GRAMMES DE SÉRUM
Poids spécifique : 1,0261
Eau 917,13
Substances non volatiles à 120° 82,8o
Albumine, etc 74,43
Composants inorganiques 8,42
Chlore 3,C59
Acide sulfurique 0,100
- phosphorique 0,238
SUBSTANCES NON VOLATILES
Potassium 0,333
Sodium 3,183
Phosphate de chaux
— magnésie
Oxygène 0,331 \
Total des composants inorganiques 8,416
Sulfate de potassium 0,218
Chlorure — 0.448 J
— sodium a, 6/7)
Phosphate de sodium 0,444
Soude 1,077
Phosphate de chaux. . .
— magnésie. . .
VARIATIONS PHYSIOLOGIQUES
A ré(a( normal, la composition chimique du plasma sanguin est remarquablement fixe. Les diverses conditions physiologiques qui interviennent à chaque instant, ne modifient cette composition que d'une façon très légère et très passagère.
La digestion, la sudation^ n'apportent qu'un changement minime dans l'état chimique du sang.
Repas. — Après les repas, Meige, Charvot Chalvet ont constaté l'augmentation de la quantité à' urée du sang, dans des proportions correspondantes à l'urée de l'urine.
Picard -, avec la méthode de Millon, a vu l'urée augmenter après les repas. Dans 2 cas il a trouvé :
Avant le repas 0,70 p. 1000. — Après le repas 1,29 p. 1000.
Quinquaud ^ a trouvé dans le sang d'un chien les proportions suivantes :
Après 2 jours d'inanition 0,11 p. 1000.
1 heure après un repas de 137 grammes de viande 0,38 —
Le lendemain 0,18 —
' Charvot. Thèse de Paris', 1871.
2 Picard. Thèse de Strasbourg, 18.%.
3 Quinquaud, Soc. de hiolofjie, 1884, p. 539,
ANALYSE CHIMIQUK DU SANG
Loeper ^ a vu Turée du sang passer de 0,17 à 0,33 deux heures après le repas, tandis que la proportion du chlorure de sodium et de l'albumine restait identique. Galippe - a vu, après une nourriture carnée, de ix fois plus d'urée daus le sang qu'après une nourriture ordinaire.
Un repas riche en matières grasses augmente fortement la teneur du sang en graisse; Rôhrig'^ a va la proportion de celle-ci devenir 10 et 20 fois plus considérable qu'à l'état de jeûne chez le chien.
Weintraud * a vu qu'une alimentation riche en nucléine (riz de veau) , fait apparaître de l'acide urique dans le sang à la dose de 7 millig. pour 140 gr. de sang.
Ingestion et injection de liquides divers. — L'ingestion en grande quantité, de boissons représentant des solutions hypotoniques (eau, tisanes) en produit une dilution passagère du sang, caractérisée par une diminution de l'albumine parallèle à la diminution des globules rouges et un abaissement léger du taux du chlorure de sodium. Loeper a vu, chez un sujet qui avait ingéré deux litres de tisane en une heure, la quantité d'albumine du sérum tomber de 74 à 65 p. 1000. L'équilibre est bientôt réparé.
L'injection sous-cutanée ou intraveineuse de solutions hypotoniques^ détermine un abaissement parallèle des substances du sérum (urée, chlorures, albumine) et du nombre des hématies. Le rétablissement du taux du chlorure de sodium et, avec lui, de l'équilibre de concentration moléculaire est le plus précoce ; vient ensuite celui de l'urée et de l'albumine ; en dernier lieu, celui des globules rouges.
Le retour à l'équilibre physico-chimique est imparfait ou très tardif^ quand la fonction rénale est empêchée par la ligature des uretères.
L'absorption par voie digestive de solutions salines hypertoniques (solution concentrée de chlorure de sodium ou de sirop de glycosej produit tantôt une concentration du sang s'il y a eu dilution au niveau de l'intestin et efPet purgatif, tantôt au contraire une dilution du sang s'il y a eu absorption au niveau de l'intestin et dilution dans le sang.
L'injection sous-cutanée ou intraveineuse d'une solution saline
* LoEPEn. Thèse Paris, 1903.
^ Galippe. Gazette médicale, 1878.
RôHHiG. Mabj's Jahvesber., t. IV, p. 113, 1874. ^ WEiNTRAun, Deut. mecl. Woch. 1893.
VARIATIONS PHYSIOLOGIQUES
hypertonique produit une dilution du sang qui précède la polyurie et qui est beaucoup plus marquée qu'avec les injections isotoniques ou hypotoniques.
