‹ Traité d'histologie et d'histochimieChapitre 39 sur 50 · S^Bténir pili · texte numérisé non relu

S^Bténir pili

Lés poils (1 ) se développent aux dépens du feuillet corné du blastoderme; ce sont des corps Gliformes, constitués par du tissu épideraiîque inudific, leur structure est assez compliquée. On y distingue (fig. 560l le atr\a (I), dont la plus grande partie est libre et placée en deliors de la pam ; il n termine en pointe à son evtrémîlé supérieure. La partie inlèrieure, h racine, disparait sous la peau et s'y trouve cachée dans une excavatîOB piriforme, nommée le folliade piletix (o); elle s'y termine par un renfla ment ou bulbe terminale {h). Ce dernier porte inférieurcment une eic*» vation infuudihulirormc, dans laquelle se loge une papille qui s'élèveda fond du follicule (i). Entre le follicule et le poil proprement dit se troinv une enveloppe stratifiée, d'une structure plus compliquée; c'est la ^ifM de la racine, que l'on divise en externe (c) et en interne (d).

Nous allons commencer 1 étude du poil par sa partie inférieure: c'fst là, en etïet, que le poil prend naissance, c'est là que l'on trouye ses premiers éléments, et, en partant de ce point, on comprendra plus facilemal les transformations successives qui nous conduiront à l'étude de ta teilurt du poil proprement dit.

Le follicule pileux (a) est le cu1-i(e-sac d'oîi émerge le poil ; il c^t sitÙ obliquement dans le derme ; sa longueur est variable, et, dans les poill longs ql forts, il pénètre presque dans le tissu eonjonctif sous-dermique.

inlei'ne de idle arlife el l'eiaiiiini;r lu micrOEicope. On j observe «loi-» îles proupei de ps»-

lilions graiueuses difpmi^iis autour Jca nojni " ' .- •. - -i—

les OHM avec les au'tca por des pmlongc-

menlfl ^lemont rpinplii de pranukiions

^iuauics. Vircliaw m le prainiitr cette ob-

urvBlîon ; il considAi a tel ligures f (ail<!cg

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On obtient des priïpirsliona où ces cellule* rnmlSdes tont forl ncllcs *pri« xoir Stil inae£rer une irlùre fraîche pendant S4 heures ' ilius uns solution de nilrite d'argent i j^ (Lwghjiti». Beitrâge iwr nermalen tind pnthologuchen Aiialomie der Artaien; Vir- l cliow'i Arcli. f. pntli. Anal. 1806, B. 36, p. ' 187).Ledépaiil'ni^eDtBerjiitdin8lnsub8liinec . inlereelliiUire et ménige lei ecllules. Cellesci sont plilea el présentent de 3 A K pmlongamenls L<galemenl plats. Dana la tunique interne de l'nurte et des groues artères, il y ' ■ plusieurs coDches superpoefea do cea ccllitles, dont tes pruloi^enienti s'eDlre-emisent sous des ailles lari^.

Il est probnblc (|ue les cellules plate» aont placées entre des tnmes mince« analt^ps i de la corui^B, et que ces Innies sont réunies de rnaniJre à former un système d'alrfolei M quant. [Voyei [)lus loin la ncKriplïon da

Sa forme est en général cylindrique ; assez souvent il 8e rétrécit vers ia partie inférieure, où il se termine en cul-de-sac. Sa structure est très-analogue li celle du ctiorion ; il est formé par une masse de tissu conjonctif fibreux, dans laquelle on peut distinguer plusieurs couches, et à laquelle adhère extérieurement un faisceau de lîhresmuscu- Iaireslisses|arrGctorpili ou muscle du follicule pileux (2)]. La couche extérieure du follicule peut être très-mince, ijunnd le tissu adjacent est épais et serré; die se compose de tissu conjonctif, ii direction longitudinale, dans lequel sont plongés des noyaux fusiformcs dirif^és clans le même sens. Ils ont, en otoyennc, de O-.OOSl ù 0-,OOG de diamètre. On trouve dans cette couche un réscnu capillaire assez développé ; on y a découvert aussi quelques nerfs.

La couche moyenne du follicule est ordinairement la plus épaisse; elle a, en moyenne, de C.OISS à O",025 de «liamèlre : elle est formée par du tissu conjonctif non ' développé; on y observe plusieurs couches de noyaux allongés qui rappellent ceux des fibres-cellules contractiles (Kœiliker), sans qu'il ait été possible néanmoins de trouver ici aucun de ces éléments.

Cette couche moyenne commence

au fond même du folltcute, et se termine supérieurement au niveau des glandes sébacées.

