‹ Traité d'histologie (volume 4)Chapitre 10 sur 173 · XIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XIV PRÉFACE

que les livres classiques d'Histologie ont seule adoptée jusqu'ici pour en faire la base de la division des chapitres, et qu'ils ont employée de la même façon que TAnatomie et la Physiologie, est une notion anatomique et physiologique, qui n'a pas de sens histologique et que nous n'avons pas hésité à sacrifier. L'appareil est en effet ce complexe d'organes, pouvant être très différents les uns des autres par leur origine et leur structure, mais rapprochés dans l'espace ou même anatomiquement connexes, et concourant à un but physiologique commun : tels l'appareil de la vision, l'appareil génital, formés de parties, d'organes: la cornée, la rétine, le cristallin ; l'ovaire, l'utérus. Nous prendrons dans des appareils quelconques les organes qui nous paraissent devoir se rapporter à un môme type commun. Ainsi le type «conduit » comprendra aussi bien l'uretère, pris dans l'appareil urinaire, que le canal de Wharton, emprunté à l'appareil digestif.

Cette classification ne nous a pas été dictée par le seul goût frivole de l'originalité et de la nouveauté et par le besoin de changer l'ordre classique. L'ordonnancement nouveau que nous adoptons a une double raison d'être : il est utile et il est logique.

Il est utile, en nous évitant des redites inutiles. Nous montrerons une fois pour toutes le type morphologique concret du viscère creux, sans avoir à reproduire chaque fois, à propos de chacun des organes construits selon ce type, l'exposé des relations qui existent entre l'épi • thélium et le chorion de la muqueuse, l'étude de l'agencement des muscles. Nous n'aurons plus ensuite qu'à examiner brièvement, pour chaque organe rapporté à ce type, les différences morphologiques qui l'en séparent et qu'a déterminées la fonction spéciale qu'il remplit dans tel ou tel appareil.

Notre nouveau dispositif des matériaux d'étude du tome II est en outre logique; plus logique, il est aussi plus pratique, car on n'apprend vite et ne garde longtemps que ce que la raison accepte. Un seul exemple suffira à montrer ce nouvel avantage. L'usage veut que l'étude des divers organes qui forment l'appareil de la vision soit faite dans un même chapitre. Trouvés côte à côte par l'anatomiste, associés synergiquement par le physiologiste, ils ne sauraient être, croit-on, dissociés par l'histologiste. C'est celte dissociation que tout au contraire nous voulons opérer. Quel non-sens histologique plus complet en effet que la réunion classique de la cornée, du cristallin et de la rétine en un même chapitre, et quoi de plus stérile et de plus désastreux pour l'instruction histologique de l'étudiant? On rapproche dans le temps ou dans l'espace, dans une série continue de cours ou dans un même chapitre, des choses qui ne sont que connexes et conséquentes mécaniquement. Et cependant le seul rapprochement autorisé ici est celui fondé sur la forme intérieure, sur la structure semblable. C'est comme si un mécanicien trouvait entre une roue et une courroie

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