‹ Traité d'histologie (volume 3)Chapitre 182 sur 198 · RS ES · texte numérisé non relu

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Fi1G. 537. — Schéma représentant le corps de Wolff et l'ébauche sexuelle chez l'embryon de Chat.

1, embryon de 24 jours. — 2, embryon de 26 jours. — 3, embryon de 29 jours. — R.P, région présexuelle. — R.S, région sexuelle. — R.P.S, région postsexuelle. — Cps.M.dg, corpus de Malpighi en dégénérescence ; E.S, ébauche sexuelle. D'après SAINMONT.

SAINMONT chez les Mammifères et la description qui va suivre s’inspirera «

surtout des résultats obtenus par cet auteur.

La région présexuelle du corps de Wolff offre la première un bourgeon-

nement de l’épithélium capsulaire externe des corpuscules de Malpighi. Les

bourgeons ainsi constitués forment des cordons où « tubes de Mihalkovies » « (SaINMoNT). qui se détachent du côté interne du corpuscule et s’allongent… rapidement (fig. 538). Le même processus se manifeste d'avant en arrière sur tous les corpuscules de Malpighi de la région sexuelle ; il se différencie de la sorte une série de cordons qui se dirigent obliquement ou transver=" salement vers l'ébauche génitale, décrivent des circonvolutions nombreuses,

se creusent peu à peu d’une lumière, puis se mettent en rapport avec les extré="

milés distales des cordons sexuels. D’après Saimonr, neuf tubes se déveM

LES GLANDES GERMINATIVES 1119

loppent dans la région sexuelle et cinq dans la région présexuelle du corps de Wolff. Aucun processus du même genre ne se manifeste dans la région postsexuelle. — Les corpuscules de Malpighi dégénèrent peu à peu pendant la croissance des tubes de Mihalkovics, dont l’ensemble occupe la face interne du corps de Wolff et a été désigné par Sainmonr sous le nom d’« organe de Mihalkovics ». Ces tubes sont dès lors en continuité directe avec les canalicules urinaires : le glomérule vasculaire et l'épithélium capsulaire interne ont disparu progressivement ; l'épithélium capsulaire externe a persisté au contraire, est devenu cubique, en même temps que la cavité du corpuscule a pris petit à petit le calibre du tube urinaire. Saiwmoxr n’a pu mettre aussi nettement en évidence la continuité des tubes de Mihalkovics avec les tubes séminaux ; mais il pense que les extrémités juxtasexuelles des tubes de Mihalkovics s’anastomosent en un système lacunaire, quiest plongé dans la zone

F1G. 538. — Corpuscule de Malpighi en réçression dont l'épithélum externe de la capsule de Bowman a donné naïssance à l’'ébauche d'un tube de Mihalkovics (T.M). x 350. D'après SAINMONT.

postéro-externe du testicule embryonnaire et qui représente l’ébauche du rele leslis ou réseau de Haller. Celui-ci se continue avec les Lubes séminaux par l'intermédiaire de petits conduits rectilignes ou tubes droits. Le reste des canaux de Mihalkovics et les tubes urinaires correspondants forment des canaux très pelotonnés et disposés les uns au-dessus des autres. Ce sont les canaux efférents du testicule, qui s’allongent dans leur région externe vers le quatrième ou cinquième mois du développement et deviennent les cônes vasculaires. L'ensemble des canaux efférents et des cônes vasculaires forme la tête de l'épididyme. Le canal de Wolff, dans toute sa région juxtatesticulaire, forme le canal de l’épididyme ; il se pelotonne surtout dans la région inférieure à la tête et constitue le corps et la queue de cet organe. Le reste du canal de Wolff devient le canal déférent. Sa signification physiologique s’est dès lors complètement modifiée ; l’ancien conduit excréteur urinaire s'est transformé en conduit excréteur de la glande germinative mâle.

