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CHAPITRE PREMIER

Caractères généraux des cellules nutritives.

Article premier. — PROPRIÉTÉ SÉCRÉTRICE ET FONCTION GLANDULAIRE

Une foule de cellules, toutes les cellules même sécrètent, puisque sécréter (étymologiquement) c’est, pour une cellule, séparer et presque choisir certains matériaux qui existent dans le milieu ambiant ou dans les liquides de l’organisme. Les cellules nutritives de l’organisme sont des cellules sécrétrices ; elles prennent au milieu extérieur ou au milieu organique des matériaux variés, les élaborent de différentes façons et les rendent transformés et sous tel ou tel état, gazeux, liquide ou solide, salin, hydrocarboné ou albuminoïde. 11 est bien évident que suivant le point de départ et la matière originelle, et selon le résultat et le produit définitif, le travail de la cellule nutritive aura été différent. Pour résorber puis éliminer un gaz, pour absorber puis exsuder un liquide, pour incorporer puis expulser un corps solide, le travail cellulaire ne sera pas le même ; il différera aussi suivant que de telle substance chimique il s’agira de faire un sel, un grain d’amidon ou un corps albuminoïde.

Le phénomène sécréteur s’accomplit en trois temps. C’est d’abord la prise de la substance au milieu ambiant ; cette substance étant différente

CELLULES NUTRITIVES

de celle de la cellule dans un grand nombre de cas, on pourra voir fréquemment cette cellulechoisir dans le milieu la matière première qui lui convient et qui est nécessaire à l’exercice de sa fonction ; la prise est ainsi rendue évidente, c’est une sécrétion. Puis vient la transformation de la substance : cette substance, différant de celle de la cellule, doit être élaborée par elle, assimilée, rendue semblable à la substance de la cellule ; la matière empruntée au milieu et sécrétée devient alors identique à la substance cellulaire et cesse d'être visible. Dans une troisième phase, la matière sécrétée, puis assimilée, devient de plus en plus différente de la substance cellulaire, qui la sépare finalement d’elle-même, la sécrète en elle-même ; elle redevient alors visible sous forme d’un dépôt cellulaire, d’un secret ou produit, de nature chimique différente. La troisième période est la seule dans laquelle l’activité cellulaire soit manifestée sous le microscope par un fait palpable, observable, le dépôt intracellulaire de substance, tandis que dans la seconde il y a pour ainsi dire éclipse de la sécrétion, et que dans la première la prise n’est rendue évidente le plus souvent que par l’analvse chimique du milieu. C'est pour cela que la troisième phase seule a pu être considérée par des histologistes comme le phénomène de sécrétion, dont elle n’est cependant que la dernière étape, la plus visible pour les observateurs. Si l’on voulait réserver à l’ensemble du phénomène le terme de sécrétion, on pourrait, pour en désigner le troisième temps, l’appeler sécrétion ou excrétion intracellulaire.

La sécrétion ainsi comprise est un phénomène d'ordre purement physicochimique, et en invoquant l’initiative de la cellule personnifiée, on renoncerait à toute explication positive. La résorption gazeuse, l’absorption liquide, l’incorporation solide qui forment le premier acte de la sécrétion se font suivant les lois de la physique. Dans le second acte du phénomène, qu’estce encore que l’assimilation, si ce n’est la satisfaction des affinités chimiques et l’équilibration physique des deux substances en présence, de la substance tirée du milieu et de la substance cellulaire ? Quant au dernier acte de la sécrétion, à la sécrétion objectivée, il consiste dans la séparation de corps devenus chimiquement différents de la substance cellulaire et dans la rupture de l’équilibre intracellulaire. La sécrétion n’étant justiciable que des lois de la physique, nous pouvons prévoir sous quelle forme les matériaux sécrétés seront déposés à l’intérieur de la cellule. Ce sera sous la forme sphérique , celle qui sous le volume minimum contient le maximum de substance : une bulle de gaz, une vacuole liquide sphérique, un grain sphérique, et ceci en vertu même des lois de la cohésion, de l’attraction moléculaire.

En tant que phénomène chimique, la transformation de la substance prise au milieu en substance intérieure sécrétée, sera graduelle , et nous devrons trouver entre les deux extrêmes, qui diffèrent tous deux considérablement par leur nature chimique de la substance cellulaire, des formes de transition, qui les relient l’une à l’autre et qui se rattachent aussi insensiblement les unes aux autres. Il faut bien se garder de considérer ces états intermédiaires du matériel sécrété comme étrangers au protoplasma, et simplement logés dans le corps cellulaire où ils se succèdent sans affecter aucunement la substance vivante. Bien au contraire, ils s’in-

CYTOLOGIE GÉNÉRALE ET SPÉCIALE

corporent à cette substance vivante, à ce protoplasma, et deviennent eux-

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