Tout le cul-de-sac est culio recouvert par une couche transparente, sans structure (fig. 360, 6; Hg. 361,(/}; elle présente inférieurement une striation transversale très-fine ; on peut la considérer comme une couche modifiée A la limite du tissu fibreux, ou comme une membrane hyaline. Elle résiste, de même que plusieurs autres membranes de ce genre, à l'action des bases et des acides.

D'après les recherches récentes de Wertlieim (3), le follicule pileux ne serait pas arrondi à sa ]>artie inférieure, comme on l'a admis jusqu'à ce jour, et comme le représente la fig. 360-

Fig.a».-

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«Ils; «, »rtiou IrantTer»!

Les couches moyenne et externe se prolongent inférieuremenl en un cordon de tissu conjonctif qui s'élargit à son origine , sous forme de calice, et s'amincit ensuite de façon à constituer une véritable lige. CellMi se recourbe ou bien se prolonge en ligne droite dans la direction du poil; dans Tun et l'autre cas, elle parcourt une distance plus ou moins grande, pour se confondre enfin avec d'autres pédicules semblables, de manières former un faisceau épais de tissu conjonctif.

Au fond du follicule s'élève la papille du poil (i) ; formée de tissu conjonctif fibreux peu développé et pourvu de noyaux , elle doit être considérée comme une papille sensitive modifiée de la peau. Elle est de forme conique ou ovalaire, toujours plus longue que lai'gc (elle peut avoir 0",4î de longueur sur 0"*,H2 de largeur). Elle renferme dans son intérieur un réseau capillaire à mailles serrées (4) ; c'est à ses dépens que le poil « développe et se nourrit.

Remarques. — (1) Yoy. rAnatomic générale de Henle, p. 292, ainsi que son Traité de splnnchnologie, p. 17; Gerlach, loc, cit., p. 557 ; l'Anatomie microsoopiqiie de Kœlueb. vol. II, 1" partie, p. 98, et son Traité d*histologic, 4' édition, p. 144; E. REisssiBit, Xoiinulla de hotninis mammaliumquc pilis. Dorpati, 1853, et son ouvrage : Beitrâge zar Kennlniss dcr Haare. Conlrihulions à V élude des poils. Brcslau, 1854; REiCBEar, dans Zeitschrifl fur klinischc Medizin, Journal de médecine clinique, vol. YI, p. 1 : Letmc, dans Reichert's und Du Rois-Reymond's Archiv, 1859, p. 677; P.Chaivis et NoLEscwnT, dans l'ouvrage de ce dernier : Untersuchungen zur Naturlebre des Nenschena, hukertka sur VhUtoire nçLturelle de Vhomme, vol. VU, p. 325. — (2) Kœlukbr, dans Zeitscfarift f. wiss. Zoologie, vol. I, p. 5t2, et Etlakdt, Obscrvationcs microscopic» de musculis organicis in hoininis cute obviis. Dor|)ati 1850, Diss., p. 21 ; Herle, dans Jahresbericht, Anjiuaire de 1851, p. 40. — (3) G. WERTnEiN, dans Wiener Sitzungsberichtc, vol.L, p..îOS. — (4) Geruch, loc, cit., p. 543.

Le follicule n'étant qu'un cul-de-sac du derme, la gaine externe de la racine (fig. 566, c, et 561, e, f) doit être considérée comme un prolongement du réseau de Malpiglii. On ne sait pas encore au juste à quoi correspond la gaine interne de la racine (fig. 560, dy et 561, c, d).

En examinant l'orifice du follicule pileux, on voit que les couches cellulaires profondes de la piirtie adjacente de la peau descendent dans Tintérieur du follicule, le long de ses parois latérales, pour former la gaioe interne de la racine. Ces couches sont composées de cellules petites, arrondies, pounues de noyaux (fig. 560, c, fig. 561, ^, et fig. 562, r,); leur nombre varie suivant Fépaisseur du poil. Quant aux cellules ellesmêmes, leur diamètre varie entre 0'",0067 et 0'",012. Les cellules de la couche la plus interne sont aplaties, celles de la couche la plus externe sont au contraire allongées, et rappellent celles de la couche cellulaire la plus profonde du réseau muqueux de Malpighi. Nous avons vu que la gaine externe de la racine se continuait su|)érieurement avec les cellules du réseau muqueux de Malpighi (1); elle se continue de même au fond du follicule (fig. 56U, e), avec les masses cellulaires du bulbe (h); cette fusion

SISTËHE PILEUX. «75

a lieu, du moins pour beaucou|) de poils, tandis que dans d'autres la gaine n'atteint pas le bulbe.

