‹ Traité d'histologie : (volume 2)Chapitre 110 sur 163 · II. L’excrétion · texte numérisé non relu

II. L’excrétion

Ayant fait connaître les données les plus essentielles relatives à la sécrétion proprement dite, il reste à examiner le mécanisme de l’excrétion. ici la distinction des cellules mérocrines et holocrines retrouve tous ses droits. Une cellule holocrine est celle qui élimine la presque totalité de sa substance, laquelle constituera le produit de sécrétion. Voilà par exemple une cellule épithéliale de l’épididyme (fig. 42 1 ), dont toute la partie supérieure, avoisinant la lumière, bourrée de grains de sécrétion, se décapite, laissant tomber dans le tube épi didymaire la plus grande partie de sa substance transformée. Il en est à peu près de même avec une cellule delà glande mammaire, dont la portion libre s’égrène en globules de lait qui tombent dans la cavité glandulaire. Affectée par cette grave mutilation, la cellule glandulaire n’est cependant pas morte, et devra ensuite se régénérer ad integrum.

Au contraire, dans le plus grand nombre des cas, l’excrétion se fait en détail et non plus en bloc, soit que les produits de sécrétion figurés sous forme de boules ou de grains quittent un à un la cellule, soit plus habituellement que la substance sécrétée s’écoule sous forme liquide. Dans le premier cas seulement, on le comprend, l’excrétion glandulaire donne lieu à une image microscopique. On voit alors par exemple le produit sécrété s’accumuler dans la partie superficielle de la cellule sous forme d’une ou plusieurs boules claires qui font hernie à la surface libre de la cellule, se frayant souvent un passage à travers la bordure ciliée ou cuticulaire qui recouvre le corps cellulaire, et finalement se détachent et tombent (fig. 422). C’est ce que par exemple ont observé van Gehuchten sur les cellules intestinales de la larve d’un Diptère, le Ptychoptera , et Nicolas sur les cellules

Fig. 422. - Cellule du corps de Wolff d'un embryon de Mouton de 4 cm. 5 de longueur en état d’excrétion.

De chaque cellule sort une protubérance qui soulève et refoule les bordures ciliées et qui constituera le produit excrété. X 75°-

CELLULES NUTRITIVES

des tubes urinifères du corps de Wolff ou rein primitif. Il n’est pas prouvé cependant que ces boules ne soient pas des formations artificielles, dues aux réactifs (Heidenhain, Vignon). Le plus communément, le produit sécrété s’échappe sous forme liquide, dissoute. Tel est le cas pour les glandes salivaires, la glande lacrymale, les glandes de l’estomac et, d’après Benda, pour 1' 'hypophyse. Il peut arriver cependant, quand le processus sécrétoire est très intense, et que l’excrétion se fait par suite avec rapidité, par exemple après la pilocarpinisation de l’animal (qui excite la fonction glandulaire), que le zymogène normalement éliminé sous la forme liquide soit excrété directement à l’état de grains (Garnier).

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