‹ Traité d'horlogerie moderneChapitre 434 sur 553 · DE L'ISOCHRONISME THEORIQUE ET DE L’ISOCHRONISME PRATIQUE · texte numérisé non relu

DE L'ISOCHRONISME THEORIQUE ET DE L’ISOCHRONISME PRATIQUE

1388. Se reportant aux énoncés de principes, etc., on a déjà compris que si l’on considère un balancier libre, muni d’un spiral parfaitement isochrone, et qu’on les adapte à un chronomètre, l’isochronisme des oscillations de ce balancier d’abord obtenu pourra être altéré par :

1° L’action de l’échappement ;

2° Une différence assez grande dans la grosseur des pivots;

3° Un changement assez considérable dans le poids du balancier;

k° Une variation notable dans la force motrice. En un mot cet isochronisme sera plus ou moins altéré chaque fois que le spiral sera sous l’influence de causes qui troubleront la progression de force ascendante ou descendante qu’exige l’isochronisme.

1389. Il faut donc distinguer entre l’isochronisme théorique ou

absolu et l’isochronisme pratique. é

L’isochronisme absolu est celui qui découle de la Théorie du ressort réglant de M. Phillips.

Mais cet isochronisme absolu ne peut se réaliser rigoureusement dans le chronomètre parce que :

1° On ne peut être assuré d’avoir exécuté les courbes terminales, qu’il faut souvent retoucher plusieurs fois durant le réglage,, avec une assez grande précision pour avoir la certitude qu’on a annulé toute pression latérale et que la progression de force est celle qui convient ;

2° La levée a une action double et destructive de l’isochronisme absolu : elle repousse les pivots contre leurs parois et elle change plus ou moins brusquement F allure du balancier (1446 et 2e Appendice).

L’isochronisme pratique , le seul réalisable dans un chronomètre, n’est que l’isochronisme absolu mais modifié d’après les changements qu’apporte à l’allure du balancier :

1° L’action de la levée, qui est plus ou moins perturbatrice suivant qu’elle agit avec plus ou moins de force, de durée, etc. ;

2° Les résistances plus ou moins variables des frottements, etc.

1390. L’horloger qui veut établir des pièces de précision fait bien, tout d’abord, d’étudier les conditions dans lesquelles se produit l’isochronisme théorique. Il pourra en approcher le plus possible dans l’application parce qu’il s’appuiera sur une connaissance plus approfondie delà part qu’il faut faire à l’échappement dans la réalisation de l’isochronisme pratique

spiral; duree des vibrations.

Ce point de départ nous paraît excellent et nous fait regarder la publication du remarquable mémoire de M. Phillips, comme un signalé service rendu à l’horlogerie. Si nous possédions avec le même degré de certitude, la théorie de l’impulsion aux différents âges de l’huile, etc., nous ne mettons pas en doute que l’art de construire des chronomètres ne devînt, ce qu’il est loin d’être, une science positive.

Page 1