‹ Traité d'histologie :Chapitre 1 sur 267 · BOULEVARD SAINT- GERMAIN · texte numérisé non relu

BOULEVARD SAINT- GERMAIN

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PRÉFACE

Le second volume du Traité d’Histologie paraît plusieurs années après le premier, avec un retard assez considérable pour qu’il soit besoin de le justifier. Les difficultés matérielles de la publication ont causé chez les éditeurs du premier volume de longues hésitations, dans lesquelles le second s’est attardé, jusqu’au jour où MM. Masson et Cie ont accepté d’en entreprendre la fabrication et de terminer l’ouvrage. Ils ont tenu à conserver au tome II la perfection matérielle qui distinguait le premier volume. Nous leur en adressons nos bien sincères remerciements.

Ce second tome, exclusivement consacré à l’Histologie et à l’Anatomie microscopique des organes, se différencie peut-être des ouvrages classiques similaires par l’introduction de paragraphes et de chapitres entiers qui ne trouvent habituellement pas place dans un traité d’histologie.

C’est d’abord un résumé embryologique, placé au commencement de l’ouvrage dont il forme le livre Ier. La nécessité de préliminaires d’embryogénie s’imposait. Car c’est l’embryologie qui fournil la matière première aux histologistes aussi bien qu’aux anatomistes ; c’est elle qui, parles processus d’organogénèse, réalise ensuite pour les anatomistes les formes différentes ; c’est elle aussi qui, par les processus d’histogénèse, conduit les histologistes aux structures différenciées. Après avoir construit dans le livre Ier les ébauches des organes de l’embryon, on expose dans ce même livre les «principes généraux d’organogénèse et d’histogénèse conformément auxquels les phénomènes ultérieurs de développement se dérouleront. Puis reprenant dans le cours de l’ouvrage et pour chacun des organes les ébauches obtenues tout d’abord, on trace les grandes lignes de l’organogénèse, et par l’étude plus détaillée de l’histogénèse on parvient à la

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connaissance de l’état histologique de l’organe adulte. Le paragraphe embryologique par lequel débute la description de chaque organe contient aussi des indications sur les caractères généraux de cet organe, sur l’élément dominateur ou spécifique qui le distingue ; car c’est dans la phase embryonnaire que la nature essentielle de l’organe apparaît avec le plus d’évidence, n’étant pas encore masquée par les complications de structure qui se produiront plus tard. Dès les premières lignes d’un chapitre, on peut ainsi prendre une idée directrice sur la structure d’un organe dans ses rapports avec son fonctionnement essentiel. On a cru devoir rappeler aussi, au début de chacune des parties principales de l’ouvrage, les caractères cytologiques fondamentaux de l’élément ou du tissu dominateur qui constitue essentiellement l’organe étudié, sans que, pour avoir la connaissance indispensable de ces caractères, on soit obligé de se reporter au tome Ier, et pour que ce volume d’histologie et d’anatomie microscopique se suffise à la rigueur à lui-même en fait de cytologie spéciale des organes.

L’histologie ne doit pas demeurer statique et se satisfaire dans la contemplation de formes cellulaires inertes et cadavériques. Elle doit se faire dynamique en étudiant les modifications structurales que le fonctionnement naturel et même l’expérimentation produisent dans l’état des cellules et des organes. L’esprit de l’étudiant et celui de tout le monde se refuse à enregistrer aveuglément des formes et des états, s’il ne peut rien entrevoir de leur raison d’être possible. En admettant, avec quelques physiologistes éminents, que la physiologie n’ait trouvé jusqu’ici et ne trouve jamais aucun avantage à s’échanger avec l’histologie, on vient de voir ce que gagne l’histologie en devenant une histophysiologie, et l’on excusera des histologistes d’avoir songé à l’intérêt de l’histologie. D’ailleurs, et à un point de vue didactique, il a paru bon d’associer dans l’esprit de l’étudiant les deux idées inséparables de forme et de fonction, et de rapprocher les deux enseignements de l’histologie et de la physiologie sur le terrain qui leur est commun.

