BOUQUET DE FISCHER - STROMA
minée par un dernier étranglement anaulaire au niveau de chaque segment ilu corpuscule composé, il se dégage une arborisation fibrillaire extrêmement elt'gante dont les branches, plus ou moins nombreuses, pénètrent la substance propre du segment. Elles s'y arborisent dans tous les sens et portent des bourgeons latéraux ou terminaux de dimensions et de formes variables : boutons, bulbes plus ou moins pédicules, disques plats en forme de feuille de laurier ou ménisques ex caves en divers sens, appendus aux branches embrouillées et souvent rédupliquées, mais se projetant ou s'étalant à peu près tous dans le sens transversal^ parallèlement à la surface du tégument et lui présentant ainsi le maximum de surface nerveuse impressionnable. Cette arborisation, dont toutes les branches finissent par des extrémités libres en forme de bourgeon ou de feuille, rappelle un bouquet : c'est le bouquet de Fischer (fig. 784).
Pour se rendre compte des rapports des branches de distribution et des rameaux terminaux du bouquet de Fischer avec les éléments de la charpente conjonctive dans chaque segment, il faut étudier cette charpente analytiquement. Quand, dans le derme fixé par injection interstitielle diacide osmique à 1 pour 100, le liquide a atteint un corpuscule du tact par la voie même que suit sa fibre nerveuse afl'érente, de manière à le développer de dedans en dehors au lieu de le comprimer de dehors en dedans (1), on reconnaît aisément (fig. 782, m, A, h\h") que les « noyaux marginaux » se sont séparés en deux séries. L'une d'elles répond à un revêtement de cellules plates à noyaux multiformes, limitant un petit espace
Fig. 784. — Le « bouquet de Fischer » d'un corpuscule du tact UDisegmentaire vu à peu près dans son ensemble sur une préoaration faite par la méthode de Tor . ( D'après Fischer) .
ce, fibre nerveuse afféronio; '^ibgd^ marche rédupliquée CD arabesque do la lige du bouquet à rinlérieur du cor* pusculc; — g'e^ inflexions en arabesques do cette mémo tige dans sa portion supérieure;— fheg^ disques terminaux et latéraux fournis par la tige du bouquet sur son trajet ou à l'extrémité do SOS branches.
(1) Dans les fragments du derme de la pulpe des doigts deTHomme fixés par Tacide osmique en solution à 1 pour 100, les corpuscules de Meissner sont très bien fixés, mais ils sont en revanche revenus sur eux-mêmea tout comme si Ton avait employé l'alcool fort. Ceci tient à la grande délicatesse de leur stroma connectif, laquelle est tout à fait comparable à celle d'un nodule fibro-hyalin de la gaine lamelleuse des nerfs des solipèdes. On voit très bien la fibre à myéline embrasser en spirale les corpuscule? et se terminer à la surface de leurs segments. On constate aussi l'existence d'une striation transversale entrecoupée, et celle des noyaux marginaux quand on a coloré les coupes avec le picrocarminate ou la glycérine hématoxylique très faible. De plus, dans les coupes' minces, on voit manifestement des portions plus ou moins étendues de Tarborisation nerveuse de Fischer et même plusieurs des disques terminaux de celle-ci. Mais on n'arrive à des préparations tout à fait instructives que
CAVITÉ PBRI-QORPUSGULAIRB. 105'J
que rinjeclion interstitielle a développé et fixé-développé autour du corpuscule du tact. La ligue des noyaux multiformes se continue, sur la fibre nerveuse afférente, avec des noyaux semblables qui sont ceux de sa gaine de Henle. L*autre série répond à des noyaux tous arrondis, engagés dans la substance propre du corpuscule du tact. L'espace développé par Tinjection est parcouru par des trabécules délicats, rétiformes, ressemblant absolument à ceux traversante cavité vaginale des faisceaux nerveux des collatéraux des doigts. De Tait, la charpente du corpuscule est une formation du tissu âbro-hyalin intravaginal, homologue des nodules de soutènement que j'ai décrits plus haut(voy. t. I, p. 317), Elle résulte de Tin trication, dans le sens transversal surtout, d'une série de lames et de faisceaux conjonctifs âbriUaires délicats, qui interceptent un système de loges pour la plupart horizontales et empilées les unes sur les autres comme celles d'un gâteau feuilleté.
Cest dans ces loges que viennent s'étaler les terminaisons nerveuses
pat' une méthode particulière et en somme un peu laborieuse, que j*ai imaginée pour tourner ]a difficulté. — Elle consiste à choisir de préférence, parmi les doigts amputés qu^on veut étudier, ceux appartenant à des membres où existe un léger d^gré d*œdcme (non pas inflammatoire, mais passif et dû à une lésion située à distance). Puis on pratique dans le derme, très superficiellement et dans des points très rapprochés de la pulpe de la phalangette, une série d*iDJections interstitielles d'acide osmique à 1 pour 100 ou de mélange osmio-picrique. On attend quelques instants chaque fois avant de retirer la canule, afin que les parties que Tinjection a déployées au sein du derme soient fixées dans cet état. On achève ensuite le durcissement par l'alcool fort. Au bout de vingt- quatre heures, on peut pratiquer des coupes qui doivent être très minces et bien perpendiculaires à la surface générale du derme, de façon à obtenir des sections sagittales du corps des papilles et des corpuscules du tact qu'elles renferment. On choisit pour Tobservation les corpuscules qui ont été atteints par un jet de Tinjection ayant filé le long de leur fibre nerveuse afierente. On les reconnaît d*emblée parce qu*ils semblent isolés au milieu d'un petit espace vide régnant soit sur tout leur pourtour, soit seulement sur un de leurs côtés. Leur charpente connective, au lieu de former une masse serrée et revenue sur elle-même, paraît constituée sous un faible grossissement par des fibres incolores nattées dans le sens transversal. Dans cet entrelacs, on voit la coupe des fibres amyéliniques qui sont d'un gris foncé et même un certain nombre de disques tactiles se présentant de profil. On colore alors la préparation avec Téosine hématoxylique très faible, qui met en évidence les noyaux des cellules marginales de soutien et les noyaux multiformes de Tenveloppe endothéliale qui bordent la petite cavité, traversée par des tractus plus ou moins nombreux, dans laquelle le corpuscule sembie comme suspendu. Quand j'ai décrit et figuré autrefois les corpuscules de Meissner (Dict, encyclop. des sciences médic, art. Système nsbvbux, p. 472), je n*avais pas imaginé cette méthode; et j'ai pris pour objet de ma description une coupe tangentielle comprenant la surface d*un corpuscule, car on y voit serpenter une fibre à myéline (fig. 13 de l'article précité). G*e8t pourquoi j'avais cru que les cellules de soutènement occupent toute l'épaisseur du corpuscule et n'avais point vu la ligne de cellules endothéliales limitant la petite cavité périoorpusculaire, laquelle n'est autre chose qu'un prolongement de )a gaine de Henle de la fibre nerveuse afférente.