En même temps, la région postsexuelle du corps de Wolff s’atrophie

peu à peu et se trouve réduite, vers la fin du développement, à quelques restes jaunâtres situés vers l'extrémité inférieure du testicule, entre ce dernier organe et le canal déférent. Ils sont encore plus rudimentaires chez l'adulte ; ce sont le paradidyme ou organe de Giraldès et les canaux aberrants de l'épidilyme. D'autres formations persistent au niveau de la tête de l'épididyme ; elles se présentent sous l’aspect d'entonnoirs ciliés qui conservent une communication avec la cavité vaginale du testicule et qui sont également un vestige de la région génitale du corps de Wolff. Ajoutons enfin que la portion tout antérieure du canal de Wolff n'est pas normalement utilisée pour la différenciation du canal épididymaire ; quand elle persiste, elle représente un petit appendice rattaché à l'extrémité supérieure de l'épididyme ou du testicule et désigné sous le nom d'hydatide pédiculée de Morgagni. I , 5

Le canaux de Müller, dans le sexe masculin, disparaissent presque complètement, sauf au niveau de leurs extrémités distale et proximale, qui subsistent chez l'adulte et forment d’autres organes vestigiaires annexés aux conduits excréteurs de la glande germinative mâle. L’extrémité supérieure persiste sous la forme d’une petite vésicule qui est accolée contre la tête de l’'épididyme et qui montre souvent, en un point de son trajet, un orifice infundibuliforme comparé par WaLDpEeYEr à un minuscule pavillon de trompe utérine. C'est l’hydatide non pédiculée ou sessile de l'épididyme. Lesæégions inférieures des canaux de Müller sont tout d’abord appliqués l'une contre l’autre ; puis leur cloison de séparation se résorbe et il en résulte un canal unique compris entre les canaux déférents, dont on retrouve encore les vestiges chez l'adulte; c’est l’utricule prostatique ou utérus mâle, peu développé chez l'Homme, beaucoup plus important chez les Mammifères (Carnassiers et Ruminants), où on peut lu’ reconnaître une portion vaginale et une portion utérine (Weger). L'utricr le prostatique, comme les canaux déférents, débouchent dans le sinus urogénital qui se transformera en la région prostatique de l’urètre.

Les glandes annexées au conduit excréteur des glandes mâles se développent au cours de ces transformations. Le canal déférent émet en dehors et en arrière, au voisinage de son point d’abouchement dans le sinus urogénital, un diverticule sacciforme qui s'accroît en se pelolonnant un grand nombre de fois. C'est la vésicule séminale. En même temps, les parois du sinus urogénital, tout autour du point où viennent s'ouvrir les canaux de Wolff et l’utricule prostatique, émettent en arrière el latéralement des bourgeons courts, d’abord pleins, puis creux, qui se ramifient dans le tissu mésenchymaleux ambiant et se couvrent ensuite de dilatations ampullaires (Toupr). C’est l'ébauche de la glande prostatique. Enfin le sinus uro-génital, au-dessous de l'ébauche prostalique, émet en arrière deux diverticules dont les extrémités se divisent abondamment en culs-de-sac ou acinus dont l’ensemble édifie deux glandes peu volumineuses, dites glandes bulbo-urélrales ou de Cooper.

Il résulte donc de cette étude rapide que le canal excréteur du testicule se différencie aux dépens de l'extrémité supérieure du corps de Wolff et du canal de Wolff, que les nombreux organes vestigiaires que l’on rencontre le long du tractus génital proviennent de la partie non utilisée du corps de

rit

LES GLANDES GERMINATIVES 1121

Wolff et du canal de Müller et que les glandes annexées à ces conduits excréleurs se développent aux dépens de bourgeons issus des parois du canal wolffien ou du sinus uro-génital. Des phénomènes analogues se réalisent dans le sexe femelle, mais ici le canal de Wolff et le corps de Wolff s’atrophient, et c’est le canal de Müller qui devient le conduit excréteur de la glande germinative femelle et l'organe de la conception.

