‹ Traité d'histologie (volume 3)Chapitre 166 sur 198 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Caractères généraux et premier développement.

Les éléments qui constituent l'organisme de tout Métazo aire peuvent

…. ètre distingués en deux groupes, qui s'opposent l'un à l'autre par leurs

attributs essentiels. Les uns sont chargés de la vie végétative de l'individu, se sont adaptés à ses diverses fonctions, se sont agencés pour y satisfaire en tissus ou organes dont nous avons fait l'étude dans les précédents cha-

… pitres. Leur ensemble forme le « soma » ; celui-ci assure l'existence de l'in- …. dividu sans souci de celle de l'espèce ; il a une durée éphémère ; il est péris- - sable. Les autres ont pour rôle d'assurer la vie de l'espèce ; ils sont

greffés sur l'organisme pour ainsi dire et possèdent la propriété d’être immortels et d'être les supports des qualités héréditaires. Ce sont les « gamètes » ou « gonocytes,» dont l'ensemble constitue le « germen » (V,t. I, p.770). Les cellules du germen, chez la plupart des Métazoaires à sexes séparés, sont localisées dans des organes particuliers désignés sous le nom de {esticule chez le mâle et d'ovaire chez la femelle ; elles s’y multiplient, s’y trans-

. forment et deviennent des « spermatozoïdes » ou « spermies » d'une part,

et des « œufs » ou « ovules » d'autre part. Mais il est nécessaire que les

- gamèles mûrs de chaque sexe se conjuguent deux à deux et donnent nais-

sance à une cellule mixte, « l’œuf fécondé », pour qu'ils puissent bénéficier - de leur immortalité potentielle et former un nouvel organisme, où se manifesteront les caractères héréditaires dont ils sont les supports.

Les éléments du germen et ceux du soma sont donc radicalement dissemblables par ces propriétés fondamentales, comme ils le sont par leur structure. Aussi la première question qui se pose à leur sujet est celle de savoir à quel moment de l'ontogénèse et de quelle manière cette distinction se manifeste. Il semble à priori logique d'admettre qu'elle doit exisler dès les premiers clivages et qu'il doit y avoir, pendant toute la durée

du développement, une lignée germinale distincte de la lignée somatique (WEismanN). Les études réalisées chez certains. Invertébrés ont montré

qu’il existe des caractères morphologiques qui permettent, dans certains

cas, d'observer cette différenciation dès la première segmentation de l'œuf fécondé. On peut ainsi reconnaitre tout de suite la cellule ascendante des éléments germinatifs de la cellule ascendante des éléments somatiques. Un exemple typique nous est fourni par l’Ascaris megalocephala, comme l’a montré Boveri. Les recherches failes à ce point de vue chez les

F1G. 502. — Coupe transversale d'un embryon de Poulet après quatre jours d’incubalion, passant au niveau du corps de Wolff et de l'épithélium germinatif.

int, intestin. — Vsi, veine sus-intestinale. — ep7, épithélium germinatif. — cW, canal de Wolff. — cs, canalicule segmentaire. — ao, aorte. — ve, veine cardinale. >< 80.

Vertébrés et en particulier chez les Mammifères, n'ont pas donné de résul=… tats aussi démonstralifs. Les premiers blastomères ne présentent aucune particularité morphologique permettant de reconnaître les cellules ascen=… dantes des éléments germinatifs et les cellules ascendantes des éléments

somatiques. Toutefois, des observations récentes tendent à faire admettre que les cellules sexuelles primordiales peuvent être caractérisées dans le germe des Vertébrés dès la formation des trois feuillets (JuNGERSEN, FÉLIX,

Fenorow, BEirp, Woob, ALLEN, RuBasCuxiN). Il résulte des études de ces. auteurs que les premières cellules germinatives se comportent chez les Mammifères comme chez les Sélaciens, Poissons osseux, Amphibiens, Rep="

üles et Oiseaux : elles prennent naissance en dehors de l’ébauche sexuelle

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