azote correspondant aux bases alloxuriques est de 1 à 2 milligr. pour 1000 de sang; cette quantité peut s'élever dans les néphrites jusqu'à 10 milligrammes.
L'acide hippurique a été signalé dans le sang de l'homme par Hervier ^
On a trouvé de Vacide succinique, de Vacide lactique. 9) Ammoniaque. — L'existence de l'ammoniaque dans le sang normal a été longtemps mise en doute ; de fait, vu les quantités extrêmement faibles d'ammoniaque qui se rencontrent dans le sang, vu la difficulté et l'insécurité des procédés qui permettent de caractériser cette substance, la question n'est pas encore résolue d'une façon absolument certaine.
Par la méthode de Nencki et Zaleski, on trouve une proportion d'ammoniaque variant entre 1 milligr. 3 et 1 milligr. 7 pour 100 ce. de sang ; cette quantité peut s'élever dans certains cas pathologiques à 10 milligrammes.
La cholestérine et la lécithine existent dans le sérum et viennent probablement de la destruction des leucocytes. On trouve enfin des pigments, des ferments très nombreux, et des leucomaïnes.
1 Pekelhaiîing. Over urecem. pepaling, etc. Leiden, 1874.
2 Garhod. London med. Transact., t. XXXI, p. 83. « Picard. Thèse de Strasbourg, 18o6.
^ Abelès. Wiener med. Jahrb., 1887, p. 479. 8 Voit. Zeit. f. BioL, t. IV, p. 93.
Hervier. Gaz. me'd., 1881, p. 76.