‹ Traité d'histologie (volume 3)Chapitre 77 sur 198 · II. — STRUCTURE DU CRISTALLIN · texte numérisé non relu

II. — STRUCTURE DU CRISTALLIN

Nous savons déjà que le cristallin comprend: 1° une capsule d'enveloppe; 2° un épithélium antérieur qui représente l’épithélium externe de la vésicule cristallinienne; 3° les fibres cristalliniennes qui forment la masse principale de l'organe ; 4° une substance amorphe qui réunit les différentes parlies du cristallin.

1° CAPSULE DU CRISTALLIN OU CRISTALLOÏDE. — On lui distingue deux parties : l’une recouvre la face antérieure et l’autre la face postérieure du cristallin ; on les désigne respectivement sous les noms de cristalloïde anterieure et de crislalloïde postérieure. Cette distinction est artificielle, mais elle offre un grand avantage topographique pour les anatomistes et les ophtalmologistes. La cristalloïde présente 645 d'épaisseur au niveau du pôle antérieur, 8 & au niveau de l'équateur, 12 y en arrière de l'équateur et 2 y au niveau du pôle postérieur (Ra). Les mensurations données par les auteurs sont très différentes, et ces différences sont probablement dues à des variations individuelles ou aux procédés de fixation employés. La capsule cristallinienne est douée de propriétés élastiques. Elle s’enroule en dehors quand on la déchire, et la déchirure se prolonge très loin jusqu’au niveau de la région équatoriale grâce à son extrême friabilité. Elle paraît le plus souvent anhyste et homogène; cependant, dans certains cas, elle prend un aspect lamelleux, par exemple chez le Cheval et le Renard (RaBL) où l’on peut compter 22 à 26 strates au niveau du pôle antérieur. D'anciens auteurs avaient fait la même constatation sur la cristalloïde de l'Homme (VALENTIN, MensonipEs, FREY, ARNOLD) surtout après macération dans cerlains réactifs dissociants (BERGER, SCHWALBE).

Les opinions des histologistes sur la nature de la cristalloïde procèdent des idées qu'ils se sont faites au sujet de sa structure et de son histogénèse. La plupart des auteurs qui lui attribuent une structure lamelleuse admettent que ces lamelles sont formées de fibres conjonctives. Les histologistes qui admettent sa structure anhyste lui attribuent, les uns une nature connective (HENLE, ARLT, Iwanorr, SERNOrF, LieBerkÜnn, MüLcer), les autres une nature cuticulaire (KessLEer, Van BamBecke). Enfin nous avons vu que certains auteurs (ViaLLeroN, Truc, Damianorr, Van P£e) concilient les deux manières de voir précédentes et considèrent qu'elle est formée par deux

lames : une lame interne, cuticulaire, sécrétée par les cellules cristalliniennes, et une lame externe, conjonctive, formée .par la membrane vasculaire cristallinienne transformée en une couche réfringente et homogène.

2° ÉPITHÉLIUM ANTÉRIEUR. — I] tapisse la face profonde de la cristalloïde

antérieure jusqu'au niveau de l’équateur cristalli-

| nien. Il est constitué par une couche de cellules po-

| | lyédriques, aplaties, larges de 13-22 u (0. Becker),

dont la hauteur est beaucoup plus considérable à la

| | périphérie qu'au niveau du pôle antérieur (9 y à la |

périphérie, 245 au pôle antérieur) (Ras). Elles sont | réunies les unes aux autres par des ponts protoplasmiques (Truc et ViazLeron). Leur noyau est excentrique, il est relégué souvent contre la face interne 6 de la membrane et présente quelquefois des figures caryodiérétiques (0. Becker). Le protoplasme de ces éléments est hyalin, transparent et renfermedes filaments cristalloïdiens (BazLowrrz).

== ICCE

3° SUBSTANCE DU CRISTALLIN, — Les cellules de l'épithélium cristallinien augmentent de hauteur au niveau de l'équateur, atteignent une longueur considérable et s'enû tassent les unes sur les autres en séries radiaires (fig. 354). On trouve ainsi toutes les formes de transition entre la cellule de l'épithélium antérieur et la fibre cristallinienne.

Les plus jeunes fibres cristalliniennes sont concaves en dehors, les suivantes deviennent peu à peu rectilignes, puis concaves en dedans; leurs noyaux dessinent une ligne F1G. 354. — Coupes méridiennes de la région courbe ouverte vers l'axe antéroéquatoriale du cristallin. ; ; Ë A, nouveau-né, — B, vieillard. — ép, épithélium P RÉLÉTIQUE Qu Cri a et ECRR a ‘antérieur. — er, cristalloïde. — n, zone des Situés dans la zone équatoriale. noyaux (D'après Orro BECKER). C'est la « zone des noyaux » de H. Meyer. Les cellules de l’épithélium antérieur continuent à se multiplier et fournissent jusqu’à un âge relativement avancé de nouvelles fibres qui s'ajoutent aux fibres rectilignes du cristallin embryonnaire. Rage a donné à ces dernières lé nom de « fibres centrales », et aux premières le nom de « fibres principales ou fondamentales », parce qu’elles forment la majeure partie de la masse cristallinienne. Les fibres différenciées en premier lieu aux dépens des cellules équatoriales de l’épithélium antérieur sont les « fibres de transition » ou « fibres intermédiaires »; elles contribuent à former, avec les fibres centrales, le noyau du cristallin. D'autres auteurs assez récents, avec certaines divergences dans leur

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