La gaine interne de la racine (2) se distingue, par son aspect transparent et vitreux, de la masse opaque de la gaine externe, dont l'épaisseur est du reste plus grande (Og. 360, d, Hg. 561, c, d). Elle se compose de deux couches différentes. La couche celluleusc externe (Hg. 561, d, lîg. 563, a), ou gaine radiculaire de Henle, se compose de cellules allongées, arrondies, verticales, transparentes et dépourvues de noyaux, de Q-.OaS à 0",045 de longueur; entre ces cellules on aperçoit de petites Tentes longitudinales et minces qui, par suite de la consistance cassante de la masse, s'agrandissent rapidement à la moindre pression ou sous rinfluence de la plus petite déchirure. Par sa face interne, cette enveloppe touche à un tissu cellulaire à une ou deux couches, qui a été observé pour la première fois par Huxley ■ (Hg. Ô61, r et 362, b). Les cellules de ce lissu sont également transparentes, polyédriques; dans le sens de la longueur, elles sont plus courtes et plus larges que les précédentes; en épaisseur, leurs dimensions dépassent celles (les éléments de la couche de Henle ((■g.3CI,e, d). Mais il existe un caractère distinctif beaucoup plus important, c'est que les cellules de la couche de Huxley sont pourvues d'un noyau petit et mince, qui rappelle l'aspect que présentent les cellules unguéales lorsqu'elles sont vues de cAté (fig. 154). Vers le fond du follicule pileux, la couche interne de la racine ne se compose plus que d'une seule couche de cellules transparentes et pourvues de noyaux, qui peuvent se

continuer avec les cellules périphéri- '" """' '

ques du bulbe. Du coté de l'orifice du follicule, cette gaine a

VK liunt D'HISTOLOGIE ET ITHISTOCBIIUG.

ce point, elles disparaissent. Comme on a souvent vu cette couche détadm du cheveu et adhérente à la gaine interne de la racioe, on l'a conàdm comme l'épiderme de cette dernière (1) .

Les cellules de la couche interne ont plus d'importance ; elles ne àityt raissent pas à l'oriDcc du follicule, mais continuent à recouvrir lecarpsb poil dans toute sa longueur; elles forment, par leur ensemble, à laeuifact du poil, un dessin transversal particulier. Ces cellules prennent uœ fonu plus allongée dans la partie supérieure du bulbe, et leur position dniol de plus en plus oblique par rapport à la surface de cet organe. Peu à pn elles perdent leurs noyaui, s'aplatissent (flg. 565, f) et setransfonnod en un système d'écaîlles minces, transparentes, fixées obliquement sur k corps du poil (fig. 364, e, /'). Elles ont, en moyenne, de 0',034 à O',045 de diamètre ; ces écaillps sont placées les unes sur les autres, à la manière des tuiles d'un toit, de telle sorte que chaque rangée de cellules recouvre celle qui est placée immédiatement au-dessus, de manière à n'en laisser î découvert qu'un bord très-mince. C'est là ce qui donne lieu à un systànc de lignes transversales minces, onduleuses ou dentelées (fig. 365 et 565, f\, reliées entre elles par d'autres lignes lonf^itudinales, courtes et obliqua, que l'on observe à In surface du poil ; elles forment, par leur ensemble, un véritable réseau (3). Sur le rebord latéral du poil on réussit quelquefois à isoler du corps pileux les bords supérieurs de ces cellules, qui apparaissent sous forme de petites denU. Pour étudier ces cellules épidenniques, on peut les isoler par la soude, et mieux encore par l'acide sulfurique.

Il nous reste enfin à parler de la partie centrale du poil, c'est à-dire it la moelle (5). Elle ne constitue pas une partie essentielle dn poil; elle manque en effet dans les poils du duvet, et souvent aussi on la voit manquer dans un étendue plus ou moins ^prande des chevein. Cette substance médullaire apparaît soib torme d'une strie allongée qui occupe \t tiers ou le quart de l'épaisseur du cheveu (fig. 363 m, «; fig. 365).

Nous avons vu qu'à la limite du hulbe, et à la naissance du corps pileux, les cellulK mr'duiiaire, l'iuirp rn est pri«ë. de la couche corticale S 'allongeaient et commençaient a se transformer en plaques caractéristiqiics; dans cette même région, la moelle présente plusieurs couches de grandes rellules de O^tOlS à O^.OSÎ de diamètre ; leurs bords sonl anguleux (lîg. 565. ki; bientôt elles se dessèchent et perdent leur noyaui. En même temps il se forme dans l'intérieur de ces cellules un nombre considérable de lacunes qui finissent par se remplir d'air; cet air pénètre, sous forme de bulles, qui, vu leur petitesse excessive, offrent Taspect de granulations graisseuses ou pigmentaires (6g. 365, m) ; on les a, du reste, longtemps considérées comme telles. Quand la lumière est vive, elle donne

à la moelle des cheveux blancs un reflet argenté, tandis que, dans les cheveux de couleur, la substance médullaire est colorée. On arrive, à Taide de moyens appropriés, à chasser l'air de la moelle, tout comme on parvient à en débarrasser une section polie d'os ; seulement, par la dessiccation, l'air ne tarde pas à venir remplir à nouveau les lacunes.

