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TEXTURE DES GANGLIONS SYMPATHIQUES

qui viennent se terminer dans le ganglion. Un certain nombre d'entre elles vont aux vaisseaux ganglionnaires ; mais on ne peut en conclure qu'elles soient toutes motrices, puisque nous savons (voy. 1. 1. p, 909) que les capillaires eux-mêmes, dépourvus de muscles, reçoivent des terminaisons nerveuses, par conséquent sensitives ou trophiques. Certaines fibres appartiennent vraisemblablement au système cérébro-spinal et d'autres au système sympathique ; il est, en tout cas, impossible de les distinguer histologiquement les unes des autres.

Texture, Usso coB|onctif et vaisseaux des ganglions sympathiques.

— J'ai déjà indiqué que la gaine laraelleuse des cordons sympathiques se renfle pour envelopper les ganglions placés sur le trajet de ceux-ci. Il faut ajouter que la cavité vaginale reste libre sur toute l'étendue du relief du ganglion, lequel se fait, comme Ta dit Ranvier, d'un seul côté; mais elle est parcourue par des trabécules nombreuses fixant le ganglion en place. Les groupes de cellules ganglionnaires se tassent les uns sur les autres de façons diverses dans les ganglions. Dans ceux du sympathique cervical, ou premier et second thoracique du Chien, par exemple (1), certains groupes restent distincts, d'autres non. Les cellules nerveuses entourées de leurs capsules, les fibres nerveuses des deux ordres, les vaisseaux sanguins et le tissu conjonctif semblent constituer un tout homogène, comme si les divers éléments du tissu ganglionnaire étaient plongés dans une masse compacte. De fait, il en est bien ainsi, et c'est pourquoi leur dissociation avec les aiguilles est à peu près impraticable. En efiet, il est facile de voir qu'entre les cellules nerveuses il n'y a pas de tissu conjonctif lâche, mais bien un tissu fibro-muqueux continu au sein duquel sont plongés et marchent les prolongements des cellules, les fibres de Remak.et les fibres à myéline qui, en certain nombre, s'éparpillent dans le ganglion pour le traverser. On voit nettement circuler dans cet embrouillement le réseau caractéristique des cellules fixes de ce tissu connectif.

Dans un tel milieu continu, incompressible, élastique et résistant, le groupement des cellules nerveuses ganglionnaires semble dépendre

(i) Je les cite parce qu'ils peuvent servir avantageusement d'objet d'étude. On les enlève avec les cordons sympathiques sur une certaine étendue en deçà el au delà et, après les avoir fendus aussi exactement que possible dans Taxe avec un rasoir bien tranchant, on les fixe pendant douze ou vingt-quatre heures parla solution d*acide osmique à i pour 100. J'ai ainsi obtenu des ganglions assez bien fixés pour qu'à l'exception de deux ou trois dans une coupe longitudinale, faite sans durcissement au sortir de la solution osmique après essuyage au papier à cigarettes, toutes les cellules fussent exemptes de rétraction. On colore ensuite fortement les coupes, reçues dans Teau distillée et bien lavées, avec la glycérine hématoxylique; puis on traite par l'acide forinique avant de monter dans le baume au xylol après action des deux essences de giroile et de bergamote. Les noyaux des cellules, les capsules et Ieui*fl noyaux, les cellules conjonctives et les fibres nerveuses sont en ce cas facile-: à di<(tinguer dans tous leurs détails.

VAISSEAUX SANGL'INS. 953

de ]a façon dont les rubans de fibres nerveuses se distribuent au sein du ganglion, soit pour s y terminer, soit pour en sortir comme le font toutes les fibres à myéline de passage. Toutefois, la méthode du chroraate d'argent montre quelquefois, par exemple dans les ganglions du Cheval (JuscHTSGHSNCo), une certaine ordonnance définie. Les cellules marginales du ganglion s'orientent, en général, longitudinalement. D'autres forment des groupes très nets, comparables aux groupes coronaires du cartilage hyalin. Les cellules sont rangées comme au pourtour d'une sphère, envoyant vers le centre de celle-ci leurs prolongements protoplasmiques et dégageant au contraire leurs filaments axiles vers la périphérie. C'est par des prolongements protoplasmiques qui, sortant d'un groupe s'engagent dans un autre, que semble se faire la communication de groupe à groupe. La raison d'être de tels rassemblements reste d'ailleurs jusqu'ici inconnue.

Les vaisseaux sanguins des ganglions sympathiques des mammifères présentent des particularités intéressantes qui ont été découvertes par Ranvier (1). Le dispositif vasculaire étant le même dans les cordons sympathiques que dans les nerfs périphériques, celui des ganglions présente un développement considérable du système veineux. Les artères y sont petites et se résolvent en capillaires dont les mailles enveloppent chacune plusieurs cellules ganglionnaires. Au réseau des capillaires font suite des veinules énormes, tortueuses et variqueuses, dont le raccord aux capillaires vrais se fait par des culs-de-sac terminés brusquement en doigts de gant quatre ou cinq fois larges comme les capillaires qui s'y jettent. C'est là un système assurant l'évacuation rapide du ganglion ou déterminant au contraire, au gré des vaso-moteurs ganglionnaires, la turgescence veineuse soutenue du petit centre nerveux. Il ne semble pas que les ganglions sympathiques renferment par contre de vaisseaux lymphatiques. Tous ceux que j'ai pu mettre en évidence chez le Chien appartiennent à la gaine tendiniforme doublée de tissu adipeux du vago-sympathique. Us naissent par de grandes ampoules closes qui viennent s'adosser à la lamelle la plus externe de la gaine lamelleuse, en épousant sa surface revêtue ici, comme on sait, d'un endothélium continu (voy. fig. 709, g, c, p. 8 '5),

€cllalr« ganglionnaires «ympathlques des batraciens. — L. BeaLE (2)

a découvert depuis longtemps, dans le sympathique des batraciens, des cellules qui, de prime abord, paraissent tout à fait différentes de celles des ganglions sympathiques des mammifères : ce sont les cellules unipolaires à fibre spirale, étudiées depuis par J. Arnold (3) et dont

(1) L. IlANvisa, Traité technique iV Histologie ^ 2" édition, p. 703.