2° TRANSFORMATION CHEZ LA FEMELLE. — Chacun des canaux de Müller peut être distingué en deux parties : une partie supérieure, située dans la cavité abdominale, et une partie inférieure située dans le petit bassin où elle prend part, avec les canaux de Wolff, à la constitution du cordon génital. La région abdominale des canaux de Müller forme l’oviducte ou trompe utérine avec son pavillon. Le pavillon ne se développe pas au niveau de l’extrémité du canal de Müller; il paraît être une formation entièrement nouvelle, qui se différencie au-dessous et à une certaine distance de cette extrémité ; la région proximale du canal de Müller s'atrophie et donne sans doute naissance à une petite vésicule insérée sur une frange du pavillon et désignée sous le nom d'hydatide de Morgagni. D'autre part, les canaux de Müller se fusionnent l’un avec l’autre dans toute l'étendue du cordon génital. Le canal unique qui résulte de la résorption des parois en contact est désigné sous le nom de « sinus génital », « canal utéro-vaginal » ou « canal de Leuckart « ; il se différencie dans la suite en utérus et en vagin (Tarersca et KÔüLLiKkEr, WALDEYER, DoHRN, TourNEux et LEcay, NAGEL, douzième semaine). La région utérine se distingue par le développement de deux couches musculaires épaisses formées autour du conduit épithélial. La région vaginale se différencie aux dépens de la partie inférieure du sinus génital.

Le canal et le corps de Wolff s’atrophient, disparaissent peu à peu et laissent simplement subsister quelques organes vestigiaires le long du tractus génital femelle. Les régions sexuelles et présexuelles du corps de Wolff subissent des processus analogues à ceux qui se passent dans le sexe masculin ; ils se transforment en un organe sans fonction situé à côté de l’ovaire. au niveau de son hile, et appelé paraovarium ou époophoron (KoseLr, Wai- DEYEK). Celui-ci comprend un canal longitudinal issu de l'extrémité supérieure du canal de Wolff et dix à quinze canalicules transversaux, diffé-

renciés aux dépens des canalicules segmentaires et des tubes de Mihal-

kovics de cette région wolffienne. Les canaux transversaux sont primitivement à peu près rectilignes, puis se pelotonnent comme le font les cônes efférents dans le sexe masculin; nous savons en outre que ces canaux ont envoyé dans le hile de l'ovaire des prolongements qui s'unissent avec les cordons médullaires. anciens cordons sexuels de l'ébauche génitale indifférente, et qui s'anastomosent en un réseau plus ou moins étendu. C'est le rele ovarii, homologue du rete testis ou réseau de Haller du testicule. — La région postsexuelle du corps de Wolff s’atrophie dans le sexe féminin comme dans le sexe masculin. Elle se transforme en un petit organe blanc jaunâtre, constitué chez l'embryon par de petits canaux enchevêtrés et par des glomérules vasculaires situés dans le ligament large en dedans de l'ovaire. C’est le paraophoron, qui est figuré chez l'adulte-par quelques

HisTOLoGiE Il. 71

canalicules et petits kystes appliqués contre la trompe ou contre l’extrémité supérieure de l'utérus.

Le canal de Wolff, chez l'embryon femelle, est un mince conduit qui se prolonge le long de la trompe et de l'utérus, à l’intérieur du ligament large. Ïl disparaît peu à peu et il n’en subsiste aucune trace chez l'adulte, sauf au niveau de son extrémilé inférieure, où il se montre sous l'aspect d’un canalicule trèsétroit, situé dans l'épaisseur des parois du col utérin (Beicez, Dourw). I] persiste cependant dans toute son étendue chez certains Mammifères, comme les Ruminants et les Suidés et porte alors le nom de canal de Gartner. — Les glandes de Bartholin se développent ensuite aux dépens des parois du vagin, au niveau du vestibule. Leur évolution est semblable à celles de toutes les glandes : elles prennent naissance aux : dépens de bourgeons qui sont issus de l’épithélium de revêtement, qui se ramifient dans la profondeur et qui donnent naissance aux culs-de-sac glandulaires.

