Q{)Q COL DU CORPUSCULE DE MALPIOHL
et les vapeurs osmiques le coagulent en une masse d'apparence colloïde, que le dernier de ces réactifs brunit légèrement et qui ressemble fort à un caillot de lymphe. En est-il de même dans le corpuscule de Malpighi du rein définitif? — Jamais dans l'état normal. Dans la néphrite typhoïde, j'ai fait voir (1) que le glomérule lance dans les tubes contournés un liquide albumineux et même spontanément coagulable, colloïde, origine de la majorité des cylindres colloïdes qu'on trouve alors en abondance dans l'urine. Dans les préparations faites avec des fragments du rein normal enlevés sur le vivant et fixés par n'importe quelle méthode (solution saturée de sublimé, alcool absolu, solution osmique à 2 ou même 4 pour 100), la cavité de la capsule de Bowman ne renferme rien. Elle parait vide. En réalité^ elle était occupée seulement par de l'eau chargée de sels mioéraux et de substances solubles non protéiques. Ce simple fait permet d'écarter la théorie qui admet que l'urine est d*abord filtrée albumineuse, puis débarrassée de son albumine en vertu d'une reprise de celle-ci faite par répithélium des tubes contournés.
Col du corpuscule de Maiptsbi. — La câpsule de Bo^mau s'ouvre dans le tubule contourné correspondant par un col rétréci, représentant exactement l'entonnoir cilié du rein wolffien des cyclostomes. Immédiatement au-dessous de ce rétrécissement, — qui même dans un rein wolffien est indicateur de l'état adulte de l'infundibulum, — le tubule prend son diamètre régulier. Puis, sur un court trajet, il marche en droite ligne ; après quoi, il commence à se contourner. Dans cette portion droite, il représente morphologiquement l'infundibulum du rein wolffien primitif dont l'attitude, par rapport k l'abord du glomérule pectine, est comme on sait déterminée (transversale). Sa lumière est circulaire, bordée par un rang de cellules prismatiques qui ne sont ciliées k aucun stade et dont la zone infra-nucléaire montre la striation de Heidenhain, mais qui toutefois diffèrent des cellules épithéliales du reste, du canal contourné. Sur leur ligne d'implantation, elles sont limitées par des bords très sinueux (fig. 953). Si bien que, dans un rein dont on a injecté les vaisseaux avec une solution de nitrate d'argent sous pression, de manière à faire diffuser le liquide dans la capsule et de là dans les tubes contournés, le rang des cellules prismatiques de toute la portion du tube répondant au col semble doublé par un endothélium lymphatique, continu avec l'endothélium pariétal de la capsule de Bowman. Il ne s'agit, en réalité, que de Timprégnation du ciment polaire de 1 epithélium sur sa ligne de base. Au delà de la région courte et rectiligne du col. ce même ciment polaire est indiqué par des traits moins sinueux répondant aux interlignes cellulaires. Quant au
(1) J. Renalt, Observation pour servir à Thistoire delà néphrite et de réclampsie typhoïdes (Arch. de physiologie j 1881).
TUBES CONTOURNES.
ciment occupant les plans-côtés des cellules épithéliales, il réduit difficilement ou point du tout le nitrate d'argent ; c'est un ciment interstitiel.
^^rt^
Fio. 953. — Une artère inter-lobulaire du rein du Lapin dans ses rapports avec un corpuscule de Malpighi. — Imprégnation de nitrate d*argent et fixation à l'état de distension par le procédé indique dans le texte. — Faible grossissement ; chambre claire.
A, artère interlobulaire : son endothélium et ses muscles lisses m ont été imprégnés régulièrement de nitrate d*argent; — a, artériole glomérnlaire afférente : elle montre son endothélium, et sa couche conliauode fibres musculaires lisses régulièrement imprégnés d'argent; — 6,c, deux autres branches glomérulaires afférentes répondant à des corpuscules de Iklalpighi qui n'ont pas été dessinés; — p, glomérulo, où l'argent n*a dessiné sucun endothélium et où les noyaux se sont marqués par Teffet do la « teinture d*argent »; — c, capsule du corpuscule de Malpighi; — f, col du tube contourné répondant à ce corpuscule; — «, e, imprégnation de son revêtement épithélial se continuant sur Ja paroi capsulaire.
