CARACTÈRES CHIMIQUES GÉNÉRAUX DE LA CELLULE
L’ensemble des matériaux de la substance cellulaire forme un système pourvu de fonctions chimiques très nombreuses, très variées, capables de réagir parfois les unes sur les autres et constamment sur les substances apportées par le milieu ambiant. Ce sont ces réactions incessantes qui constituent la « vie »,et une cellule « vivante » est en perpétuel changement.
Elle conserve malgré tout une certaine constance dans sa composition moyenne, et en particulier dans la réaction électrochimique de son ensemble. La substance cellulaire est alcaline ; elle doit rester alcaline sous peine de troubles fort graves et même de destruction. Ce que nous avons dit de la précipitation des protéides phosphorées par les acides suffirait à faire comprendre les dangers de l’acidité pour la cellule.
La périphérie des cellules est souvent, il est vrai, baignée de sécrétions acides, mais l’intérieur reste alcalin : les acides émis par la surface proviennent souvent du dédoublement d’un corps neutre en acides éliminés et en alcalis que conserve la cellule ou qu’elle transmet à ses voisines. On sait, par exemple, que le chlorure de sodium est dédoublé dans les cellules de l’épithélium stomacal, et que la sécrétion de l'acide chlorhydrique dans la cavité gastrique s’accompagne d’une alcalinisation du sang.
La substance cellulaire est réductrice : ce fait, bien que longtemps nié et contraire aux théories autrefois régnantes, a été établi par toute la série des recherches dans lesquelles A. Gautier a étudié la désassimilation du protoplasma vivant. Cette décomposition commence par de simples dédoublements, qui se font, soit avec hydrolyse, soit même avec réduction, sans aucune intervention de l’oxygène, et aboutissent à de nombreux corps basiques, les ptomaïnes et les leucomaïnes de A. Gautier. C’est seulement à la périphérie de la cellule que ces corps subissent les oxydations qui avaient longtemps masqué la première phase, et peuvent en même temps prendre un caractère plus ou moins acide. Les phénomènes de réduction du protoplasma sont peut-être dus à l’action spéciale de diastases réductrices, comme les oxydations périphériques sont dues à des oxydases.
Le caractère réducteur du protoplasma peut être mis en évidence par son action sur une foule de corps, réduction des sels ferriques en sels ferreux, réduction d’un grand nombre de substances organiques. Les plus avantageuses sont les matières colorantes, dont la réduction fournit un leucodérivé incolore, reprenant sa couleur par l’action de l’oxygène. Ehrlich, après avoir injecté dans le sang des animaux du carmin d’indigo, du bleu de méthylène ou de céruléine, etc., trouve les vaisseaux bleus, mais
CYTOLOGIE GÉNÉRALE ET SPÉCIALE
certains organes incolores, les reins par exemple ; en coupant ces organes et les exposant à l’air, ils deviennent bleus, preuve que leurs cellules avaient réduit la couleur et fixé le leucodérivé.
Article 2. — LA FORME CELLULAIRE.