Cette étude nous montre donc que les conduits excréteursdes glandes germinatives femelles se développent aux dépens des canaux de Müller, que les oviductes dérivent des régions proximales de ces canaux, que l'utérus et une partie du vagin proviennent de leur région distale, que les organes vesligiaires annexés à ce conduit excréteur sont issus du corps et du canal de Wolff, qui ont ébauché les mêmes transformations caractéristiques que dans le sexe

É 7e masculin : rete ovarii, À A Z ee époophoron, canaux de 5à % Gartner sont donc les

des cd. homologues du rete testis, de la tête épidi- TS Ù À dymaire et du canal dé- ; C NN en D ET fer férent ; de même, le Med... ue & Se ; paradidyme et le pa- La nt ee & Ca raophoron ont une si- SABLES gnification identique, Coë. Fe — &@.t. et représentent l’un et l'autre les restes de la région posisexuelle du corps de Wolff.

Fig. 539. — Schéma des voies efférentes du testicule. ARTICLE 2. — LES CONiob, lobes testiculaires limités par des septa conjonctifs qui partent DUITS EXCRÉTEURS de l'albuginée et se rejoignent au niveau du mediastinum testis DU TESTICULE (Med). Celui-ci renferme les canaux droits (cdr) et le rete testis. (RE). — cef, canaux efférents. — cv, cônes vasculaires. — cép, Yo canal épididymaire. — cd, canal déférent. — Par, paradidyme. On peut distinguer

— cai, canal aberrant inférieur. D'après EBERTH. aux voies excrétrices -

du testicule : 1° une partieintratesticulaire qui comprend les canaux droils et le réseau de Haller: elle s’est différenciée aux dépens de canalicules qui sont issus des corpus= cules de Malpighi, qui se sont anastomosés les uns avec les autres dans lem corps d'Highmore et qui se sont réunis aux extrémilés distales des tubes séminaux ; 2° l'épididyme, avec sa tête édifiée aux dépens des tubes des

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Mihalkovics et des canaux segmentaires, son corps et sa queue fournis par le pelotonnement du canal épididymaire ; 3° le canal déférent avec ses ampoules et les canaux éjaculateurs développés aux dépens du canal de Wolff (fig. 539).

I. — CANAUX EXCRÉTEURS INTRATESTICULAIRES : CANAUX DROITS ET RÉSEAU DE HALLER.

Les canaux droits sont des canalicules étroits et courts qui se continuent d’une part avec les tubes séminifères, d'autre part avec le réseau de Haller.

F1G. 540. — Rete testis (Homme).

Lacunes irregulières anastomosées les unes avec les autres et séparées par des cloisons conjonclives de dimensions inégales. L'épithélium qui tapisse ces lacunes présente une hauteur différente suivant les régions. x 50,

Les canaux séminifères diminuent brusquement de calibre au niveau du point où ils débouchent dans les canaux droits. Les deux ou trois canalicules séminaux d'un lobule testiculaire se jettent dans un seul canal droit. Le réseau de Haller ou rete testis est composé de canaux irréguliers anastomosés en tous sens. Ils sont d'un diamètre très irrégulier ; les uns ont une lumière large de 100 à 300 w, les autres une lumière très étroite, presque indistincte, mesurant environ 3 à 4 u. Ces canaux sont moins irréguliers ‘chez les sujets jeunes que chez les sujets âgés. Les espaces conjonctifs qui les séparent ont également des dimensions variables. Certains tubes séminaux peuvent s’aboucher directement dans le réseau de Haller sans l'intermédiaire des canaux droits.

Tubes droits et rete testis sont creusés à même dans le tissu conjonctif du corps d'Highmore ou « Mediastinum testis ». Ils forment dans leur

