‹ Traité d'histologie (volume 3)Chapitre 34 sur 198 · IE ES · texte numérisé non relu

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la gaine épithéliale externe et y puiser des éléments de renouvellement. Cette opinion est combattue par ScHuLEN, v. E8NER, RANvVIER, REINKE.

B. Remplacement du poil. — Le poil de remplacement commence à se développer au moment où la massue du poil caduc parvient au niveau du collet Es FR folliculaire. « Les auteurs sont encore FU LR re ee, partagés sur la façon dont il faut com- DS | EE prendre la genèse du poil de remplacement aux dépens de l’ancien follicule. Ce poil naît sur l’ancienne papille, disent Lancer, KôLLiker, -v. EBner, Esorr ; il naît au contraire sur une papille de nouvelle formation, soutiennent STEINLEIX, Kceix, STiEpa, FREITAG, Quant à Uxxa GürrTE et RANviER, ils admeltent les deux modes d'origine : le nouveau poil se développe à la surface de l'ancienne papille ou sur une papille de nouvelle formation si l’ancienne a disparu. » (A. BRANCA.) S

D'après les premiers auteurs, l’ancienne papille augmente de volume ; les cellules épithéliales qui l'entourent et celles du cordon cellulaire se multiplient activement et un nouveau poil commence à se développer. Une | couche d'éléments en forme de cône creux se différencie dans TC la masse cellulaire qui surplombe la papille ; elle renferme trois assises de cellules qui se kérati- M, nisent rapidement et qui constituent les trois couches de la gaine interne du poil. Les éléments situés en dehors de ce cône forment peu à peu la gaine épithé-

liale externe; ceux qui sont com- TE a Pas” AMAR à à pris dans son intérieur forment CRÉÉ. 5270 \ les éléments du poil (v. BruNN).

Les autres auteurs décrivent F1. 291. — Poil déhiscent avec bulbe plein

d' : diffé I et poil de remplacement.

une manière différente les Pre- pp. poil déhiscent. — PR, poil de remplacement. —

miers processus qui caractérisent P, pes ee Sp de remplacement. — Ssrerce ‘ À gaines épithéliales interne et externe. — TC, tissu la régénération du poil. Lorsque conjonctif. — M, fibres musculaires striées. — VS, 1 7 . vaisseaux. — $S, glande sébacée. D'après BRANCA.

a massue du poil caduc se trouve P

à l'intérieur du col folliculaire,

la gaine épithéliale externe émet un bourgeon plein qui bientôt s’élargit au niveau de son extrémité, se creuse en cupule et loge dans sa cavité

une expansion conjonctive qui est la nouvelle papille. L'évolution de la

jeune ébauche pileuse se produit comme dans le cas relaté ci-dessus. Les dimensions du nouveau poil sont en rapport avec celles de la papille. Une fois édifiée, l'ébauche de la nouvelle phanère s'accroît rapidement. Sa pointe parvient bientôt au niveau du col de l’ancien follicule, perfore la gaine folliculaire et fait saillie à côté du poil en massue qu'elle remplacera après sa déhiscence.

La régénération du poil se produit donc toujours, après la naissance, aux dépens d'une partie du follicule préexistant. Il ne se forme pas de nouveaux germes pileux aux dépens de l’assise génératrice de l'épiderme adulte. On a décrit toutefois des exceptions à cette règle, et plusieurs auteurs admettent que certains poils peuvent provenir d'un bourgeon épidermique après comme avant la naissance (cils du Lapin, front de l'Homme adulte, GôTre, Hesse, KôLLIKER).

4° Les PoILsS TACTILES. — Beaucoup de Mammifères possèdent des poils qui sont des organes tactiles d'une sensibilité exquise. Tels sont les poils du museau chez le Chat, le Lapin, le Cobaye, le Rat, le Cheval, le Porc, les poils de la membrane de l'aile chez la Chauve-Souris, etc. Leur structure est semblable à celle du poil ordinaire. Ils renferment toutefois un certain nombre de formalions surajoutées. Ce sont : 1° une masse de issu muqueux qui s’interpose entre la gaine fibreuse et la gaine épithéliale externe ; 2° un appareil vasculaire compliqué. L’artère de la papille envoie latéralement des rameaux qui se développent autour de la moitié ou des deux tiers inférieurs de la racine. Ils forment tout d’abord un réseau assez serré dans la région profonde du tissu muqueux, puis un réseau très serré de capillaires élargis, en contact les uns avec les autres, dans la région supérieure de ce même tissu. Cette zone représente un véritable lac sanguin, d’où le nom de poils à sinus sanguins qu’on leur donne quelquefois; 3° un bourrelet annulaire (RENAUT) constilué soit par du tissu muqueux (Lapin, Taupe) soit par du tissu fibro-hyalin (Rat). C'est un prolongement du derme qui prend la forme d’un coin et qui s’interpose entre la moitié supérieure du lac sanguin et la vitrée de la gaine épithéliale. On le désigne sous le nom de « corps conique » (GEGEN- BAUR), dont le sommet dirigé en bas se renfle en une sorte d’anneau qui entoure le poil; 4° une glande sébacée particulière qui se forme aux dépens de la gaine épithéliale externe ; c'est une zone différenciée de la gaine épithéliale externe dont certaines cellules subissent l’évolution sébacée.

