DES PIVOTS ET DES RESSORTS DE RAPPEL
2° que les pivots de la détente et les parois des trous se conservent dans leur état primitif.
Puisqu’il ne peut se produire, d’après ce que nous venons devoir, aucune détérioration aux dents de la roue agissant sur le repos en rubis qui a remplacé celui d’acier, et aux pivots d’une détente pivotée bien faite, on en tire deux conséquences : la première, qu’il est inutile de lubrifier le repos, la seconde, que la conservation de l’huile des pivots est assurée. Cette conservation est d’autant plus certaine qu’outre que ces pivots ne supportent qu’une faible pression sans frottement, leur huile n’a pas ses parties constamment mélangées par la rotation, comme cela a lieu pour tous les autres pivots.
Cette conservation de l’huile aux pivots des détentes est aujourd’hui un fait acquis; aussi se dispense-t-on de garnir les trous en rubis.
862. La part de résistance au déplacement afférente aux pivots de la détente a sa source, non pas dans un frottement proprement dit, mais dans des elfets d’adhérence et de capillarité. Il nous semble qu’on s’éloignerait peu de la vérité en l’assimilant à un frottement au départ.
Quelle est sa valeur? Il est impossible de la fixer à priori, et les expériences à faire sont si délicates qu’on ne peut raisonnablement espérer un chiffre précis. Ce qui nous paraît certain, c’est que, quelle que soit cette valeur, elle change avec le temps, car la résistance à la séparation qui naît de l’adhérence est proportionnelle à l’étendue des contacts et à la ténacité du corps gras interposé.
Avec des pivots fins à la détente et pas trop longs, cette résistance est considérée comme négligeable par des artistes distingués, et notamment par MM. H. Robert et Berthoud jeune.
Toutefois, quoique infinitésimale si l’on veut, elle existe; et, sans trop la dédaigner ni la craindre, car un ressort de rappel convenable en a facilement raison, il ne faut pas la perdre de vue (fin du 863).
Le ressort de rappel droit ou contourné en spiral.
863. Moinet dit, en comparant les deux espèces de détentes, que la détente pivotée paraîtrait offrir une progression de résistance moins rapide, parce que l’action de la détente-ressort est due à un ressort court et droit, et l’action de l’autre détente à un spiral relativement long.
Admettant pour le moment que les choses soient telles.
Considérons comme ayant été successivement appliqués à la même détente deux ressorts de rappel de l’une et l’autre espèce, de même force, c’est-à-dire qu’armés sous un même angle, ils maintien-
ECHAPPEMENT A DETENTE,
draient la détente contre son plot d’arrêt, avec une égale puissance.
Pour un même angle d’écartement de la détente, la résistance serait d’autant plus grande que le ressort aurait une moindre longueur.
Les vitesses de retour seront donc en raison à peu près inverse des longueurs.
Vaut-il mieux qu’à une moindre résistance de menée réponde un peu moins de vitesse au retour?
Est-il, au contraire, préférable d’avoir un peu plus de résistance au dégagement et un retour plus rapide?
Des études comparatives, en changeant les ressorts de rappel des mêmes détentes, suivies durant un temps assez long, pourront décider ces questions. Il serait imprudent d’essayer de les résoudre avec les seules connaissances théoriques actuelles; les résultats pourraient bien être entachés d’erreurs, parce qu’il y a là des frottements, des effets de flexion, etc., qui nous échappent parleur rapidité et leur ténuité, et qu’on ne peut réellement les représenter par aucun chiffre un peu exact.
Nous avons admis que la progression de résistance est plus rapide avec le ressort droit, effet facile à vérifier quand les angles d’écartement ont un peu d’étendue , mais ici l’angle d’écart étant très-court , '2° ou 4°, on pourrait assimiler le ressort droit à un ressort spiral suffisamment fort et convenablement armé.
S’il était constaté que la vitesse du retour opéré par le spiral diminue avec le temps, on aurait une preuve que la résistance des pivots doit entrer en ligne de compte.
864. Quoi qu’il en soit de ces questions pendantes, les conclusions autorisées aujourd’hui sont les suivantes.
L’ observation nous apprend que le ressort droit s’oxyde quelquefois au point de contact, mais que plus souvent encore il y contracte une adhérence dont l’effet est très-sensible sur le mouvement si borné de ce ressort; oxydation ou adhérence qui fait manquer à la longue l’action du retour dans un certain nombre d’échappements.
Le spiral bien disposé n’engendre ni frottement ni pression latérale, et son effet est sûr s’il a l’énergie nécessaire pour ramener assez vite la détente; alors la résistance du décrochement est bien près d’être équivalente à la résistance d’une détente-ressort, toutes choses égales d’aib leurs. On ne peut donc, quand on fait usage du spiral comme ressort de rappel, se prévaloir de la petite différence d’une moindre résistance du dégagement de la détente pivotée; avantage que, du reste, nous avons toujours considéré comme à peu près insignifiant.