ensemble un système lacunaire tapissé par une seule couche de cellules cylindriques sans aucune interposition de membrane basale (fig. 540). La structure des tubes séminifères se transforme brusquement au niveau de leur point d’abouchement dans les tubes droits. Ils perdent tout d’abord une grande partie de leur épithélium séminal, puis renferment seulement le synctium sertolien, dont le cytoplasme est découpé en cellules distinctes et hautes (Recaup). Ces cellules élevées disparaissent à l'extrémité du tube séminal et font place à une couche de cellules cylindriques basses qui se prolongent sur tout le système lacunaire du corps d'Highmore. Elles sont si aplaties par places qu'elles figurent un endothélium ; elles sont beaucoup plus élevées en d’autres endroits et peuvent atteindre la hauteur de 20 y environ. Ces cellules possèdent un noyau ovalaire, à grand axe parallèle à la surface des canalicules quand les cellules sont aplaties, perpendiculaires à cette surface quand elles sont cylindriques. Elles sont alors munies de noyaux polymorphes, incisés, lobés ou bourgeonnants. La membrane propre du tube séminal disparaît au niveau de son abouchement dans le tube droit et se confond avec le tissu conjonctif ambiant. Ce tissu fibreux renferme des fibres musculaires lisses qui se sont isolées des parois vasculaires (SPANGARO). Il est également parcouru par un réseau élastique très serré qui se continue avec le réseau élastique des septa interlobaires, des parois canaliculaires, de l’albuginée et de la tête de l’épididyme (Mez- NIKOW-RASWEDENKOW, BENDA, SPANGARO, SMIRNOW).

IT. — EPipiDyME.

Il faut distinguer dans l’épididyme deux régions : la tête et la queue. La tête comprent douze à quatorze canaux efférents ; ils continuent les conduits du rete testis, ont tout d’abord un trajet presque rectiligne, puis se pelotonnent un grand nombre de fois sur eux-mêmes; chacun d’eux forme ainsi une sorte de lobe conique appelé cône vasculaire (conus vasculosus, lobulus epididymidis). Les canaux efférents se jettent dans un canal commun, le « canal de l'épididyme » qui longe la tête épididymaire, puis décrit des sinuosités serrées les unes contre les autres dont l'ensemble constitue le corps et la queue de cet organe.

1° La léle de l'épididyme montre, sur coupe, un grand nombre de canaux plongés dans un tissu conjonctif lâche et très vascularisé ; ils sont limités par une membrane propre, très mince, de nature conjonctive, parsemée de cellules plates endothéliformes. Elle est entourée par une mince couche de fibres musculaires lisses, disposées circulairement, abondantes surtout vers l'embouchure de ces canaux dans le canal épididymaire (LeyniG, Henry).

L'épithélium des canaux efférents et des cônes vasculaires appartient au type cylindrique ; il présente un aspect festonné sur coupes transversales (fig. 540). Festons saillants et rentrants sont dus à la disposilion des éléments épithéliaux, car la membrane propre n’épouse pas la forme de ces sinuosités Les cellules des festons en saillie sont hautes, cylindriques ou

hé Ses d'énsu

prismatiques et sont munies de cils vibratiles ; celles qui tapissent les fossettes

FER Considère ces cryptes comme des glandes intraépithéliales. Cette opinion a été combattue par la majorité des auteurs (Hammar, BEx- DA, SPANGARO, EBERTH); elles n'ont pas la structure des glandes et ne repoussent pas au-devant d'elles la membrane basale, comme c'est le cas pour toutes les invaginations glandulaires. L'étude cytologique des cellules cylindriques qui revêtent les canaux et les cônes efférents a démontré dans ces éléments l'existence de processus sécrétoires très actifs (HERMANN,

- sont plus basses, plus claires, non ciliées pour la plupart (fig. 542). Scnar-

FiG. 541. — Coupe de la tête de l'épididyme passant au niveau des

canaux efférents (Homme).

L'épithélium dessine une série de festons rentrants et saillants dans la lumière des canalicules. x 100.

HERMES, A1GNEr, Hammar, Myers-Warp, Henry). Les observations de ce dernier auteur lui ont permis de distinguer dans la tête de l'épididyme trois

FiG. 542. — Coupe de la tête de l'épididyme au niveau

des canaux efférents (Homme).

Les festons saillants sont constitués par plusieurs assises de cellules dont les plus externes sont cylindriques et ciliées. Les granulations qui remplissent leur pôle interne sont

des grains pigmentaires.