II. Tabès coatoamés oa •éerétears (tabull coatortl). — Le tube
contourné fait suite au tubule du col et se continue avec lui à plein canal. Les tubes, tubules ou canalicules contournés (tubuli contorti), se courbent et se recourbent de mille manières. Ils s'emmêlent les uns avec les autres de façon inextricable ; c'est ce qu'on a appelé le « labyrinthe » du parenchyme cortical du rein. Dans toute l'étendue
EPITHELIUM DES TUBES CONTOURNES.
du labyrinlhe (fîg. 954), les intervalles des tubes contournés sont exactement occupés par les capillaires sanguins; il n'y a là ni tissu conjonctif développable, ni vaisseaux lymphatiques. Les tubes et les vaisseaux qui les relient forment un tout indissociable. Par aucune
méthode de dissection, Ton ne r^v. '';^^* peut isoler, dérouler et étaler î sur un plan un tube con-
[^ ^''i tourné.
L'épithélium repose sur une vitrée continue et sans structure. 11 est formé d'une seule rangée de cellules plus hautes que larges qui, fixées par l'alcool fort, paraissent comme une bande granuleuse indivise. De là, le nom d' « épilhélium trouble » ou d' « épithélium granuleux a qui lui a été donné d'abord.
La forme de ces cellules est assez compliquée. Leur base d'implantation sur la vitrée n'est pas polygonale, mais festonnée à la façon des cellules de l'endothélium des capillaires lymphatiques.
C'est ce qu'on voit aisément après avoir imprégné les ciments intercellulaires par une injection argentique (mélange picro-osmio-argentique , de préférence) poussée par l'artère rénale (voy. fig. 953).
Cette particularité de forme avait été vue par Ludwig et Zawarykin (1) ; ces auteurs en avaient conclu que chaque tube contourné est plongé dans un espace lymphatique ; mais j'ai montré avec Hortolès (2) que ce dessin endothéliforme est bien différent et tout à fait indépendant d'un endothélium lymphatique, et qu'il appartient en réalité à l'épithélium des canalicules. l^s faces
Fig. 954. — Coupe parallèle à la surface du rein du Lapin, dont les vaisseaux sanguins ont été injectés par une masse à la gélatine et au bleu de Prusse. (Purpurine, alcool, essence de girofles, essence de bergamote ; résine Dammar.)
vÇf vaisseaux d'un gloinérule, con&tituant un réseau bipolaire artériel; — i^t^r, rapillaires intertubulaires; — r, coupe transversale d'une branche artérielle interlobulaire; — /,f, veines interlobnlaires répondant ù cello artère; — t^ tubes contournés.
(1) LuDwiG et Zawarykin, Zur Anatomie der Nieren (Wiener Sitsungsberichte d. h, Akad. der Wissemchaflen, Bd. XLVIII, Abth. 2).
(2) Hortolès, Étude du processus histologique des néphrites (thèse de Montpellier, 1881.)
laieraies aes ceuuies ne soni, par consequeiii, pas piaiies, mais parcourues par des cannelures alternativement saillantes et rentrantes, longitudinales, par lesquelles les cellules voisines s'engrènent étroitement. Pour KoLOSSOW (1), les cellules sont même réunies les unes aux autres par des ponts intercellulaires, comme d'ailleurs, d'après cet auteur, les cellules de la plupart des épithéliums. En réalité, sur une coupe de tube contourné, même après une fixation et une coloration parfaites, les limites latérales des cellules, surtout dans leur partie infra-nucléaire, sont souvent peu distinc les et marquées par des lignes très fines.
Une section trans- ' versale (flg. 955) de tube contourné montre de 5 à 8 ou 10 cellules épithéliales.
