LYMPHATIQUES DE L'INTESTIN
neux homologue du polygone artériel entourant chaque follicule, et situé en dehors de lui.
S'il s'agit de follicules isolés ou agminés complets, tels que ceux dont les follicules de l'appendice iléo-caecal du Lapin fournissent le type (jSg. 893), des deux polygones vasculaires enveloppants, artériel et veineux, le second seul est situé dans le sinus lymphatique périfoUiculaire ainsi que les vaisseaux afférents des follicules séparés par le sinus. De plus, au niveau du col et de la tête, les vaisseaux sanguins affectent une disposition spéciale. Ce sont des boucles ascendantes qui montent et convergent toutes vers le sommet de chaque tête folliculaire, et qui proviennent des réseaux vasculaires enveloppants du corps du follicule à l'union de celui-ci avec son col. Quant aux ailes folliculaires des plaques de Peyer, et aux points d'infiltration adénoïde diffus de la muqueuse au voisinage ou dans les intervalles des follicules clos, leurs vaisseaux ne méritent pas de description spéciale : le dispositif est alors celui des vaisseaux sanguins du tissu réticulé.
Cireulaiion lymphatique de la paroi de TlntesUa. Chyllfèrea. — Les
vaisseaux lymphatiques de l'intestin répondent aux origines deschylifères découverts par Aselli. Chez les animaux abondamment nourris de graisses, ils charrient, à la fin des péiiodes digestives, une lymphe absolument lactée renfermant non seulement des cellules lymphatiques, mais un grand nombre àe granulations du chyle {ormèes d'un stroma albuminoïde servant de support à chaque granulation et lui assurant sans doute sa constitution figurée (voy. t. I, p. 77). Quand, au contraire, on prive absolument les animaux d'ingesta graisseux (par exemple en les mettant à jeun pendant plusieurs jours), la lymphe des chylifères d'AsELLi redevient transparente comme de l'eau, exactement semblable à celle de la grande veine lymphatique. Les chylifères sont, en effet, la voie principale d'absorption des graisses et celle-ci s'opère, comme nous l'avons vu, au niveau des villosités chez les animaux qui en possèdent, et au niveau des plis interceptant entre eux les fossettes représentant les cryptes chez les vertébrés dépourvus de villosités intestinales (par ex. Grenouille, Triton, poissons).
De bon origine dans l'épaisseur des plis intestinaux ou des villosités jusqu'aux veinules et aux lymphatiques propulseurs contenus dans le mésentère, la circulation lymphatique intestinale est tout entière constituée par de simples voies de trajet. Quand on déploie celles-ci et qu'on les fixe à l'état de déploiement en imprégnant en même temps leurs parois par Tune ou l'autre des deux méthodes que j'ai imaginées à cet effet (1), on peut constater, comme je l'ai déjà
(1) Première méthode: On fait, dans la celluleuse ou dans la couche sous-péri-
CHYLIFERES DKS VILLOSITES INTESTINALES. 1409
indiqué depuis longtemps (1), que tous les lymphatiques de l'intestin répondent à des capillaires. Tout aussi bien dans les villosités que dans les espaces inter-glandulaires, dans lacelluleuse, dans les plans inter-musculaires, dans la traversée des muscles et au niveau des sinus larges et compliqués entourant la base des follicules clos, il s'agit de simples trajets creusés dans le tissu conjonctif, dépourvus de paroi propre différenciée et simplement limités par Tendothélium caractéristique découpé en jeu de patience. Les premiers lymphatiques valvules apparaissent seulement dans le mésentère, et cette règle ne comporte point d'exception.
A. — Lorsque les villosités intestinales sont individualisées, digitiformes ou renflées en massue et pédiculées comme chez l'Homme, le Chien, le Chat, etc., chacune d'elles renferme ordinairement un seul chylifère central prenant son origine par une ampoule close, comme l'avait indiqué Teichmann. Quand elles sont lamellaires, semilunaires arrondies, comme chez le Rat, ou festonnées sur leurs bords comme chez le Lapin, l'Ecureuil, etc., elles renferment plusieurs capillaires lymphatiques, communiquant irrégulièrement entre eux par des branches de calibre variable et formant un petit réseau également clos. Qu'il s'agisse d'une ampoule terminale unique ou d'un réseau, dans les deux cas les lymphatiques sont entourés par les fibres musculaires lisses de Brùcke,qui leur constituent un filet contractile. Par ce moyen, ils se vident comme le fait une glande de son contenu. La villosité est comparable à une glande dont les cellules à plateau strié constituent l'épithéliura sécréteur et le chyli fère central le canal excréteur. Le fait est évident en particulier pour les graisses. L'absorption intestinale n'est pas, en effet, un simple phénomène de diffusion. L'épi thélium modifie au passage les éléments qu'il absorbe, et les restitue au milieu intérieur sous une forme toute nouvelle. 11 réalise ainsi, et au premier chef, les complexes opérations d'une sécrétion interne et non pas une pure dialyse.