Les cryptes (pseudo-glandes de Schaffer) sont tapissées par des cellules cylindriques plus basses et non ciliées, le plus souvent disposées sur une seule couche. En dehors de la membrane propre, on voit une assise de fibres muscu-

laires lisses. X 350.

il M,

types de cellules cylindriques qui vraisemblablement se transforment l'un dans l’autre. Ce sont : les cellules cylindriques non ciliées, les cellules à grains, les cellules ciliées. Cestrois types cellulaires existent côte à côte dans tous les canaux eflérents des épididymes normaux (fig. 543).

La plupart des cellules cylindriques qui tapissent les canaux efférents sont des éléments très allongés, munis chacun d'un noyau el quelquefois de deux noyaux relégués dans la partie basale de la cellule ; ils sont revêlus d’un pla-

teau superficiel surmonté de cils vibratiles. Leur cytoplasme renferme de petites sphérules graisseuses et des grains de pigment coloré en brun ou

A us

en jaune. Les cils vibratiles sont animés d’un mouvement dirigé vers le canal épididymaire ; les spermies, encore immobiles à leur sortie du rete testis, sont chassées par ce mouvement tout le long des cônes vasculaires jusque dans le canal de l’épididyme. L'ondulation de ces cils vibratiles a été observés pour la première fois par O. Becker et a été constatée également par AiGxer, chez tous les Mammifères étudiés par lui. I] s’arrête très tôt après la mort chez certains animaux, comme le Rat, mais persiste au contraire très longtemps chez jus d’autres, comme le Taureau par exem- | | Le ple, où il peut durer pendant plus de Na ir AT tes À cinq jours (A1cxer). Un certain nompe bre de cellules dépourvues de cils sont intercalées d’une façon lrès irrégulière parmi les précédentes. Elles ne possèdent pas de plateau et sont limitées vers la lumière du canalicule par une simple membrane épaissie au-dessous de laquelle on distingue parfois un diplosome.

Beaucoup de cellules renferment des granulations sécrétoires. Celles-ci

- Apr PAR tai ta mn (ie if Ti \N

FEU Ah 2 prennent naissance auprès du noyau ER es et ne se rencontrent pas dans la région FE: HA Re basale. Elles augmentent peu à peu de | SE , nombre, pendant que le noyau subit A

des transformations profondes, carac- .

térisées surloul par une déchromatinisation progressive. Quand la zone centrale des cellules est bourrée de granulations sécrétoires, le plateau se rompt et le contenu cellulaire tombe FiG. 543. — Epididyme (Homme) dans la lumière canaliculaire. Celle- A, cellules cylindriques ciliées et non ciliées. ci est habiluellement encombrée de — B, cellules cylindriques ciliées et non je : F ciliées; parmi ces éléments, une cellule à spermatozoïdes et de grains sécrétoiann A ri au 2 San res. Les grains se différencient dans les cellules non ciliées, mais on peut les rencontrer en petite quantité dans les cellules ciliées ou tout au moins dans celles qui sont encore munies d'une membrane en forme de plateau. À. Hexry admet que ces aspects différents caractérisent les diverses étapes d’un processus unique qui porte sur toutes les ceilules. Les cellules épididymaires sont {ypiquement ciliées, comme le montrent les organes jeunes qui n’ont pas encore servi au transport du liquide spermatique. Les granulations sécrétoires se différencient dans les cellules ciliées; puis la garniture ciliée disparaît au cours ou à la fin du processus sécrétoire, et se trouve entraînée dans la lumière du tube au moment de l’excrétion cellulaire. La cellule ainsi décapilée doit réparer sa brèche : elle prend alors l'aspect. d'un élément protoplasmique, limité du côté de la lumière par une membrane sous laquelle on voit un diplosome. Elle se recouvre

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LES GLANDES GERMINATIVES 1127

ensuile peu à peu d’une garniture ciliée. « Une cellule épithéliale épididymaire est d’abord ciliée, puis elle perd ses cils au moment de l’excrétion ; elle se transforme ensuite en une cellule cylindrique ordinaire non ciliée, passe par une phase de repos et réédifie enfin une garniture vibratile » (A. Henry) (fig. 543).