La lumière du tube est plus ou moins large; elle affecte une forme variable, circulaire, étoilée, elc; ât ces variations , aiasi que les variatiotis de hauteur de chaque cellule, sont en rapport, comme nous le verrons, avecl'étatdeplus ou
moins grande activité de rêpithélium. Va\ tout cas, cette lumière d(ât être» sur un rein normal oL bien fixé, absolument libre; on ne doit y voir aucun détritus, aucun précipité. Dans \e cas contraire, on est en présence d^altérations épithéliales pathologiques ou dues à une technique défectueuse. L'épi thélium des tubes contournés est, en effet, essentiellement vulnérable (2).
Fjg. 955, — Coupe d*\in tube coutouine du rein du ChieiK Fixation : mélange de chloroforme, d'alcool el Hcîde acélique. Coloration par rhématoxyline à i*alun feniqueet inbine- {ZcIrb, obj, apoebr. à imm.2"'°^, Ocul,6,) La sécrétion oritiai re est à son maximum; répitbéliam est bas et la iumièie large. {D'après Saubr.)
n, noyau; — f^ <fart^is prûloplasmiiîtie sui*' dea C4llal«« épjtîi^l3RÏ«s du luhe conlonmt»; — h^ bordure on brosae.
(1) Kol-ossow, Rine U d teraachu nga m et 1 iode de% Kpithelgewebes (Arch f. mikr. Ânaî., Bd. LU, lfi98).
(2) La technique bistologique, en ce qui concerne le rein, est des pïus JéHcates, SAtrCB a tait une étude mlnutieus^e de Taction de^i fïtateui-fi les plu^ usilëâ âur Tépi* tbidlium des tubes contournés^ L*alcoul donne de trè» mauvais résultats; le liquide de Miiller en donue de mauvais ; le^^ solutions diacide o^mique, les mélanges de Flemming* et ii'[îein«anDf le Rublimé, ek^ ^<^^^ à rejeter. Sauer donne la préférence au mélange de van Gehucliten (akool absolu 30 voK. chloroforme 30 vol.^ acide acétî^u^ 10 vol.), il r alcool nitrique et au liquide de Përényl. Lu durée de la Qiation
1610 NOYAU, PROTOPLASMA DBS CELLULES BPITHÈLIALES.
Le noyau occupe la région moyenne de chaque cellule ; il est, en général, parfaitement sphérique, parfois légèrement échancré ou irrégulièrement arrondi. Le carmin et l'hématoxyline le colorent faiblement, à la façon des noyaux des éléments cellulaires hautement différenciés. L'hématoxyline ferrique de Heidenhain lui donne une teinte enfumée, diffuse, sur laquelle tranchent quelques grumeaux chromatiques qui doublent comme une croûte discontinuelamembrane nucléaire. Il est exceptionnel de rencontrer deux noyaux dans une même cellule.
Le protoplasma, dans toute l'étendue des tubes contournés chez les mammifères, dans certaines parties seulement chez les batraciens, est remarquable par une striation longitudinale découverte par Heidenhain (1874) et diversement interprétée. Pour Heidenhain (1), qui étudiait les cellules épithéliales dissociées après avoir fait macérer des fragments de rein dans du bichromate d'ammoniaque ou du molybdate d ammoniaque à 5 pour 100, le protoplasma est décomposable en un grand nombre de bâtonnets parallèles, cylindriques et très fins, qui traversent la cellule suivant sa longueur, inclus dans une faible quantité de protoplasma amorphe. Lorsqu'on voit la cellule par un de ses pôles, les bâtonnets sont représentés par des grains correspondant à leur coupe optique transversale. Les bâtonnets reposent sur la membrane propre du tube, s'élèvent en entourant le noyau et finissent dans la zone supra-nucléaire, laquelle est formée de protoplasma granuleux non différencié. Telle est la conception de Heidenhain, devenue bientôt classique. Les progrès de la technique histologique l'ont remise en question : Rothstbin (2) pense que la striation est due à des chapelets de grains, disposés en séries linéaires suivant la hauteur delà cellule et reliés entre eux longitudinalement, dans chaque série, par un filament protoplasmique. Deux filaments à grains alternants, contigus.