Remarques. — (1) Yoy. le Traité de Kœlliker, 3' édition, p. 142. — (2) Quand les rebords supérieurs des cellules épiderroiques sont plus fortement recourbés, les lignes transversales apparaissent plus larges. Dans les cbcveux arrachés, ces rebords se recourbent souvent fortement en arrière vers le bulbe pileux, et présentent alors Taspect de fibres transversales enveloppantes. Yoy. l'Anatomie générale de Hënle, p. 294, et son Rapport annuel de 1846, p. 60. — (3) La moelle est la seule partie du poil sur laquelle il existe encore des divergences notaliles d'opinions. C'est ÇRiFnTH (London med. Galette, i848, p. 844) qui démontra le premier la présence de Tair. Il ne peut plus y avoir de doute à cet égard. Steinun (Henle*s und Pfeul'er's Zeitschrrft, vol. IX, p. 288) considérait la moelle comme, un prolongement de la papille du poil, pénétrant dans le poil et composé de cellules ; ce prolongement, dans les parties mférieures, serait encore vasculaire et pourvu de cellules molles, tandis quo, plus haut, les vaisseaux s*oblitéreraicnt, les cellules se rétréciraient, et les vides ainsi formés se rempliraient d air; la moelle ne serait donc autre chose qu*un reste desséché de la papille. D'après Rbichert, le reste desséché de la papille ne formerait qu'un mince cordon central au milieu de la masse médullaire, et seraiûpar conséquent analogue à Tàme d'une plume. Chez les mammifères, la papille envoie, a la vérité, au milieu du corps du poil, un prolongement semblable qui monte très-haut et qui ensuite se dessèche ; mais, chez l'homme, ce prolongement parait trèsdouteux. La description que nous avons donnée dans le texte est générale; elle est aussi l'expression la plus simple des résultats de l'observation. Il est probable qu'il y a souvent des communications entre les restes cellulaires, ce qui explique le renouvellement rapide de Tair. — Les cellules médullaires furent d'abord aperçues par Meyer (Notices nouvelles de Frorip, vol. XVI, p. 49). A Spiess (Henle's und Pfeufer's Zeitschrift,, 3* série, vol. Y, p. 3) nie l'existence de ces cellules.

Composition chimique des poils. — Les poils sont rangés parmi les tissus cornés, de même que Tépidcrme et les ongles ; on peut, en effet, à l'aide des alcalis, transformer tous ces corps en un mélange de substances albuminoïdes auquel on donne le nom de substance cornée ou kératine. Mais, vu la texture compliquée des poils, ce résultat est encore moins important ici que pour les deux autres tissus, dont la nature est plus simple.

Les réactions microchimiques nous montrent que, dans le poil et ses enveloppes, les cellules récemment formées se composent de matières ulbuminoïdcs (1). Les membranes sont en efl'et détruites par des agents chimiques assez faibles, tels que l'acide acétique et les solutions alcalines étendues ; ces dernières finissent aussi par détruire les noyaux. On observe ce fait pour le bulbe pileux, le follicule, le réseau muqucux de Malpighi et la gaine interne de la racine. Il en est tout autrement pour les couches cellulaires de la gaine interne de la racine et pour la cuticule épidermique du poil (excepté toutefois les parties inférieures de ces tissus, qui adhèrent au bulbe) ; là on trouve en effet une fixité apparente des éléments ; Tacide sulfurique et les solutions alcalines, même à Tétat concentré,

i78 TRAITE D HISTOLOGIE ET DinSTOCDIMIE.

restent pendant un temps assez long sans agir sur ces cellules et ne lei fout même pas gonfler d'une manière sensible ; il est donc évident que CCS cellules ont une composition spéciale. Les plaques cellulaires sèches et cornées qui forment la portion corticale du corps pileux, se séparent facilement les unes des autres sous Pinflueuce de lacide sulfurique. Les alcalis produisent un gonflement de la masse corticale ; en solution étendoe et à chaud, ils la dissolvent.

Ces derniers agents ramènent également à leur forme première les cellules ratatinées de la substance médullaire.

EnGn la couche interne, transparente, du follicule pilleux possède, comme nous Tavons dit déjà, la fixité des membranes hyalines du tissu élastique.