Les lymphatiques efférents des villosités lamelliformes se rendent dans une ampoule collectrice de grande dimension, ovoïde et transversale, qui n'est nulle part plus régulière qu'à la base des villosités semi-lunaires de l'intestin grêle du Rat. Mais cette ampoule existe à
tonéale, une injection interstitielle d*eau distillée ; puis on pousse par la canule laissée en place une solution de nitrate d'argent à 1 pour 100 et ensuite on arrose l'aose intestinale d*alcool fort, puis Ton achève le durcissement par Talcool. — Deuxième MÉTHODE : on fait directement, ou mieux après injection interstitielle d'eau distillée, une injection interstitielle du mélange osmio-picrique et de la solution de nitrate d'argent. On achève le durcissement par l'alcool. L'inclusion dans la paraffine et les coupes en série n*altèrent pas sensiblement les imprégnations.
(1) J. Rbnaut, Cours (Tanaiomie générale de la Faculté de Lyon^ 4 décembre 1882.
UlO RÉSEAU LYMPHATIQUE DE La CELLULEÙSE INTESTINALE.
la base des grandes villosités digitiformes chez le Chien, où j ai pu la développer par le mélange de liquide osmio-picro-argentique. Quand les villosités ont un pédicule mince, leur chylifère présente un renflement moins important. Puis, il descend dans la couche glandulaire et communique avec le réseau lâche des grands trajets intertubulaires.
B. — Dans le gros intestin où il n'y a plus de villosités, ce réseau existe seul; mais chaque bourgeon court in ter-glandulaire renferme une ampoule, ou un capillaire lymphatique soit effilé, soit disposé en anneau de clef. Au sein des replis muqueux formant les calices des follicules clos de l'appendice iléo-cœcal du Lapin, circulent des capillaires lymphatiques énormes, communiquant irrégulièrement entre eux tout autour des têtes des follicules et présentant des diverticules, des culs-de-sac courts ou longs, dont quelques-uns rasent souvent sur de larges surfaces la ligne d'implantation de Tépithélium cylindrique qui tapibse le pli muqueux du calice. Il part de là des lymphatiques efférenls qui contournent les ailes folliculaires ou traversent droit leur tissu réticulé, pour s'ouvrir dans le sinus péri folliculaire. Dans l'intestin grêle de THomme, les lymphatiques des calices des follicules agmines en plaques de Peyer se comportent d'une façon analogue.
C. — Partout où il n'y a pas de follicules clos isolés ou agminés, les capillaires lymphatiques superficiels percent droit la musculaire muqueuse et se jettent dans le réseau lymphatique planiforme de la celluleuse. C'est sur, ce point qu'on trouve, en particulier chez le Lapin, des lymphatiques réguliers méritant le nom de capillaires plutôt que celui de trajets lymphatiques (fig. 894). lisse disposent dans le plan des vaisseaux sanguins, forment aux artères des satellites simples ou doubles, ou repliés en manchons sous forme de pseudogaines lymphatiques, mais non le plus souvent des gaines vraies. Celles-ci existent surtout autour des vaisseaux artériels et veineux dans leur traversée des sinus périfolliculaires. Tous les lymphatiques de la celluleuse ne sont pas d'ailleurs des capillaires de calibre régulier. Ils présentent des bourgeons clos en doigt de gant ou en pointes effilées, des renflements et des rétrécissements successifs ; et ils communiquent irrégulièrement entre eux, ici comme dans tout réseau de trajets ou de capillaires lymphatiques.
D. — Du réseau de la celluleuse partent une série de trajets lymphatiques intra-musculaires, qui trouent obliquement ou droit les deux assises du muscle moteur en communiquant entre eux dans leur épaisseur par des anastomoses transversales. Ces lymphatiques, fixés-déployés et imprégnés d'argent dans l'intestin du Chien ou du Lapin, se montrent en certains points avec une lumière large. Sur d'autres, ils apparaissent plissés en lanterne vénitienne dans une
LYMPHATIQUES INTRA-MUSCULAIRKS — BOYAUX BKFBRENTS.
étendue plus ou moins considérable de leur trajet. Ces plissements répondent aux points où Tinjection interstitielle a saisi le muscle en pleine contraction ou la fait contracter. Les lymphatiques sont ici toujours transversaux ou obliques: les muscles agissent donc non pour aplatir, mais pour raccourcir les canaux lymphatiques qui les traversent, et évacuer ainsi leur contenu dans les lymphatiques souspéritonéaux.
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FiG. 894. — Paroi de Tintestin grêle du l^pin préparée par la métho<le indiquée dans la note de la page 1408.
A, arlèro entourée de deux grands capillaires lymphatiques salelliles /,/; - V, veine; — »c,rr, capillaires sanguins; — /', grand capillaire lymphatique indépendant; — wi,fw, fibres musculaires listes d'i muscle muteur ioleslinal, «lont les limites sont marquées par Timprègnation de nitrate d'argent.
(On voit par transparence, sous forme de cercles, les coupes optiques des glandes en tube de )a muqueuse. I/inleslin a été disposé la fo'e péritonéale en haut.) — lOcul. 1, obj. S de Vàrick, chambre claire.)
E. — Ceux ci forment, dans la couche de tissu connectif lâche qui double le péritoine viscéral, un réseau planiforme et noueux d'énormes capillaires lymphatiques. Ce sont là les véritables ôoyau.r efférents du système lymphatique de Tintestin. Ils se déversent dans les veinules lymphatiques et les lymphatiques propulseurs mésentériques, seuls munis d'une paroi distincte, seuls valvules et représentant ici, par rapport aux capillaires, un système de vaisseaux tout h fait distinct et de signification morphologique différente (1).
(I)Ranvier, Comptes rendus de VAcad.des Sciences, ^p. 92 \, 970 et 1038, i896.