doit être déterminée par des essais préalables. La déshydratation, le passage par le xylol et Tinâltration par la paraffine doivent être minutieusement faits. Gomme coloration, il conseille Thématoxyline ferrique (méthode de Heidenhain), et la fiichsine acide (rubine S) employées successivement. La rubine S a une élection colorante spécifique sur la bordure en brosse. Deux de mes élèves, Rsgaud et Barjon, ont récemment vérifié Texactitude de la technique et des résultats indiqués par Saurr (Neue Untersuchungen iiber das Nierenepithel und sein Yerhalten bei der Harnabsonderung, Areh. /". mikr. Anat,, Bd. XLVI, 1895).
La vulnérabilité des épitbéliums rénaux pendant la vie, leur désintégration rapide après la mort, sont des notions courantes. L'anatomie pathologique humaine fine du rein en est rendue très difficile, presque illusoire. Un fistit donnera une idée de ce genre de difficultés : Tusage du chloroforme pour tuer les animaux altère sensiblement les cellules des tubes contournés, et particulièrement leur bordure en brosse.
(1) Hbidbnhain, Mikroakopiscbe Beitrâge zur Anatomie und Physiologie der Nieren (Arch. f, mikr. Anat., Bd. X, 1874.)
(2) Rothstbin, Zur Kenntniss der Nierenepithels (cité d'après Saubr) {Biologiska Fôreningens Fôrhandlingaty Stockbolm, 1891).
donnent sous un faible grossissement 1 illusion d un bâtonnet à bords rugueux. Saoer, élève de Heidenhain, s'est rallié à cette opinion, qui me paraît acceptable. Lorsqu'on traite le rein par la méthode deGolgi- Gajal, le chromate d'argent se réduit en brun sur les cannelures longitudinales dont est striée extérieurement chaque cellule des tubes contournés. Partant de là, Bôhm et Davidoff (1) puis Landauer (2) attribuent la striation de Heidenhain exclusivement à ces cannelures, mais à tort selon moi. Par sa méthode de coloration à Tacide osmique et au tanin, Kolossow a bien mis en évidence la striation grossière que les cannelures peuvent donner à la cellule ; mais je pense que les stries intracellulaires, beaucoup plus fines et faciles à observer, existent certainement : soit qu'elles soient formées de bâtonnets continus, comme le soutient encore Heidenhain (d'après Sauer), soit qu'elles consistent en grains séparés et alignés, comme le prétend Rothstein. Je ne fais que mentionner la théorie granulaire qu'Ai.TMANN et ses élèves ont appliquée au rein. Elle me paraît, en effet, simplement démontrer qu'au moyen d'une certaine technique, on peut décomposer en grains colorables (bioblastes) le protoplasma des cellules des tubes contournés, comme celui de beaucoup d'autres cellules glandulaires.
La signification physiologique de la différenciation protoplasmique qui constitue les stries d'Heidenhain* n'est pas complètement élucidée. Il s'agit là, vraisemblablement, d'une édification protoplasmique jouant un rôle soit dans la sécrétion, soit plutôt dans les mouvements intérieurs de la cellule, et comparable aux fibrilles contractiles d'une cellule musculaire lisse ou mieux aux radiations protoplasmiques ^granuleuses qui partent des centrosomes dans une cellule en voie de karyokinèse. Les cellules épithéliales des tubes contournés ne sont pas les seules possédant cette différenciation protoplasmique fibrillaire : on sait que les canaux excréteurs des glandes salivaires sont aussi tapissés par des cellules striées, et R. Kradse (3) a soutenu récemment que leur striation est due à des lignes de grains.
Le pôle libre des cellules des tubes contournés n'est pas nu, mais est revêtu d'une bordure (voy. fig. 955, b) de cils excessivement fins et délicats, connue sous le nom de bordure en brosse (Bûrstenbesatz), Pourétudier la bordure en brosse dans de bonnes conditions, il faut fixer soigneusement de petits fragments de substance corticale du rein, les inclure dans la paraffine avec beaucoup de précautions, les débiter au
(1) Bôhm et Davidoff, Lehrbuch der Hist, des Menschen, 2® Aufl., 1898.