Les poils , préalablement gonflés , se dissolvent dans les solutions de potasse ou de soude caustiques; c'est là, comme nous Tavons fait remarquer, une analogie avec Tépiderme et le tissu unguéal. Quand on incinèrp les poils, on obtient les mêmes résultats d^analyse que pour les deux corp précédents (2). Comme exemple, nous citerons la composition en centièmes trouvée par van Laer.

Az

La proportion de soufre (4 à 5 pour 100) parait très-considérable (3).

On n'a pas encore analysé la matière colorante qui imprègne la substance corticale des poils ; on ne connaît pas non plus la composition du pigment granuleux de ce tissu. La graisse que l'on a extraite des poils, eo quantité variable , semble se composer des combinaisons grasses neutres que l'on rencontre dans les autres parties de l'organisme. Cette graisse est fournie en grande partie par les glandes sébacées.

La proportion de cendres est de 0, 54 à 1,85 pour 100. Outre des sels solubles dans l'eau, on y trouve du phosphate et du sulfate de chaux, de la silice (4) et de l'oxyde de fer (0,058 à 0,090 pour cent). Vauquelîn avait indiqué également le manganèse, mais on n'en a point retrouvé dans les analyses les plus récentes. On a prétendu que le fer contenu dans les poils influait sur leur coloration; ce n'est là sans doute qu'une pure invention.

Remarques. — (1) Pour la partie microchimiquc et Id composition ^n général, voyeib Chimie physiologique de Muldea, p. 570 ; celle de Gorup, p. 593 ; le grand ouTragc de Kœixikkr^ toc. dt^ -^ (2) Des analyses ont été faites par Scherbr (Annalcn, vol. XL p. 55) et VAN Laer (loc, dt,, voL XLV, p. Ii7). Von Bibra (Amialen, toL XCVI, p. S90) obtint, en faisant cuire les poils, un corps impui* qui rappelait la gélatine et qui doit pitK bablement être considéré comme une substance intercellulaire. — (3) Détermination du soufre par van Laer (lod citi, pi 178) et von Bibra (.\nnalen, vol. XCVI, p« 291). — (4) Pour la silice des poils^ voy; Goruf^ dans les Annales, toi. LXVI, pt Sili el clans eoit Outrage, p. 602;

Distribution des poils. — Les poils sont répandus sur presque toute la surface du corps de Thomme (1). Il n'y en a point sur la paupière supérieure, les lèvres, la paume de la main et la plante du pied ; ils manquent également sur la face dorsale de la dernière articulation des doigts et des orteils, sur le gland et la face interne du prépuce. Us offrent, du reste, quant à leur masse, des différences très-considérables, comme le prouve la variabilité de leur diamètre, qui, de 0'",013, peut descendre à 0'",0015, et moins encore. On trouve de petits poils lanugineux, minces et flexibles, et d'autres plus épais et assez roides ; on ne saurait cependant établir de distinction histologique tranchée entre ces deux variétés. Les poils les plus épais sont ceux de la barbe et des parties sexuelles. La longueur de la portion libre du poil est aussi fort variable ; les petits poils lanugineux n*ont en effet que 2 millimètres à 4 millimètres de longueur, tandis que les cheveux dés femmes atteignent 30, 40 et 50 centimètres de longueur. Beaucoup de poils , bien que très-épais, sont cependant fort courts ; tels sont les sourcils, les cils, les poils du vestibule des fosses nasales. L'état lisse ou crépu des poils dépend de la forme du corps du poil, dont la section transversale est circulaire dans le premier cas, ovale ou même réniforme dans le second.

Les poils sont isolés, réunis par paires ou en petits groupes. La direction oblique des follicules donne lieu à des rapports de position différents pour les diverses régions du corps. [Eschricht (2).] Le nombre de poils que l'on trouve sur une môme surface dans les différentes parties du corps, varie d'une manière très-considérable. Ainsi on a compté 293 cheveux sur le vcrtex dans l'étendue de 2 centimètres carrés, et on n'en a trouvé, pour la même surface, que 39 dans la barbe, et 13 sur la face antérieure de la cuisse. (Withof.) Il est inutile de faire remarquer que ces chiffres peuvent varier d'un individu à l'autre.

