TERMINAISONS DBS NERFS DANS L'OVAIRE
unes à myéline, le plus grand nombre sans myéline, forment un très riche plexus dans la zone médullaire. Ce plexus fournit surtout des branches vasculaires ; mais il en part aussi des rameaux qui abordent les follicules de de Graaf, forment autour d'eux un réseau de âbrUles très ânes, variqueuses, qui se terminent, pour la plupart, dans la thèque conjonctive des follicules, et dont quelques-unes pénètrent et se terminent dans l'épithélium folliculaire. Yedeler (1890), par la même méthode, ne trouva que des nerfs vasculaires.
Le premier qui étudia les nerfs de l'ovaire par les méthodes au bleu de méthylène (méthode d'EHRUCH) et au chromate d'argent (méthode de GoLGi), fut RiESE (1891). Cet auteur mit en évidence les riches plexus de fibres amyéliniques périvasculaires. 11 admit même que des libres nerveuses se terminent sur la paroi des capillaires sanguins. Il vit que les follicules de de Graaf sont également entourés de plexus analogues ; et, chez la Chatte seulement, il suivit des fibrilles nerveuses à travers Tépithélium folliculaire jusqu'au voisinage de la cavité du follicule.
La plupart des travaux ultérieurs s'appliquèrent à vérifier ou à nier la pénétration des extrémités nerveuses dans les follicules. Von Herff (1892) arriva aux mêmes conclusions que Riese; par contre, Retzius (1893), VON Gawronsky (1894) et Mandl (1894) nièrent la pénétration des nerfs dans les follicules. La méthode de Golgi,.du moins telle qu'elle est employée actuellement, donne de fort belles préparations, dans lesquelles les filaments nerveux se détachent en noir sur un fond presque incolore ; mais les détails histologiques sont noyés par l'éclairage intense que l'on emploie d'habitude, et par la réfraction homogène que donne le baume du Canada à l'ensemble de la coupe : la silhouette des fibres et des cellules nerveuses est parfaite de netteté, mais leurs rapports sont très difficilement visibles. De plus, les coupes épaisses qu'on est généralement obligé de faire exposent facilement à prendre des rapports de superposition pour des rapports de juxtaposition. Enfin, les imprégnations chromo-argentiques en général, et celles que l'on pratique, en particulier, pour la recherche des fibres et des cellules nerveuses périphériques, sont à la fois incomplètes et peu électives : incomplètes, parce qu'un très petit nombre de fibres nerveuses sont colorées, et que l'on ne sait pas toujours si elles le sont jusqu'à leur extrémité; peu électives, parce que des éléments anatomiques, fibres et cellules, qui n'ont rien de commun avec le système nerveux, sont souvent imprégnés, en imposent parfois pour des éléments nerveux, ou masquent la véritable terminaison des fibrilles nerveuses. Il résulte de ces critiques très bien fondées, que la méthode de Golgi est ordinairement insuffisante pour trancher des questions de rapports extrêmement délicats entre les éléments nerveux et les autres éléments des tissus.
GANOUON NERVEUX INTRA- OVARIEN. I77I
Le travail plus récent de de Vos (1895) n'apporte aucune conclusion relativement aux rapports des fibrilles nerveuses terminales avec répithélium folliculaire.
Les auteurs précédents ont vu, outre les nerfs vasculaires et les nerfs folliculaires^ des terminaisons libres de fibrilles nerveuses au sein du tissu conjonctif, dans tous les points de l'ovaire, et même immédiatement sous répithélium ovarien. S'agit-il de terminaisons ou plutôt d'origines nerveuses sensitives, ou bien au contraire de terminaisons motrices destinées aux fibres musculaires lisses indépendantes des vaisseaux, particulièrement nombreuses dans l'ovaire? C*estce que la méthode de Golgi est jusqu'à présent impuissante à décider.
L'existence de cellules nerveuses interstitielles, bien connue dans plusieurs glandes (glandes salivaires, pancréas, etc.) au voisinage des plexus vasculaires, et dans les plans de fibres lisses du tube digestif des voies biliaires, de la vessie, etc., jusqu'à ces derniers temps très discutée dans Tovaire, vient d'être mise hors de doute par Elisabeth Winterhalter (1896). Cet auteur, employant la méthode de Golgi sur l'ovaire de la Femme, vient de décrire et de figurer des cellules nerveuses indiscutables dans la zone médullaire de l'ovaire. Ces cellules, situées ordinairement dans l'adventice des artères, ressemblent absolument aux cellules sympathiques viscérales décrites par Cajal dans le muscle intestinal. Elles ont une forme très irrégulière ; leurs prolongements, en nombre variable, se ramifient sur la paroi des artères; leurs relations avec les fibres nerveuses pénétrant dans l'ovaire ou en sortant, ainsi qu'avec celles qui proviennent de la région des follicules, n'ont pu encore être bien établies. Très vraisemblablement ici, le petit ganglion viscéral difi'us sert à régler le débit vasculaire de l'ovaire. Sans doute il doit recevoir des excitations centripètes provenant des follicules, et y répondre en commandant la constriction ou le relâchement des parois artérielles et veineuses : il jouerait delà sorte un certain rôle dans la congestion périodique de l'ovaire qui accompagne la ponte ovulaire.
En résumé, il existe dans l'ovaire des nerfs vaso-moteurs, bien connus histologiquement, et pourvus d'un ganglion sympathique intra-ovarien ; des nerfs sensUifs provenant de la surface de l'ovaire, des follicules de de Graaf, peut-être même du stroma, et dont le mode d'origine est encore à élucider ; — enfin, des nerfs moteurs innervi^nt les fibres lisses du stroma ovarien.
1772 INDEX BIBLIOORAPHIQrE
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(1) Cet index est volontairement incomplet : il ne comprend que les principaux Iravaux, pour la plupart cités dans le texte, relatifs au testicule et à Tovaire des mammifères, et quelques travaux «eulement, très importants, portant sur les autres vertébrés et les invertébrés, ou d*ordre général.