(2) Landauer, Ueber die Struktur des ^ierenepiiheh (A natotnischer Anzeiger, X, 1895.)
(3) R. Kbausb, Beitrâge zur Histologie der Speicheldriisen (Arch, f, mikr, Anat., Bd Lï, 1897.)
1612 fiOtlDUtlE EN BROSSE DU ÈORD UBRË DÈë CELLULES EPITHEUALES.
microtome mécanique en coupes très fines (de 1 à 5 /!Jt). Les coupes, collées sur le porte -objet, sont colorées d'abord par l'hématoxyline ferrique de Hridenhain, puis par une solution alcoolique faible de rubine S (Sauer), enfin montées dans le baume et examinées avec un bon objectif à immersion homogène. La bordure en brosse se voit alors sur tous les tubes contournés, s'il s'agit d'un mammifère, sur certaines portions seulement, s'il s'agit d'une Grenouille (dont les épithéliums rénaux sont d'ailleurs beaucoup moins vulnérables et par conséquent se prêtent à de plus faciles préparations que ceux des mammifères et des oiseaux). La membrane vitrée des tubes est marquée par un liséré rouge. Les noyaux sont teints en gris noirâtre, les stries intracellulaires apparaissent formées de grains d'un violet foncé, et la bordure en brosse se détache nettement tout autour de la lumière du tube. Si la coloration à la rubine est juste à point, les cils de la bordure se montrent distincts les uns des autres, tous parallèles, de hauteur égale et très serrés, comme les poils d'une brosse. Mais si la coloration est trop forte ou trop faible, la bordure tend à paraître homogène.
La bordure en brosse a été découverte par Nussbaum(I) en 1878; elle a été observée incidemment par un grand nombre d'auteurs, et a fait l'objet d'études spéciales delà part de Tornier (2), Lorenz (3), Nicolas (4), 0. van der Stricht (5), Disse (6), Sauer, etc., Tornier et Lorenz montrèrent qu'elle est- une partie constituante normale de la cellule. Nicolas remarqua que les poils de la bordure s'insèrent sur des grains très petits et colorables, formant parleur ensemble une ligne pointillée qui limite le pôle libre des cellules. Ce fait, confirmé par Sauer, établit une analogie entre les bâtonnets de la bordure en brosse et les cils vibratiles ordinaires.
Les relations existant entre la bordure en brosse et la striation intracellulaire sont mal élucidées. Nicolas a vu les cils ^e prolonger dans le protoplasma par de fines fibrilles. Sauer ne se prononce pas; mais il fait remarquer que, chez la Grenouille, certaines parties des
(1) NussBAUM, FortgeseUte Untersuchungen iiber die Sekretion der Niere (Pflûger'sArchiv, Bd. XVI, 1878).
(2) ToRNiBU, Ueber den Hiirstenbesatz an Driisenepithelien (Arch. f, nUkr, Anat., Bd. XXVIII, 1886).
(3) LoBBNz, Unterauchungen iiber den Bui*8teQbesatz und dessen Bedeutungan normalen und pathologiachen Nieren (Zeitschrift f. klin. Med,, Bd XV, 1889).
(4) Nicolas, Gontrib. à Tétude des cell. gland.; I. LesëlémentadescaDalicules du rein primitif cbez les mammifères (Internat. Monatschrift f. Anat. und Phys , Bd. VIII. 1891).
(5) Omer van dhr Str[cht, Gontrib. à l*étudedu mécanisme de la sécrétioii urinaire (C, R. de VAcad, des Se, 27 avril 1891).
(6) DissB, Uber die Verânderungen der Nierenepithelien bel der SekretioD (Anatomische Hefte, II).
VARIATIONS DE L*ÊP1THÉLîUM PENDANT LE REPOS ET I/ACTIVITE. 16l3
tubes contournés sont munies de cellules épithéliales à protoplasma strié sans bordure en brosse, tandis que d'autres ont des cellules pourvues d'une bordure sans stria tion.