(2) L. Beale, On the structure of so called apoiar, unipolar and mullipolar ganglion cells of the frog ( Philos ophical Transactions^ p. i53, 1863.)

(3)J. Abnold, Ueber diefemeren histologischen Verbâitnisse der GangUenzelIen in dera Sympathicus der Froscher (Virchows Archiv,, t. XXXII, p, 1, 1865).

CELLULES A FIBKE Sl'IRALB.

la véritable signification a été dégagée récemment par G. Retzius. Ces cellules (fig. 740) ont chacune la forme d'une massue dont le corps protoplasmique serait la tête et le prolongement nerveux qui s'en dégage directement forme la tige. Vers son extrémité supérieure, le globe cellulaire renferme le noyau. Vers son col, point d'union de la tige

et du corps, il est contourné par une fibre spirale pelotonnée autour de la tige et du col comme un fil sur une bobine. La cellule est munie d'une capsule dont le prolongement, doublé de noyaux endothéliaux, enveloppe la tige qui va plus loin se subdiviser et se ramifier. Un peu au-dessous du col, la fibre spirale se dégage de cette gaine de Henle et poursuit son trajet individuel. Retzius par la méthode du chromate d'argent , et plus récemment Smirnow (1), par celle du bleu de méthylène (fig. 741), ont montré que la fibre spirale ne part pas de la cellule, mais est en réalité un filament nerveux issu d'une autre cellule, qui vient se terminer à la surface du globe cellulaire et sous la capsule par une élégante arborisation terminale absolument comparable à celle des « nids péricellulaires »

ou « corbeilles de K(')lliker».

FonctflonnalKé de* ganglions sympathiques. — Peut-On, SUr

les données qui précèdent, établir, fût-ce provisoirement, le schéma d'un ganglion sympathique et en tirer des déductions capables d'éclairer le mécanisme de son fonctionnement en tant que centre nerveux? Je ne le pense pas. Non plus ici que dans le névraxe, il n'y a tout d'abord point de différences histologiques entre les cellules motrices et les sensitives. On ne peut les distinguer. Toutes sont des multipolaires à peu près du même type, beaucoup moins varié que dans les centres

(1) Smirnow. — Die Struktur dcr Nervenzellen im Svmpallncus iler Amphibien. (Arch. /". mikroshopische Anatomir, t. XXXV, p. i07, 1890).

Fig. 740. — Une cellule ganglionnaire du sympathique de la Grenouille.

c,^, corps de la cellule ganglionnaire; — n, son noyau ; — n\ son nucléole; — n, c, un noyau de l'endothélium de sa capsule; — /i, />, /i, noyaux do la gaine <le He nle'de la fibre droite issue du corps cellulaire : cette gaine e&t le prolongement de la capsule du globe cellulaire; — S, libre spirale, répondant en réalité à une fibre nerveuse qui vas'arboriser à la surface du globe de la cellule ganglionnaire; — g\ h\ gaine de Henle de la fibre spirale; -- A% noyau de la gaine delà fibro spirale.

FONCTIONNALITE DES GANLiLIONS S^YWrATlrlOlJKîs.

cérébro spinaux. Toutes ont des prolongements, axiles ou protoplas iniques, construits sur le modèle des conducteurs différtîriciés des actions nerveuses : c'est-à-dire se dégageant liu coi^ïs de la celluï(3 soos forme de fascicules, formés de fibrilles parallèles entre elles et rassemblées en faisceau comme dans les cylindres d'axe composés. Ce sont donclà, histologiqueraent, des conducteurs, comme l'avait conclu Ranvier en les assimilant complètement à des fibres de Remak. Cette dernière conception n'était pas exacte; mais le fait d'analyse rétait : — naturellement donc il doit subsister.

Sur le trajet des \

fibres nerveuses sympathiques, dont .>^^ un grand nombre ne font que les traverser , les ganglions sont des relais où certaines fibres trouvent leur terminaison, d'où partent d'autres fibres issues des cellules ganglionnaires, et où il se fait conséquemment du mouvement nerveux nouveau. — D'autre part, il s'effectue là des associations de neurones entre eux: non par conjugaison ni mise

en continuité par voie de brancàis tinaytomatique^, que les mêthadt^s actuelles et surtout celle du chromate d'ai-gunt no mettent pas eni ùvldenco, mais par mise en relation au in(»y< ii de ilispo.sitifsi d*ap|iareace terminale: lésa nids péricellulaires >> ou Ic.^ curhrilli's d'etivtdoppement du corps des cellules nerveui^i-s pai' des prolongenieutï^ venus

FiG. 741. — Un groupe tl« tiellulen nerveuse-^ ganglionnaires à fibre siuralo uoloièoi* au bleu île iii(>tUylèi]e (d'après SMtnNtiw), pour mrmtiûr Îi'h rekliorm flfs cellules eiitro t^llr^^ et le rniHlt! <le tennîuaistm ries libres spirales venues d'un*' cellule a la surface tlu Lrlobe de deux autiGii i:ellule?î î^^eiublableis, — (OcliI 3, obj. 8 a, ReicherL^)

a^b^c, cellules {^aiigliuhnniraà ^ — d. f\ di^lributiom de 1^ []bi*ti

issue de la ct-dule i", à. Ui siurfrt'r- du glub^ kn dt^ui ^ulreïi.

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