Quelle est la signification de ces processus glandulaires ? Les recherches

. de Van per Srricur et de Henry sur les animaux à activité spermatogéné-

tique périodique ont conduit ces auteurs à admettre qu'il existe une relalion entre ces phénomènes sécrétoires el le passage du liquide séminal dans les tubes épididymaires. Henry a constaté chez les Reptiles et certains

FiG. 544. — Coupe du canal épididymaire au niveau du corps de l'épididyme (Homme).

Ce canal très pelotonné est sectionné en de nombreux points de son trajet. On distingue une couche de fibres musculaires lisses autour de la membrane propre. L'épithélium est disposé suivant deux rangées de cellules. La lumière du canal renferme des spermatozoïdes. x 195.

Oiseaux que les cellules cylindriques de l’épididyme ne subissent pas les transformations sus-indiquées d’une manière constante et dans toute l’étendue de l’organe, mais que ces transformations se font en masse et simullanément. Ainsi les cellules épididymaires sont toutes au repos pendant la fin de l'été, l'automne et l'hiver ; elles sont au stade de présécrétion au début du printemps ; au stade de sécrétion à la fin du printemps et au début de l'été ; au stade d’excrétion en été. Or l’excrélion du produit glandulaire coïncide exactement avec l'émission du liquide spermatique. Les spermies parviennent dans les canaux épididymaires à l'époque où les sphérules

sécréloires sont expulsées hors des cellules ; les unes et les autres sont

intimement mélangées dans la lumière canaliculaire. On a donc le droit de conclure que ces deux phénomènes, sécrétion épididymaire et émission du liquide séminal, sont en corrélation l’un avec l’autre et que cette sécrétion sert probablement à la nutrition des spermatozoïdes. On com-

prend aussi que, chez les Mammifères dont l’activité spermatogénélique est constante, les phénomènes sécréloires épididymaires doivent se réaliser d'une manière continue.

2 Le canal épididymaire, soit au niveau de la tête, soit au niveau du corps et de la queue de l’épididyme, possède une forme arrondie ou ovalaire sur coupe transversale. Il est composé par un épithélium cylindrique, par une membrane propre el par une couche assez épaisse de fibres lisses circulaires (fig. 544). L'épithélium est formé par une couche régulière de cellules, qui mesurent environ 40 à 50 & de hauteur et qui sont munies, pour la plupart, d'une garniture ciliée. Les cils de cette garniture sont très longs et peuvent atteindre 20 à 30 &. Ce ne sont pas des cils véritables pour beaucoup d'auteurs, car ils sont dépourvus de corpuscules basaux (GurWITCH, JELENIEWSKI, Fucus).

Tous ces éléments rénferment un diplosome vers lequel peuvent converger les racines du faisceau de poils extracellulaires (GurwITcH) (fig. 545). Ils renferment en outre une différenciation particulière : ce sont des réseaux de filaments fins ou de canalicules anastomosés, situés entre le noyau et le pôle libre des cellules (HozmGREx, Fucns) ; ils sont considérés par HoLMGREN comme un réseau trophospongial en rapport avec les phénomènes nutritifs dont ces cellules sont le siège. Une deuxième rangée de cellules se trouve à la base des éléments cylindriques. Elles ont une extrémité périphérique effilée qui s'en-

FiG. 545. — Canal de l'épididyme gage entre les faces latérales des cellules de l'Homme. : . ,

Rs avan Mt ur adjacentes. Elles sont considérées générale-

pareil cilié. Cellules basales. ment comme des éléments de remplacement

X1-300 env. D'après GEORWITSCH. (KüLrixer, HENLE), bien que certains auteurs

aient décrit de nombreuses mitoses dans les

cellules cylindriques et jamais dans les cellules basales (HERMANN, Hammar,

Hexry). HocmGREx en fait des éléments nulritifs, des « trophocytes », qui

envoient dans le cytoplasme des cellules cylindriques des prolongements

anastomosés, dont l’ensemble est le réseau trophospongial dont il a été queslion ci-dessus.

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