La signification fonctionnelle de la bordure en brosse doit être fort importante, mais on ne peut faire à cet égard, jusqu'à présent, que des suppositions. 11 s'agit là, incontestablement, d'un organe normal de la cellule, et l'opinion de certains anatomo-pathologistes qui en faisaient le résultat d'une lésion cellulaire doit être rejetée. Lorsque les épithéliums ont été touchés par un agent morbide quelconque, de même que lorsqu'ils ont subi l'action d'un mauvais fixateur ou qu'ils sont morls spontanément avec lenteur, le protoplasma se creuse de vacuoles ; des gouttes sarcodiques soulèvent la bordure en brosse ou la rompent pour tomber dans la lumière du canalicnle. 11 en résulte que l'épithélium prend un aspect décliiqueté; le bord libre des cellules devient grossièrement frangé, et la lumière s'emplit de boules confluentes hyalines ou granuleuses. Tout cela n'a rien à voir avec la bordure en brosse. Quant au rôle de cette dernière, peut-être est-il d'empêcher l'issue de l'albumine dans l'urine, comme le pensentLoRENZ, VAN derStricht, Nigolas : c'cst un point important qui reste à élucider.
Lorsqu'on examine une coupe de rein de mammifère, l'animal ayant été tué absolument sain, on voit ordinairement que les diverses sections •transversales ou obliques des tubes contournés ont une lumière inégale, lantôt large et circulaire, tantôt étroite, éloilée ou en forme de fente. 11 existe, parallèlement, des variations dans la hauteur des cellules. Ces variations ont été vues depuis longtemps, mais on n'en connaissait pas Ja signification. Rothstein émit le premier l'opinion qu'il s'agissait de modifications en rapport avec l'état variable de la sécrétion urinaire dans les diverses parties de 1 ecorce du rein. Dissb:, se basant exclusivement sur ces différences d'aspect, édifia une série d'hypothèses sur les modifications sécrétoires des épithéliums du rein. Enfin Sauer, par des expériences fort bien faites sur des Grenouilles et des mammifères, provoquant à volonté l'état d'anurieetdepolyurie du rein sans créer de lésions, arriva aux conclusions suivantes : « 1. La sécrétion n'a aucune influence sur la structure protoplasmique des tubes contournés; les bâtonnets d'Heidenhain et les bordures en brosse montrent le même aspect dans toutes les phases delà sécrétion. La situation des noyaux ne change jamais. — II. La lumière seule des tubes contournés montre des variations sécrétoires : a) lorsque la sécrétion urinaire esta son minimum, la lumière est étroite, les cellules sont hautes et bombées; b) lorsque la sécrétion est à son maximum, la lumière est large, les cellules basses et plates ; c) des reins enlevés aux animaux à un moment quelconque, et sans tenir compte de l'état de la sécrétion, montrent, outre ces deux aspects extrêmes, beaucoup d'aspects intermédiaires. »
1Ô14 L'BPITHÉLIUM STRIÉ EST UN FILTRE ELECTIF.
Gomme Ta montré le premier R. Heidenhain, Tépithélium strié des tubes contournés jouit au plus haut degré de la propriété de séparer, d'extraire du sang et de verser dans la lumière glandulaire certaines substances, en particulier le carmin d'indigo. Il constitue donc, à ce point de vue, un filtre à la fois actif et électif. Le carmin ammoniacal, au contraire, s'élimine, par le glomérule (von Wittich)(1). En revanche, il n'y a pas de fait histologique autre que la présence d'un petit nombre de granulations graisseuses dans le protoplasma des cellules épithéliales, qui permette de leur attribuer une activité sécrétoire analogue h celle des glandes et telle que la présence des granulations émeraude autorise à l'admettre dans les tubules contournés du rein wolffien primitif. Heidenhain, en se fondant sur la sélection du carmin d'indigo opérée par les tubes contournés, et sur cet autre fait que l'urée dialyse à peu près exactement comme le carmin d'indigo, en a conclu que l'épithélium à bâtonnets est extracteur de l'urée du sang. Ce qui me semble seulement devoir être admis, c'est que certains matériaux prennent, pour sortir du sang et passer dans l'urine, la voie des tubes contournés tandis que d'autres passent directement parle glomérule. En tout cas, si Ton considère la séparation de l'urine comme un phénomène de sécrétion, réduit ici à l'extraction de certains produits de la masse du sang, les tubes contournés peuvent, à bon droit, être appelés tubes ou canalicules sécréteurs j puisqu'ils participent à cette opération physiologique.
