COMPARAISON AVEC LA RÉTINE — MILIEUX DIAGODSTIQUES
reprendre la comparaison de Torgane de rauditioû avec la rétine, on pourra homologuer les cellules auditives aux cellules visuelles et leurs cils sensoriels aux cônes et aux bâtonnets. Les bipolaires des ganglions spiral et de Scarpa deviendront de leur côté les homologues des cellules bipolaires du ganglion rétinien. Les cellules multipolaires des ganglions acoustiques du cerveau postérieur représenteront, dans le dispositif de l'audition, celles du ganglion optique dans la rétine. Ce sont elles, en effet, qui parlent le langage des sons aux éléments de l'écorce cérébrale, et qui en fixent par la répétition la mémoire dans les deux premières circonvolutions temporo-sphénoïdales gauches dont la destruction aboutit, comme on sait, à la production de l'amnésie verbale chez l'Homme. Ces trois éléments majeurs du dispositif sensoriel : cellules auditives, cellules nerveuses bipolaires, cellules auditives multipolaires, sont ici distancés entre eux au lieu d'être rassemblés à courte distance comme dans la rétine.
De même que dans Tappareil de la vision où il y a une partie dioptrique formée par les divers milieux de l'œil, on peut aussi considérer dans l'organe auditif un dispositif en rapport avec la transmission du son, du dehors vers les neuro-épithéliums acoustiques. Le conditionnement de cette transmission s'est fixé par l'hérédité de la façon la plus favorable à l'exercice de la fonction. L'existence de milieux liquides, traversés par les ondes sonores, assure la propagation rapide de celles-ci au neuro-épithélium et en même temps favorise le libre déploiement des parties délicates de ce dernier. Mais à l'inverse de ce qu'on observe dans l'œil, tout est arrangé ici, comme l'a fait observer Hensen (1), non plus pour faire converger avec intensité les ondes vers un point de la surface sensible, mais bien pour modérer l'am plitude, et conséquemment l'action de ces ondes ci sur les cils acoustiques. Tel me semble être le rôle dévolu, dans le labyrinthe primordial
La racine interne ou racine vestlbulaire, formée par les cylindres d*axe des bipolaires du ganglion de Scarpa, pénètrent dans le cerveau postérieur entre le pédoncule cérébelleux inférieur et la racine descendante du trijumeau. Elles gagnent de là le norau à grosses cellules de Tacoustique ou « noyau de Deiters » situé sous le plancher du quatrième ventricule. Elles se divisent également en une branche ascendante et une descendante. La branche ascendante se termine rapidement dans le noyau de Deiters et dans celui deBechterew. Toutefois, certaines prendraient, d'après van Gehughten etRAMÔN Y Gaj AL, une direction horizontale pour gagner le noyau du toit du cervelet. Les branches descendantes, beaucoup plus longues, se réunissent en un faisceau compact (racine descendante de Tacoustique), et vont se terminer par des ramifications collatérales et terminales dans une longue colonne de substance grise située en dedans de la racine descendante. Là, elles Tont se mettre en connexion avec les cellules d'origine de la voie sensitive centrale (van Gbhuûhten, Anat, du syst. nerveux, 2^ édition, p. 516).
(1) Hensen, Zur Morphologie der Schnecke des Menschen und der Sâugethiere (Siebold und Kolliker^s Zeitschr, f, wissensch» Zoologie^ t. XIII, 1863, p. 481).
DlSpaylTlPS D»ETOUFPEMENT DU SON. 1249
des cyclostomes, au mouvement continu, monotone et rythmique des crochets, tel que je Tai décrit chez les Lamproies (1) où j'ai pu Tobsenrer pendant la vie. Chez ces vertébrés où il n'y a ni oreille externe, ni oreille moyenne avec sa chaîne des osselets de Touïe régulatrice de la tension, et conséquemment de l'amplitude des vibrations de l'endolymphe, ce mouvement constant aboutit nécessairement à la modération de l'intensité des ondes sonores parvenues du dehors dans la cavité du labyrinthe. Aussi, l'épithélium non sensoriel perd-il ses cils fascicules dès que commence à se développer le dispositif modérateur extérieur à l'ampoule auditive chez les vertébrés supérieurs. Mais ce qui reste constant, c'est la sécrétion, par certaines parties plus ou moins différenciées de cet épithélium non sensoriel, de la substance gélatineuse de nature cuticulaire qui s'étend en nappe à la surface des crêtes ou des macules acoustiques secon daires, qui prend au-dessus de certaines d'entre elles (par ex. chez les cyprinoïdes) une figuration définie en coupole, et acquiert sa diÉférenciation la plus élevée quand elle devient une « tectoria », projetée comme un étouffoir sur la crête acoustique principale dont elle englue les soies acoustiques dans sa masse molle. Les otolithes eux-mêmes constituent, au sein de cette masse et au niveau des crêtes et des macules acoustiques, une poussière solide relativement difficile à ébranler. Tout est donc disposé pour assurer aux cellules sensorielles du neuro^pithélium auditif des impressions très ménagées ; et cela est en rapport avec les conditions théoriques mêmes d'un bon appareil acoustique, telles qu'elles ont été prévues par Helmholtz (dispositifs d'étouffement du son : Tonempfindungen).
(1) Traité d^ Histologie pratique, 1. 1, p. 564.
^ V46VS\tV Of C^:if
fw