Ces diverses modifications physiologiques produites par ingestion ou injection de substances diverses sont minimes et passagères. Le sang se débarrasse très vite de l'excès de substances normales ou des substances étrangères qui le traversent.
Hamburger a vu que l'équilibre humoral sanguin se rétablissait avec rapidité quand on l'avait modifié par des injections de sérum artificiel hypertonique ou hypotonique.
Klikowicz ^ a vu que si on injecte du chlorure de sodium ou du sulfate de soude dans le sang, le sel passe immédiatement dans les tissus, avant même d'être éliminé par les urines, de sorte que quelques minutes après l'injection, on n'en retrouve plus de traces dans le sang. Puis, peu à peu, au fur et à mesure que les reins jouent leur rôle d'organes éliminateurs, les sels fixés sur les tissus repassent dans le sang pour être éliminés par les urines.
De même, Achard et Loeper ont vu que l'injection dans le sang de substances normales comme le chlorure de sodium, ou de substances étrangères comme les iodures, le ferrocyanure de K, le bleu de méthylène, l'albumine de l'œuf, est suivie d'une élimination rapide. Baylac est arrivé aux mêmes conclusions par l'élude de l'élimination du chlorure de sodium injecté dans le sang -. Charon et Briche ^, ne sont arrivés, par l'injection sous-cutanée de substances alcalines, qu'à modifier très passagèrement et très légèrement la réaction du sang.
La tendance du sang à conserver sa composition constante est particulièrement remarquable dans l'alimentation acide. Hoffmann, en nourrissant des pigeons exclusivement avec du jaune d'œuf acide, Salkowsky, Lassar, Walter, en faisant absorber des acides dilués d'une façon continue par des chiens et par des lapins ne sont jamais parvenus à modifier la réaction du sang.
1 Klikowicz. Die Regelung des Salzmengen des Blutes. Arch. f. Physiologie, 1886.
3 Baylac. De la teneur en chlorure de sodium des tissus et des divers liquides de 1 orga nisme dans la pneumonie. Congrès de Toulouse, avril 1902.
2 Charon et Briche. Archives de neurologie, 1897,
ANALYSE CHIMIQUE DU SANG
Mécanisme régulateur. — Achard et Loeper', ont bien mis en évidence le mécanisme qui préside au maintien de l'équilibre cbimique du sang. Cet équilibre résulte d'une sorte de balancement qui s'établit sans cesse entre le sang et les tissus.
Les échanges osmotiques se font en tous points du réseau circulatoire, mais particulièrement au niveau des émonctoires, des reins, des poumons, des glandes intestinales, salivaires, du tissu conjonclif, etc. Ce sont donc les émonctoires qui jouent le principal rôle dans le maintien de la concentration du sérum. Parmi ces émonctoires, les uns, comme le rein, ont tendance à diminuer la concentration du sang, car ils lui enlèvent proportionnellement plus de molécules dissoutes que d'eau, la concentration moléculaire de l'urine élant plus élevée que celle du sérum ; d'autres, au contraire, comme le poumon, tendent à augmenter la concentration du sang, car ils éliminent proportionnellement plus d'eau que de substances dissoutes.
Quant aux échanges qui se font par osmose entre le sang et les sérosités interstitielles, le sens en est variable suivant les conditions physiologiques ; tantôt c'est un appel d'eau qui se fait des tissus vers le sang lorsque la concentration moléculaire du sang tend à s'élever, ainsi que Ilallion et Carrion - l'ont réalisé expérimentalement en injectant une solution hyperlonique de chlorure de sodium dans les vaisseaux ; tantôt au contraire, l'eau passe du sang dans les tissus interstitiels pour y dissoudre les substances accumulées, augmentant ainsi la quantité de lymphe et donnant naissance, dans les conditions pathologiques, aux œdèmes d i tissu cellulaire. Cette théorie d'après laquelle les œdèmes au cours des néphrites devraient être considérés comme un procédé employé par l'organisme pour désintoxiquer le sang ne laisse pas d'être séduisante.
En tous cas les échanges osmotiques entre le sang et les tissus sont très actifs; les substances introduites dans la circulation sanguine diffusent très rapidement dans les tissus. V. de Velde % a montré que le sérum antileucocidique et le sérum antityphique de
1 AcuABD. Le mécanisme régulateur de la composition du sang. Presse ynédicale, 11 septembre 1901 ; — AciiAHD et Loeper. Société de biologie, 30 mars 1901.
- Hallion et Carhion. Sur la pathogénie de l'œdème. Soc. de biologie, 25 février 1899.
3 V. DE Velde. Passage du sérum des vaisseaux sanguins dans les tissus et les exsudats. Presse médicale, 3 janvier 1900.