‹ Traité d'histologie (volume 3)Chapitre 114 sur 198 · V. — GLANDES PÉRIORBITAIRES · texte numérisé non relu

V. — GLANDES PÉRIORBITAIRES

1° GLANDE LACRYMALE. — La glande lacrymale, est, d'après Srôur, Maziarski, FLeiscHEr une glande du type tubulaire composé; ses culs-desac sécréleurs ne sont cependant pas cylindriques, mais légèrement dilatés, de façon à prendre sur la coupe une forme alvéolaire; ce qui explique que plusieurs auteurs l’aient regardée comme une glande acineuse composée. La glande lacrymale se distingue nettement, quoi qu'il en soit, par la forme de sa ramification, des glandes salivaires, notamment de la parotide, à laquelle on l’a souvent comparée.

Les cellules sécrétrices produisent des grains analogues à ceux des glandes salivaires (Nicocas, Nozz, FLeiscaEr). Quelques-uns de ces grains sont de nature graisseuse (Nicoras, AxENFELD et Bierri, Nocr). Srôse et Nozz décrivent d’ailleurs deux sortes de cellules sécrétrices. D'après Srômr, les unes sont assez hautes, cylindriques, quand elles sont remplies par le produit de sécrélion; les autres, basses, renferment un produit concrété en grosses sphères. Entre les cellules pénètrent des canalicules radiés intercellulaires. Les acinus sont entourés par des cellules en panier très nettes.

Le système excréteur est diversement décrit. ScawaL8Ee, MERKEL, STôaR ont vu les culs-de-sac sécréteurs se rattacher aux canaux excréteurs par de longs segments intercalaires, que Mazrarskt a niés, et qui, d'après Zimmer-

(1) Les petites glandes comprises dans l'épaisseur des paupières et de la conjonctive seront étudiées avec la peau.

MANN, FLEISCHER, manquent en effet chez l'Homme. II y a d’ailleurs à cet égard de grandes différences selon les espèces animales (FLEiscner). Les canaux excréteurs à épithélium strié paraissent, de l'avis presque unanime, faire défaut.

Les canaux excréteurs proprement dits, ou conduits de la glande lacrymale, sont tapissés par une double rangée de cellules, les superficielles cylindriques. Les voies lacrymales, qui représentent le conduit excréteur physiologique des glandes lacrymales et par lequel les larmes sont conduites dans les fosses nasales, se composent, comme on le sait, successivement : des conduits lacrymaux, du sac lacrymal et du canal nasal. Les conduits lacrymaux sont tapissés par un épithélium stratifié à cellules plates; leur paroi est formée par une tunique propre, riche en fibres élastiques, renforcée par une couche de fibres musculaires striées, à direction surtout longitudiuale. Le sac lacrymal et le canal nasal sontrevêtus par un épithélium à deux ou plusieurs assises de cellules, les superficielles cylindriques et vibratiles mélangées de cellules caliciformes. Leur tunique propre offre un caractère lymphoïde bien marqué et peut même renfermerdes follicules clos; elle esten rapport par sa partie profonde avec un riche plexus veineux. Il existe dans.le sac lacrymal des glandes de deux sortes, acineuses et tubuleuses (Ar) ; dans la partie inférieure du canal nasal, on remarque des diverticules tubuleux de l'épithélium, que certains auteurs ont voulu considérer comme des glandes; mais RocHox-DuviGxeaup nie l'existence deglandes dans les voies laérymales.

2 (LANDE DE HARDER ET GLANDE NICTITANTE. — Ces glandes, qui sont situées dans la région orbitaire interne, ne sont pas représentées chez l'Homme; on a voulu cependant considérer comme l’homologue de la glande nictitante des animaux une glandule décrite par C. Gracomini chez le nègre dans le pli semi-lunaire de l'angle interne de l'œil. La « glande de Harder » des Mammifères est fréquemment composée de deux parties, par exemple chez le Lapin : l'une blanche plus petite, l'autre rouge plus considérable ; chez le Hérisson l’une des parties est sous forme d'ilots disséminés; d'autres fois, comme chez la Souris, la partie blanche existe seule. Ces deux aspects macroscopiques correspondent à l'existence de deux sortes de culs-de-sac sécréteurs; chez le Hérisson, les uns, plus larges, tapissés par un épithélium tantôt élevé, tantôt très aplati, produisent de la graisse et une substance coagulable; les autres, plus étroits, sont de nature séreuse (LôwevriaL). La « glande nictitante » qui coexiste souvent avec la glande de Harder (Porc, Lapin, Souris) manque ailleurs (Rat, Cobaye); elle est également hétérogène, composée de deux portions différentes. Il existe en outre chez le Lapin une « glande lacrymale inférieure ».

3° GLANDE INFRA-ORBITAIRE. — La « glande infra-orbitaire », comme son nom l'indique, est située au-dessous de l'orbite; elle existe chez un grand nombre de Mammifères (Chien, Lapin, Rat, Cobaye). Elle 2 tantôt le caractère muqueux (Chien), tantôt le caractère séreux. Chez le Rat par exemple, elle se compose de deux sortes d'acinus; les uns à grosses cellules prismaliques, pourvus d'une lumière minime, ressemblent aux acinus de la parotide et de la lacrymale; les autres sont creusés d’une vaste lumière et bordés d'un épithélium cubique (LüwEexrTHaL).

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