III. L'anse de Heiiie. — AUX tubes coutournés, fait suite Vanse de Henle, Elle descend droit d'abord dans la substance corticale. Puis elle s'engage plus ou moins loin dans la pyramide pour y former une boucle, remonter dans la substance corticale, et là, se continuer avec les tubes intermédiaires contournés, à épithélium strié tout comme les tubes sécréteurs, et eux-mêmes tributaires des rayons médullaires.
L'importance de l'anse de Henle est double. Au point de vue morphologique, c*est là une formation qui n'appartient pas au rein wolffien, mais seulement au rein définitif desamniotes. Au point de vue histologique, c'est un segment des voies de l'urine en formation où l'épithélium sécréteur cesse d'exister. De plus, par sa portion engagée dans la pyramide, l'anse de Henle se trouve reportée en plein tissu conjonctif, — c*est-à--dire dans le milieu des migrations leucocytaires et des voies de la lymphe, — tandis qu'en amont et en aval, les espaces intertubulaires sont exclusivement occupés par les capillaires sanguins.
La branche descendante de Vanisefhd, flg. 956) fait suite au tube sécréteur issu de la capsule du corpuscule de Malpighi. Sa lumière
(1) Von Wittigh, Arch, /*. mikr. Anatomie^ t* Xï, p. 75, 1875.
uc3Ytoui.|fi vgâQooivciuc7ut uc ^xus» cu |iiu9 cbi uii»c /i u vuidiuagt? ut; la jjuu*
cle — qui lui appartient, comme Ta démontré Ludwig(I) — elle est aussi étroite que celle des plus petits capillaires. L'urine véhiculée y
nû^X
Fi(>. 956* -— Gorpuïsciile tic Malpîglii et bou glamérulc pris sur uiïe coupe ti^anavei'sale (pai^Alièle k la tsui'facc) d un rem da Lapin dont les Tai&seaui ont été injectés avec une masae â la gélatine et au bleu de Frusse. Durciasemetit dans le bî chroma to d-ammopiaque a 1 pour 200. Coupes à maio levée. Coloration au carmin al une, RêBiue Dainmar, aprè» pasiage dans l'alcool, Tesseuce de girofles et l'essence do bergamote. — (OcuK 1, obj. 8 de Reichert; *bambre claire.)
'if, AT lérjolû kITë renie Ou glomérulaf — c,c\ catilïlaires de ses deux Dacculvb : aaipe leurs RiÂlUe», à l'iatèdeur du glomérule, dû voit 1^* cellules [alatç^, haLoUitas des vais»aux, du pArithé^ium flt du tiasu eoiyonclÉr du glomlrule ; — ^, relluifli L'udolhélialei do li liapsulc ; — «'i oei mènaeiieflilulH «nOokhéLiaUi iv«c lann noyAtix c^njugit^â ili?ux à âcii%\— p^, paroi des caplUairN g-lûmèroUires t^nrermitil ira J]o;^'Aux ÊQJûlhtîiâDjL, di'g-jgéL* par Ië Lê^er retrnit da Il ttiaau A mJDctJoti k nziLérieur doa vaivitiiux; ^- ne, noyaux île IVuOolhéltnm do cv^ mèm«B cipilJairet ninHilaiit un revètcmi^nt euHothélial «ur Jes aosp^ ëq !»iiiiJlla dans lo iciiTÎlé de \a CD|ïauIu; — U^ C9ua\i% aontournès û upitLèlluni «Lrié (tubulcs i^éci-éLeti»; Cùiï^t*a vjt trovers; ~ hd , ci^upe IrfttiftverAiJii de la Lirni:tche dt^aceudaute da H«nle ; ^ hb^ coupe Irisavirrsale d« la branche i)« IleoJe m voliin^ge de sa boucle; — hfi^ ODiipe IrsniTerABli'' de 1a briucbe ibc^ddit) te de Hottle; — hai^ coupe d'un tansl iniermédmire à êpjthèllujiïi slriè; ^ cri^ capillaires »iigulDB int<rtubul&ire«.