Les poils se distinguent par leur grande solidité et leur grande Boii-» plcssc. Ils peuvent supporter, sans se rompre, des poids considérables, et quand la force d'extension n'a pas été trop forle, ils reprennent peu à peu leur longueur primitive. Leur consistance sèche et cornée leur permet de résister longtemps à la destruction (cheveux des momies). Us attirent trèsavidement l'humidité extérieure, c'est-à dire la vapeur d'eau répandue dans ^atmosphère. Le bulbe absorbe les fluides des tissus adjacents. Â cette dernière propriété est dû le renouvellement des substances qui entrent dans la composition du corps pileux ; ce renouvellement n'est pas sans importance, comme le prouvent les cas où l'on a observé un changement rapide dans la coloration des cheveux. La pénétration et l'accumulation de l'air dans la moelle coïncide avec un processus de dessiccation i Le corps du poil s'imprègne également de la graisse des folliôules pileux; On peut, cotntne l^a très-bietl diiHenle^ juger, d'après la consistance des poils^

c*cst-à-Klirc d'après leur rudesse, d'une part, et leur aspect souple et brillant, de l'autre, de la structure de ces organes.

La nutrition et la croissance des poils se font de la même manière que dans les ongles (§ 100). Les cellules se multiplient, en se divisant, dans les parties inférieures et plus molles du bulbe pileux ; ce phénomène est entretenu par les substances nutritives que fournissent les vaisseaux sanguins du follicule, et surtout ceux de la papille. On peut accélérer la croissance des poils, comme celle des ongles, en en coupant Textrémité supérieure; c'est pour cela que Ton rase les poils de la barbe. Par contre, quand on ne les coupe pas, et qu'on les laisse croître naturellement, leur dimension atteint une certaine limite. Nous avons vu plus haut que l'ongle peut se régénérer complètement, tant que sa racine reste intacte. II en est de même du poil, aussi longtemps que son follicule n'est pas détruit; cette régénération est très-active au commencement de la vie; mais, plus tard, il y a également formation de nouveaux poils ; en effet, les sujets les plus sains perdent chaque année un nombre considérable de poils, dont la chute est due à la destruction de la racine.

Berthold a étudié en détail les phénomènes de croissance des poils, ainsi que ceux des ongles (3). Les poils grandissent plus rapidement de jour que de nuit, dans la saison chaude que pendant les froids, plus vite aussi quand on les coupe fréquemment. Les poils de la barbe, rasés toutes les douze heures, donneraient, par année, une longueur de 27 millimètres: si on ne les rasait que toutes les vingt-quatre heures, une longueur de 15 millimètres, et toutes les trente-six heures, une longueur de 12 millimètres.

Remarques. — (1) Yoy. Eble, Die Lehre von den Haarcn in der gesammten organiscbeo Natur, Histoire des poils dans la série organique^ 2 yoI. Vienne, 1851 : Hbkle, Analomie générale, p. 505. — (2) Mûller's Archiv, 1837, p. 37, — (3) Id.. 1850, p. 157. Lm indications données pur Engel (Sitzungsberichtc des Wiener Akademic, vol. XIX, p. 340) sur raccroisseincnt par bour^eoniicnient des poils à leur eitrcmité coupée, rt*posent sur une inlerprétalion erronée. Yoy. aussi Fôrster dans Yirchow^s Archiv, irol. XII, p. 5C9.

Développement des poils, — D'uprès la découverte de Valentin (1), qui fut plus tard confirmée par Kœlliker (2), les premiers rudiments des poib se montrent chez l'embryon humain à la fin du troisième et au commencement du quatrième mois ; on aperçoit en premier lieu ceux du front et dos sourcils. Les cellules du réseau muqueux de Malpighi prolifèrent (fig. 566, 6), et forment des amas cellulaires (m) qui ont la forme de massues ou de verrues, et dont la longueur est de 0",045 ; ces amas s'enf(mcenl obliquement dans le derme et le repoussent. Ces cellules augmentent rapidement de nombre et de volume ; leur masse prend un aspect piriforme. On remarque à cette époque une membrane mince, homogène, transparente, <]ui les enveloppe (t) ; c'est elle probablement qui constitue plus tard la couche transparente interne du follicule pileux.

Le derme placé au pourtour de cette membrane se transforme peu à peu, et constitue les parties péripliériques du follicule. Jusqu^ù cette époque du dévcloppemenl , les premiers cléments ^....^^^^^^^^^^^^^^ des poils et des glandes sudoripares (g 200) ^••JBBifiai^MaBp^^H^IS sont tout à fait analogues. SJKf

Au début, toul cet amas cellulaire sem- Ê^^Êt

blait homogène et solide ; mais bientôt ^"^^^^m *

une distinction commence à s'établir n^^^'

entre la partie centrale et la couche péri- ^

phérique. La première forme le poil et Fi^.see.- Première ébauche du poUche.

la gaine interne de la racme ; la seconde un embryon humain de quatre mois.

constitue la caîne externe. Les cellules «,*, coudiez épidcmiiqucs; m,», ceUuie»

