HOMOLOOIES DE L*ORGANE AUDITIF
pigmentée, en regard de répithélium pigmenté de la rétine. La crête auditive principale qui occupe le plancher a été, de son côté, comparée à la rétine. Mais cette comparaison n'a, me semble-t-il, aucune valeur en anatomie générale. La rétine ne peut être comparée qu'avec une autre portion des centres nerveux : le cerveau postérieur tel qu'il est formé, de façon permanente chez les cyclostomes adultes, au niveau du sinus rhomboïdaL Le toit du névraxe est sur ce point réduit à une seule ligne de cellules pigmentées, homologues de celles de Tépithélium pigmenté d'une rétine fœtale. Le plancher, répondant au sinus rhomboïdal, est limité par de hautes cellules épendymaires étirées en fibres dont le noyau occupe le milieu, comme dans les cellules visuelles de la rétine. Entre cette rangée de cellules épendymaires d'apparence sensorielle et la vitrée du névraxe, se succèdent tout comme dans la rétine des formations ganglionnaires continues entre elles et avec Tépendyme. Le troisième œil des vertébrés, (( œil pinéal )>, est lui-même une formation de la région dorsale du névraxe à ce niveau. Voilà quelles sont les véritables homologies du neuro-épithélium rétinien et, en réalité, il n'y en a pas d'autres.
Le neuro-épithélium acoustique ne reproduit pas non plus le dispositif du neuro-épithélium olfactif, auquel Max Schultze l'avait comparé alors qu'il prenait les cellules auditives pour des cellules de soutien, et réciproquement les cellules de soutien pour des cellules sensorielles. Plus récemment, G. Retzius (1) a repris cette même comparaison sur une autre base. Pour lui, comme pour Cajal (2), la cellule nerveuse bipolaire serait l'équivalent d'une cellule olfactive reportée hors du neuro-épithélium et devenue partie intégrante d'un ganglion nerveux interstitiel. Mais, en réalité, il s'agit là de deux éléments anatomiques entièrement différents. La cellule olfactive est une cellule du neuro-épithélium qui, au sein même de ce dernier, a subi deux différenciations majeures distinctes et les a additionnées en elle seule. Elle est devenue par son segment périphérique porteur de cils olfactifs, une cellule sensorielle. En projetant à distance son action propre par l'intermédiaire et selon la voie de son prolongement central (lequel se comporte comme une fibre nerveuse cylindraxile et, pour tout dire, réalise un véritable filament de Deiters), elle acquiert du même coup la signification d'une cellule nerveuse. C'est une cellule épitheliale sensorielle et ganglionnaire tout à la fois. Rien de pareil dans le dispositif acoustique. La cellule sensorielle en dé à
(1) G. Retzius, Die Endigungsweise der Gehôrnerven^ Biolog. Unters. (Neue Folge, 1892).
(2) Ramôn y Cajal, Les nouvelles idées sur la striicture du système nerveux, etc. (trad. française d'AzouLAY, p. 127).