passe donc sous haute pression. I/épithéliura (fig, 956, hb)qm borde cette lumière est tout à fait caractéristique, 11 est f(jrmé de cellules
(1) LuùwîQ etZ^TARYKiNj €ompî§j rsndus deVAcad^ det Sawces rfe Vtennei Bd. XLVUL
E^NAVT^ - HifttobgiE! pratique, II.
basses, endothéliformes et dont le noyau fait relief, et il se poursuit dans la boucle- Celle-ci, souvent tordue en huit de chiffre, est engagée plus ou moins loin dans la substance médullaire; parfois elle s'avance jusqu'au voisinage de la papille de la pyramide. Au-dessus de la boucle, la branche ascendante (fig. 956, h a) commence par un élargissement brusque de la lumière du tubule. Son trajet ascendant est parallèle à celui de la branche descendante et, lentement, son calibre augmente jusqu'à son point d'union avec le tube intermédiaire. L'épithélium de la branche ascendante consiste en un rang de cellules prismatiques, hautes et étroites, inclinées les unes sur les autres, ainsi que les tuiles d'un toit, dans le sens de la marche de l'urine : comme si elles étaient couchées par le courant ascendant. — Dans toute l'étendue de l'anse de Henle, les cellules épithéliales sont dépourvues de bâtonnets. Leur protoplasma, granuleux, se teint sensiblement par le picrocarminate en orangé, en rouge par Téosine. Le carmin et l'hématoxyline colorent les noyaux beaucoup plus intensément dans l'anse que dans les tubes contournés. Les solutions aqueuses de violet de méthyle se fixent sur les cellules épithéliales ; elles les teignent en violet presque noir. De telles cellules ont donc des affinités histochimiques toutes particulières.
Dans les néphrites dégéoératives aiguës, l'épithélium de l'anse de Henle se montre toujours relativement respecté. Il répond très probablement à une forme peu active de l'épithélium émulgent. En effet, c'est à cette forme qu'est ramené l'épithélium à bâtonnets dans la néphrite interstitielle chronique très accusée : alors que les tubes contournés ont leur lumière remplie par des cylindres colloïdes et limitée par un épithélium prismatique bas, parfois par un véritable endothélium dont les noyaux sont demeurés actifs quand bien même chaque élément cellulaire a été annulé fonctionneliement. Ces noyaux ont alors un beau réseau chromatique et se teignent énergiquement par le carmin, Thématoxyline et la purpurine. Comme l'anse de Henle, alors aussi les tubuli ont pour milieu ambiant du tissu conjonctif et non plus des mailles inter-capillaires.
IV. Tubes Intermédiaires on tntereninlres (Lndwlg)! ennanx d*nnl«n.
— Intermédiaires à l'anse ascendante et au rayon médullaire» ces tubes sont contournés tout comme les tubules sécréteurs. Ils ont la même relation que ceux-ci avec les capillaires sanguins ; et on ne les peut distinguer que par leur épithélium, car leur lumière est tout aussi large. Cet épithélium est analogue à celui de labranche ascendante de l'anse de Henle, en tant qu'il est formé de cellules inclinées, comme les tuiles d'un toit, dans le sens de la marche de l'urine. Il est analogue à celui des tubes sécréteurs en ce que ses cellules épithéliales sont à bâtonnets(fig. 950, Aaî^^.Mais il s'agit ici d'éléments infiniment moins vulnérables. Un séjour de fragments du rein dans une solution de bi -