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BOURGEONS INTER-GLANDULAIRES BT COROLLES DES CRYPTES

peau. C'est dans ce tissu demi-modelé, bien que délicat, que les fibres lisses viennent former leurs éventails terminaux et s'insérer sur la paroi des cryptes muqueux. Il résulte de tout ceci qu'il n*y a pas, à proprement parler, dans la membrane interne de l'estomac des mammifères et de la plupart des vertébrés, de derme comparable à la membrane fibreuse qui porte ce nom dans la peau et les muqueuses dermo-papillaires. C'est pourquoi je lui donne le nom de tissu conjonctif de la muqueuse, de préférence à celui de « derme muqueux ».

Bourgeons inter-glandulaires proprement dits et corolles des cryptes. — Au niveau du pylore, che^ le Chien (voy. fig. 861), les bourgeons inter- glandulaires se projettent droit sur la surface générale de l'estomac. Us forment une série de mamelons courts, coniques en figure de dé à coudre. Cela tient k ce que les groupes glandulaires qu'ils séparent sont relativement distants les uns des autres. Cette disposition est moins accusée chez l'Homme, où les glandes sont plus nombreuses que chez le Chien et font suite à des entonnoirs muqueux étroits et cylindriques juxtaposés. Dans les intervalles des glandes du fond, chez le Chien, THomme et encore plus nette^ment chez le Lapin, les bourgeons inter-glandulaires prennent une apparence membraneuse. Ils sont minces, et réunis les uns avec les autres parleurs bases. Ils constituent une série de lames festonnées sur leur bord libre, filant entre les entonnoirs muqueux et les entourant comme des sortes de corolles. C'est pourquoi je les appelle coroZ/e^ des cryptes. Il est, du reste, nécessaire de les distinguer par un nom, à cause de l'importance de certaines dispositions vasculaires (fig. 865) dont ils sont le siège.

Conehe eonnectlYe sons-maqaeiiae ou membMuie eellnlease de

restonMie. — Bien que distinguée par les anatomistes comme une couche particulière de l'estomac, cette assise de tissu conjonctif est en somme une dépendance de la muqueuse gastrique au même titre que, par exemple, Vhypoderme (Besnier) en est une de la peau. Elle est le chemin des vaisseaux sanguins afiërents et efiërents de distribution. Les lymphatiques collecteurs appartiennent au même système que ceux de la muqueuse. Us en gardent le type et consistent en des capillaires lymphatiques énormes. En somme, la couche connective sous-muqueuse est ici, par rapport à la muqueuse de l'estomac, ce qu'est le tissu connectif sous-cutané par rapport à la peau. Plus directement, elle représente la continuation de la celluleuse de l'intestin dans la chambre stomacale.

Elle est constituée par du tissu conjonctif lâche, mais parcourue par des faisceaux résistants qui la traversent dans des directions obliques et entre-croisées entre elles, de façon à rattacher la. muqueuse gastrique au muscle moteur général de l'estomac par une série de

1302 MBMBRANB CBLLULEUSB DE L*ESTOMAC.

liens à la fois très extensibles dans tous les sens, et aussi très résistants. Quand on a fixé l'estomac alors que les muscles étaient encore contractés, tous les grands faisceaux connectifs sont revenus sur euxmêmes et apparaissent ondulés «comme des rubans plissés en zig zags. Mais quand on a fixé la sous-muqueuse développée, par exemple, à l'aide d'une injection interstitielle d'acide osmique à 1 pour 100 ou du mélange de liquide osmio-picrique et de nitrate d'argent, on reconnaît que son épaisseur a quintuplé ou sextuplé. Tous les gros faisceaux conjonctifs, qui auparavant étaient onduleux, sont tendus entre -croisés ; ils forment entre la musculaire muqueuse et le muscle moteur une série de plans entrecoupés. Dans les intervalles de ceuxci marchent les vaisseaux au sein d'un tissu conjonctif lâche ordinaire. Ces vaisseaux ne font d'ailleurs que passer dans la celluleuse pour aller se distribuer plus loin à la muqueuse, et ils ne donnent à peu près point de capillaires au tissu conjonctif. De là, l'absence constante de formation d'îlots adipeux dans la sous-muqueuse gastrique, même chez les sujets les plus obèses. On sait, en effet, que le dispositif vasculaire commandant l'évolution adipeuse des cellules du tissu conjonctif, réside dans les réseaux que j'ai appelés du type limbiforme (1). Or, ces réseaux manquent totalement ici.

Il en résulte que la couche celluleuse, intermédiaire à la muqueuse gastrique doublée de sa musculaire et au muscle moteur général de l'estomac, reste lâche et permet à cette muqueuse de glisser facilement et largement sur le muscle moteur. Cette condition est très favorable, car elle rend plus difficiles les perforations de dehors en dedans, la muqueuse fuyant toujours dans le sens tangentiel. La pauvreté des réseaux vasculaires propres au tissu conjonctif de cette assise, ou même leur manque absolu, semblent également expliquer la facile transformation du tissu conjonctif lâche, presque exsangue, en tissu conjonctif modelé dans quelques circonstances pathologiques. On peut voir alors la sous-muqueuse transformée, sous l'influence de l'irritation chronique, en une couche épaisse de tissu fibreux tendiniforme, translucide et criant sous le scalpel comme le squirrhe. J'ai vu cette altération, portée au maximum, donner à la couche celluleuse plus de 3 centimètres d'épaisseur chez un vieillard du service d'Auo. Ollivier, et s'étendre tout le long de la grande courbure. Elle est plus fréquente au voisinage du pylore et donne alors fréquemment en clinique l'illusion d'un cancer pylorique.

•(l)Voy. t. I,p.230.

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