Ajoutons encore que les muscles destinés aux poils lactiles sont composés de fibres musculaires striées. Quand ils se contractent sous l'influence d’une excitation quelconque, le poil se redresse et comprime les vaisseaux du lac sanguin; celui-ci se distend par l’affux du sang artériel et comprime les arborisalions nerveuses qui enveloppent la racine du poil et qui sont alors prêtes à transmettre les impressions tactiles les plus délicates.

5° INNERVATION DES POILS. — Les poils sont des organes d’une grande sensibilité. Cette sensibilité est développée au maximum au niveau des poils

tactiles, mais les poils ordinaires jouent également un rôle dans la perception des impressions périphériques (BLascuko, Kiésow). Aussi la manière d’être des expansions nerveuses autour de la racine du poil a- | t-elle faitl'objetdesrecherches d’un grand nombre d’histolo- | | |

md … efficient" à us dt dé ue

gistles (1).

Les nerfs qui aboutissent au poil forment un faisceau de fibres amyéliniques et myéliniques. Elles s’éparpillent près de la base du follicule qu'elles enveloppent de toutes parts.

Parmi les fibres amyéliniques, les unes se développent en un réseau délicat qui occupe la papille ; les autres montent le long de la racine du poil, à la surface de la vitrée de la gaine épithéliale | externe et se ramifient à ce | niveau. Elles ont surtout pour destination les anneaux tactiles externe et interne (Leré- BURE).

Ces formations représentent deux bagues concentriques disposées autour du poil. L'anneau externe (homologue du bourrelet annulaire de Rexaur ou du corps conique de GEcexsaur dans les poils à sinus sanguins), est situé dans le derme, contre la face der-

mique de la vitrée. L’anneau F1G. 292. — Schéma de l'innervation des poils.

interne se trouve dans la gaine A droite,fibres à myéline (FM). -- À gauche, fibres amyé- Re liniques (FR).— RL, réseau de Langerhans.— Tdr.tiges

épithéliale externe. Ils sont droites. — Rm, réseau ou plexus myélinique sous-cer-

: Ce PR vical. — MT, ménisques tactiles. — Tpm, terminaisons situés dans le VOISIBASE du papillaires d'origine myélinique. — Rd, réseau amyé-

LT D Éd)

collet et présentent une forme linique du derme.— 4e, Ai, anneaux externe et interne-

? Ë . . — Sa, Ta, terminaisons sus et infraannulaires. — R ovalaire sur coupe longitudi- réseau amyélinique sous-cervical. — Rp, réseau amyénale. L'un ou l’autre de ces linique de la papille. D'après LEFÉBURE.

anneaux peut manquer, sur-

tout l’externe. Ils sont constitués de cellules volumineuses (cellules sen-

sorielles accessoires) et de terminaisons nerveuses qui occupent les inter-

valles intercellulaires. Bien que le contour des anneaux soit net el régu- (1) GEGENBAUR (1851), STIEDA, SERTOLI, ARNSTEIN, RANVIER, RENAUT, VAN GEHUCH-

TEN, OSTROUMOFF, RETZIUS, BOTEZAT, LEONTOWITSCH, TRETJAKOFF, LONDON, CaAJAL, TELLO, LEFÉBURE, etc.

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lier, on ne peul constater autour d'eux aucune espèce d'enveloppe (Leré- BURE). j

Les fibres nerveuses amyéliniques abordent ces anneaux au niveau de leur région inférieure, se ramifient entre leurs cellules et se terminent par des renflements libres. Un certain nombre d’entre elles peuvent continuer leur trajet et se distribuer dans leS gaines pileuses jusqu’au niveau du col. Elles se terminent dans des régions différentes suivant qu’elles proviennent de l'anneau externe ou de l’anneau interne et forment ainsi les expansions sus-annulaires externes et internes (LeréBuRE). Les premières sont peu ramifiées et s'appliquent contre la face dermique de la vitrée ; les secondes s'enchevêtrent en un plexus plus serré et prennent une direction circulaire au niveau du col ; certains auteurs admettent que ces fibres, au niveau de leur terminaison, donnent naissance à des ménisques tactiles (Borezar). Ceux-ci existent d'ailleurs dans toute la hauteur de la gaine externe (DiETL). |

Les fibres amyéliniques constituent encore, au-dessous des anneaux, des terminaisons dites infraannulaires par Lerésure. Les expansions infrannulaires externes sont les plus développées. Elles s'épanouissent dans le tissu conjonctif de la gaine externe.

