‹ Traité d'horlogerie moderneChapitre 350 sur 553 · DU MOTEUR POIDS · texte numérisé non relu

DU MOTEUR POIDS

1190. Un poids suspendu qui descend avec régularité (s’il marchait plus ou moins vite sa puissance varierait), est une force motrice constamment égale, en ne tenant pas compte du surcroît de poids résultant du déroulement de la corde ; ce surcroît est considéré comme négligeable pour une descente de 1 à 2 mètres.

Quand le poids est suspendu à une chaîne, une grosse corde, ou que la descente est considérable, il faut faire entrer dans le calcul l’augmentation de la puissance par le déroulement de la corde ou de la chaîne.

La descente du poids, comme on l’a déjà fait remarquer, doit s’effectuer, si l’on veut produire une force égale, avec une parfaite régularité. Tout poids qui agit par percussion, par secousse, en tirant sur un cordon qu’il tend, subit des trépidations, balancements, contacts plus ou moins brusques, adhérences variables, etc., qui décomposent et altèrent la puissance de ce moteur.

La puissance statique qu’exerce un poids emmanché à un bras de levier tournant sur un axe horizontal varie suivant les positions qu’occupe le levier. Elle est au maximum dans la position horizontale et va en diminuant jusqu’à la position verticale, où l’effort du poids se convertit en pression sur les pivots de l’axe (Z, figure 67, page 660).

Si ce bras de levier est animé de vitesses différentes de l’un à l’autre déplacement, si ses mouvements angulaires sont inégaux, sa puissance dynamique devient très-variable (23).

Nous recommandons l’étude de ces différents problèmes aux chercheurs attardés de forces constantes.

1191. Dans les horloges et les régulateurs, le poids doit être suffisamment éloigné du pendule, parce que s’ils se trouvent à proximité

DU MOTEUR POTDS.

l’un de l’autre, il peut arriver que, lorsque le poids se sera déroulé d’une longueur égale à la longueur du pendule, les deux poids suspendus s’influencent réciproquement par un effet dit sympathique.

1192. Pour un même poids : les forces motrices sont entre elles comme les rayons des cylindres sur lesquels s’enroulent les cordes.

Avec des cylindres de rayons différents, on obtient la même force motrice quand les poids sont entre eux en raison inverse des rayons (abstraction faite des frottements des tourillons, frottements proportionnels aux poids et aux diamètres de ces tourillons. — 133).

Les longueurs de descente sont nécessairement en raison des rayons des cylindres. Ces longueurs sont le produit de la circonférence du cylindre par le nombre de tours de corde qu’il peut recevoir.

Les temps de marche, ou les durées de descente, sont donc dans le rapport inverse des rayons; puisque le cylindre, qu’il soit gros ou petit, ne fait qu’un tour pour chaque révolution de la lre roue du rouage, qui est portée par le même axe que ce cylindre.

Fig. t57.

1193. Lorsque l’espace disponible pour la descente est trop court, on moufle le poids moteur, c’est-à-dire qu’on le fait porter par une poulie mobile R (figure 67), dont la gorge repose sur la corde, celle-ci étant attachée par une extrémité au cylindre et par l’autre extrémité à un support fixe comme f. La durée du temps de la descente est alors doublée, puisque la portion de corde déroulée sur le cylindre se partage par moitié sur gl\ et sur fh; mais il faut un peu plus que doubler le poids moteur, parce que son effort se divise, c’est-à-dire est supporté par portions égales en y et f, et qu’en outre il a à vaincre la résistance du frottement des tourillons de R et de la roideur de la portion de corde enroulée sur la poulie. Ces résistances acquièrent une grande intensité si l’on moufle à plus de deux brins. (Consulter la Théorie des moufles et des mouvements différentiels dans les Traités de mécanique.)

1194. Le remontage d’une montre ou d’une pendule ne faisant que

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