- . ,", , , , , ^ du poil embryonnaire; f,envebppe hya-

des games s allongent transversalement, unequi les recouvre.

tandis que celles de la partie centrale du

poil croissent dans le sens de la longueur. Tel est Tétat de développement

du poil dans la dix-huitième semaine de la vie intra-utérine, époque à

laquelle les amas de cellules ont déjà atteint une longueur de O'^^SS à

 ce moment, la masse centrale est élargie à sa partie inférieure et terminée en pointe supérieurement ; elle a donc une forme à peu près conique. Bientôt une nouvelle division commence a s'établir ; la couche corticale de cette masse , qui doit former la gaine interne de la racine, commence à devenir transparente, hyaline, tandis que la partie centrale, destinée à former le bulbe et le corps pileux, continue à garder sa couleur plus foncée. On commence alors à reconnaître la papille du poil ; mais on n'a pas encore expliqué son mode de formation.

Ainsi se trouvent constitués les premiers vesliges du poil proprement dit; il est d'abord court, et pourvu d'une gaine interne très-épaisse, mais on n'y reconnaît pas encore la substance médullaire. Peu à peu le poil s'allonge et pénètre entre les cellules inférieures de Tépiderme, qu'il perfore directement après avoir parcouru un trajet oblique.

Les autres poils se forment d'une manière analogue. A la (in du sixième mois, ou au commencement du septième, tous les poils ont perforé Tépiderme.

Les poils qui se sont ainsi développés sont minces et transparents. Après la naissance, l'ancien poil se détache du follicule qui en engendre un nouveau. C'est encore à Kœlliker que l'on doit la démonstration de cet intéressant phénomène ((ig. 367). On voit d'abord la masse du poil se détacher de sa papille, puis le rudiment d'un nouveau poil prend naissance dans cette dernière, sous forme d'une masse conique (Â, m) ; audevant se trouve placé l'ancien poil, qui a été détaclié de sa base, et qui a pris une consistance cornée jus(}ue dans son bulbe ((/, e). Ce rudiment, d'abord homogène (A), présente ensuite un bulbe (B,/") et un corps (b, h) avec une gaine radiculaire interne (^) ; cette transformation est tout à fait analogue à celle que nous avons appris à connaître pour les pre-

miers poils du fœtus. A celte époque, la gàîne interne de la racine dePancien poil disparaît (B, rf, e) et le nouveau poil, avançant toujours, tinh

par se faire jour près de rorifice du follicule, à côté du premier poil qu'il pousse au-devant de lui ; ce dernier tinil par tomber, et le nouveau poil oaii|ie alors seul le follicule.

Il est probable que chez l'adulte la régénération des poils se fait d'aune manière analogue. On ne sait pas encure si, à une période ultérieure de la vie, tout le poil , avec son follicule et la gaine externe de la racine, est susa'ptible de se reproduire à nouveau. On observe, par contre, des néoformations pathologiques de poils et de follicules qui se développent dans des circonstances singulières. On en rencontre sur les mu- Fig. 367. -Cils «runeniant d'un an avec qucuscs, mais c'cst là un phénomène

forinalion d'uu nouveau poil au fond du Ircs-rarC ; OU CU trOUVC aUSSi SUT la îêCt

A. depré liéricur et B. drgré nUôriour de '"terne dc bcaucoup de kystcs de la

développoincnt. a, paîne exlrnic dc la la- peaU OU de l'ovairC, dont IcS DarOÎS Ont

<^ne; ^, paîn»; inliTHi?; rf, Imlhc rt r, corp!» , . i • » #•

drrancicnpoii; l.plande^ wbam.s;*con- la consistaucc cutanec ct renfenneflt, duiis i.xmHeurb dc«s piaudcs hudoriporcs ; non-sculemcnt dcs poils ct dcs follicultt

c,rul-d«?«>ac iiiriindilmlirnrnic ii la l»ase du , . *

rudiment du nouveau poil m. Celui-ci est SCbaceS, maiS eUCOrC deS glandeS Sudo-

r,:r,rZrL;filJe;l'"; mXet «•«••es (5). La transplantation des immIs,

bulhc A le corpâ pileux b et la pointe A. pOUrVUS dc IcurS foUiculcs, réUSsit pa^

faitement.

On ne saurait dire si les poils se régénèrent à une époque avancée de la vie. 11 est vrai qu'en examinant les follicules, on rencontre très-fréqucniment des poils qui sont destinés a tomber ; ils se sont détaches de leur papille, sur laquelle on peut reconnaître de nouvelles cellules et du pigment. Le bulbe lui-même est décomposé en fibres et présente l'aspect d'un balai; comme le poil entier, il pâlit et a perdu son pigment. Au-dessus du bulbe on remarque un rétrécissement plus ou moins allongé des gaines de la racine et du follicule. Au niveau de ce rétrécissement on peut rencon* trer un petit poil de nouvelle formation ; mais ce fait ne se produit que très-rarement. [Wertbeim (4).]