Lesfibres myéliniques forment autour du poil un système de ramifications plus important. Les unes se terminent dans la papille et les autres dans les gaines de la racine. Les premières perbi dent leur gaine de myéline, abordent la papille Fic. 993. — Terminaisons nerveuses et Se terminent par des ramifications en anse

colorées par la méthode de lo; entortillées (RuFFINI), ou par des arborisations

ges droites. D'après SczyMo- : v ; È : é

NOWICZ. libres munies de varicosités aplaties (TRETIA- KOFF, KsJuxix). Un certain nombre des fibres

papillaires à myéline perforent la membrane basale et se développent dans les parties de la gaine externe les plus voisines de la papille. Les secondes, les plus nombreuses, s'élèvent sur les côtés de la racine et se dirigent vers le collet. Elles perdent leur myéline à une distance variable de ce dernier, se divisent abondamment, s’enchevêtrent les unes avec les autres et forment un réseau ou un plexus compliqué. Ce réseau ou plexus donne naissance à deux types d'expansions terminales: des ménisques tactiles et des tiges droites. Les premiers, que l’on désigne encore sous le nom de paniers intraépithéliaux (Rurrii), sont logés entre les cellules malpighiennes de la gaine externe, dans toute la région infracervicale. Ils présentent la même disposition que les formations homologues de l'épiderme. Ils peuvent être anastomosés entre eux et certains auteurs admettent même qu'ils sont tous réunis et forment un vaste système continu (Osrroumorr). Leur direction est horizontale, perpendiculaire à la vitrée. « C'est,semble-t-il, une preuve que les éléments nerveux sont soumis et obéissent à une sorte de tropisme, au lieu de subir simplement l'influence de la morphologie des éléments voisins, car, dans l'épiderme, ils sont parallèles à la vitrée, pour être, comme ici, horizontaux »

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(LeréBure). Les tiges droites sont composées de fibrilles assez volumineuses qui se portent vers le collet en suivant un trajet parallèle à l'axe du poil (ARNSTEIN, BonneT, Merkez, HoGGan, Rerzius, elc.). Elles se terminent librement à la surface de la vitrée. Elles sont au nombre d'une douzaine sur les poils fins, de vingt-cinq à trente sur les poils volumineux. Elles se disposent en une sorte de palissade autour du poil (terminaison en palissade »'OsrrouMorF) et ne sont pas réunies par des anastomoses transversales (Lerésure). Leur extrémité supérieure es’ d'habitude terminée par uu épaississement aplali en forme de spatule (fig. 293).

La méthode photographique de Casaz permet de constater que tous les filets nerveux qui se distribuent au poil sont formés de neurofibrilles parallèles noyées dans une substance homogène, l’axoplasme.Ces neurofibrilles se divisent, dans les varicosités, en fibrilles plus ténues qui s'anastomosent entre elles ; l'ensemble de ces dernières forme.une masse plus importante que la fibrille qui leur a donné naissance.

Les arborisalions nerveuses, au niveau des poils tactiles, présentent une disposition analogue à celle qui vient. d’être décrite à propos des poils ordinaires de l'Homme. Elles se distinguent

par la richesse extrême de leurs

‘ + ; __ Fi. 294. — Poil tactile de la moustache du Lapin,traité ramifications terminales, en pe? par le chlorure d'or et l'acide formique. Coupe tangenticulier entre le bourrelet annu- tielle comprenant la membrane vitrée, la gaine

ti ditrés de lù gaine épi- épithéliale externe or GR

à . : n, fibre nerveuse donnant une arborisation, a, sur les théliale externe, et aussi parmi branches de laquelle se trouvent des ménisques les cellules malpighiennes de D SR PARUER cette même gaine. Ces terminai- | sons présentent des ménisques tactiles extrêmement nombreux (fig. 294).

En somme, d’après les recherches actuelles, les ramifications ultimes des nerfs tactiles ne pénètrent jamais dans la gaine interne ou dans la tige du poil. Celle-ci agit donc secondairement sur les terminaisons des gaines externes, soit par un simple phénomène mécanique, soit grâce à une propriélé conductrice des cellules de la lige et de ses gaines. La disposition des ménisques tactiles et des liges droites les rend tout à fait aptes à percevoir les moindres déplacements de la tige du poil; il en est de même pour les arborisations qui s'épanouissent dans les anneaux interne et exlerne. Ce dispositif compliqué des expansions nerveuses dans les gaines du poil permet de comprendre l'extrême sensibilité de ces phanères (trichoesthésie) ; aussi certains auteurs admeltent-ils qu'elles ont pour rôle de percevoir les impressions mécaniques les plus délicates (LEFÉBURE).

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