C’est dans une pensée didactique du même ordre qu’on a ajouté à la description histologique normale des principaux organes quelques indications sur leurs lésions les plus caractéristiques. Les états pathologiques ne sont en somme que des états normaux en rupture d’équilibre, produits par l’hyperactivité cellulaire exagérant les structures normales, par le retour de cellules à l’état embryonnaire indifférent, par la lutte de deux tissus constituant normalement un organe et

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dont l’un triomphe de l’autre. La liaison des états histologiques normaux avec les états pathologiques a paru aux auteurs s’imposer comme une condition nécessaire à la formation de la mentalité scientifique du médecin.

Les figures qui illustrent cet ouvrage sont, pour le plus grand nombre, originales. Beaucoup d’entre elles sont dessinées d’après des préparations d’organes humains, qui, provenant d’un supplicié présentent ainsi quelques garanties de fidélité histologique. Pour certaines figures l'exactitude a été obtenue par la reproduction de clichés microphotographiques.

Bien qu’il atteigne des dimensions considérables, ce volume ne vise cependant pas à être complet, ni comme description de faits ni comme information bibliographique. Le spécialiste en matière de système nerveux, d’organes des sens, d’organes génito-urinaires ou de toute autre question ne devra donc pas se montrer trop exigeant sur l’abondance des faits décrits. Quant aux indications bibliographiques, on s’est borné à la citation des auteurs sans prétendre à en dresser une liste complète ; on a renoncé à donner un index bibliographique, qui aurait allongé démesurément le volume, et que l’on peut établir d’ailleurs, soit avec le Jahresbericht d’anatomie en partant des noms d’auteurs, soit avec les Ergebnisse d’anatomie et la Revue d'histologie en partant du titre de la question étudiée.

Le partage de la tâche dans notre collaboration a été le suivant : M. Prenant a rédigé les livres I (Préliminaires embryogéniques), II (Vaisseaux et organes vasculaires), III (Organes de soutien), TV (Séreuses), V (Muscles), VI (Centres nerveux), Vil (Nerfs), IX, Tube digestif (oreille moyenne exceptée), X, Glandes (rein excepté). M. Bouin a écrit les livres VIII (Organes des sens), XI (Glandes germinatives) et les articles oreille moyenne et rein dans les livres IX et X.

Nous avons indiqué déjà, dans la préface du tome Ier de cet ouvrage, les principes qui nous guideraient dans l’arrangement des matières du tome IL Nous nous sommes conformés à ces principes, dans la mesure où ils ne heurtaient pas trop directement les conventions admises pour la division des chapitres d’un traité d’histologie, et nous avouons avoir dû faire à cet égard quelques concessions à l’usage. Ce volume est partagé en plusieurs livres consacrés chacun à une grande catégorie d’organes : exemple les organes de soutien, les organes des sens, les glandes, les glandes germinatives, etc. Chaque catégorie se distingue à la fois par un élément ou tissu spécifique et par une fonction générale. Ces catégories principales d’organes sont fondées

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exclusivement sur une base histologique. Pour les établir aussi rigoureusement que possible, nous avons du sacrifier des rapprochements que les traités classiques d’histologie respectent habituellement, mais que nous abandonnons, parce qu’ils ne sont qu’anatomiques ou physiologiques, et nous avons dû par contre en opérer d’autres que commandaient des analogies histologiques et souvent la communauté de l’origine. C'est ainsi, pour prendre quelques exemples, que les méninges sont rangées parmi les organes de soutien, les organes érectiles décrits avec les vaisseaux, l'oreille externe traitée avec le tégument et l’oreille moyenne avec le tube digestif, etc. Espérant que ce dispositif nouveau ne déroutera pas trop le lecteur, nous avons la conviction qu’il est utile et logique, et n’avons que le regret de n’avoir fait qu’une application timide et partielle par respect des divisions traditionnelles.

A. Prenant.

P. Bouin.

TABLE DES MATIÈRES

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