Remarques. -- (1) Enlwicklungsgeschichtc, Histoire du développement f p. S75. — (2) ZeitscliriA f. ^vis8. 7x)ologic, Journal de zoologie scientifiquey vol. 11, p. 7i .Voy. en outre Sinon, d:ins Mliiler's Ârchiv, 1841, p. 361 ; Steinlin (Henle^s und Pfeufer's Zeitschrift, Toi. IX, p. '288); Reissnek, loc. cit,; Renak, loc» cit. y p. 98, et Lakqer (Denkschrînen der Wiener \kadcinic, Mémoires de l'Académie de Vienne^ vol. 1, II* partie«p«l)«Le$ résultats obtenus par ces derniers observateurs 8*ccartcnt beaucoup de la description quf nous avons donnée dans le texte. — (3) Les poils ainsi formés sont en partie des poik lanugineux et en partie des poils plus épais et d'une longueur considérable. On peut les

trouver détachés dans le kysle, sous fonnc de glomcrules ou de tresse. En examinant l'ovaire , nous verrons du reste que les éléments glandulaires de cet organe se développent aux dépens du feuillet corné du blastoderme, ce qui explique ces productions. — (4) Loc. cit. L\'mteur croit qu*il y a une formation nouvelle complète du corps et du follicule pileux.

Les tissus que nous avons décrits jusqu'à présent se réunissent entre eux d'une manière très-variable, et sous des aspects extérieurs très-divers, pour constituer les diflcrents organes ou appareils du corps. Les organes, dont les fonctions générales sont déterminées par les fonctions particulières des tissus qui les constituent, sont encore bien plus difGciles à classer que les tissus eux-mêmes (g 64), d'autant plus qu'on ne saurait dire d'une manière nette ce qu'il faut entendre sous le nom d'organe. Si Ton compare les différents appareils de l'organisme, on trouve qu'ils diffèrent du tout au tout par leur texture. Quelques-uns d'entre eux sont fort simples, et ne sont constiti|és que par un seul tissu ; tels sont, par exemple, les ongles, le cristallin, le corps vitré. Mais d'autres organes sont formés par la réunion de plusieurs ou même de tous les tissus qui entrent dans la constitution du corps. Comme exemple, il suffira de citer l'appareil de la vision. Nous pouvons donc ici, comme pour la classification des tissus, nous servir systématiquement du caractère de la texture simple ou composée. Mais ici, moins encore que pour les tissus, nous pouvons maintenir rigoureusement ce principe dans toute la série des organes.

Les anatomistes ont généralement réuni les organes du corps en systèmes. On comprend sous le nom de système un ensemble de parties semblables ou de même espèce. C'est ainsi que l'on a formé les systèmes nerveux, musculaire, osseux, vasculaire, etc. On décrit cependant aussi le système digestif, le système de la génération, bien qu'il n'existe aucune analogie de composition entre les différentes parties qui forment le tout. Si donc on compare les classifications indiquées dans les différents traités, on trouve des divergences très-notables (1).

Il serait peut-être préférable d'adopter un principe physiologique comme base de classification de la troisième partie de cet ouvrage, et de suivre l'ancienne division des organes, en organes de la vie végétative et organes de la vie animale. Il est vrai de dire qu'ici encore la ligne de démarcation n'est nullement nette, et que nous trouvons un grand nombre d'états transitoires, ce qui résulte de l'admirable enchaînement de toutes les parties de l'organisme. Ainsi les nerfs et les muscles peuvent faire partie des appareils de la vie végétative , et , inversement , les vaisseaux sanguins et lymphatiques, les glandes, etc., existent dans les organes de la vie animale.

En parlant de ce dernier point de vue, on arrive a réunir un certain nombre d'organes reliés entre eux par une fonction physiologique plus générale qui leur est commune; c'est cet ensemble (jue l'on comprend sous le nom d'appam/. Il peut arriver que les mots système et appareil

484 TRAITÉ D^UISTOLOGIE ET D^HISTOCHUIIE.

désignent une seule et même chose, par exemple les portions osseuses, mu^ culaires etncneuses du corps; mais cefaitn*est pas général. Ainsi, A'ift^ notre manière de voir, il y a un appareil digestif et un appareil respintoire, mais il n'existe ni système digestif ni système respiratoire. Nou? distinguerons donc :

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