I. — Acclimatement dans les pays chauds
Les phénomènes et les chances de l’acclimatement ne sont pas les mêmes i dans toutes les régions de la zone torride, ni même dans deux pays j chauds situés sous une même latitude. Dans les Antilles, à la Vera-Cruz, les ! influences qui saisissent le nouveau venu diffèrent de celles qui l’attendent aux Indes orientales. Sur 1000 hommes de troupes anglaises qui arrivent à la Jamaïque, le tiers et presque la moitié sont enlevés pendant les huit premiers i i mois; à Madras il ne périt dans le même laps de temps que la treizième ou quatorzième partie; mais au bout de cinq à six ans, la mortalité atteint dans t ces deux contrées le même niveau, parce qu’elle se ralentit dans l’une et s’ac- < croît dans l’autre pendant les premières années qui suivent la transplantation. Dans l’Amérique, elle est due surtout aux ravages de la fièvre jaune, fléau des : inacclimatés ; s’ils surmontent ou évitent cette épreuve, ils ne tardent point à : s’accoutumer à la température non excessive des Antilles. Au contraire, dans les Indes orientales, les endémies congénères à la fièvre jaune n’existent que
dans quelques localités ; elles sont donc une cause moins générale de mortalité; mais, par compensation, l’élévation beaucoup plus considérable de la température, la soudaineté et l’amplitude des variations atmosphériques finissent par occasionner a la longue un grand nombre de maladies funestes. Les circonstances individuelles n’influent pas moins sur la marche et 1 issue de l’acclimatement, ce que l’on comprendra sans peine en réfléchissant que 1 Européen se présente dans les pays chauds avec un excès d activité digestive, d’hématose et de pouvoir calorifique : le danger sera donc plus grand pom les sujets sanguins et robustes, habitués à une nourriture substantielle et copieuse, comme le sont en général les Allemands, les Hollandais et les Anglais, aussi ces classes d’étrangers se plient moins facilement aux conditions de l’acclimatement, et meurent en plus grand nombre que les Français, les Italiens, les ■ Espagnols. Cette observation a été faite à la fois par Poupe-Desportes, par Bajon, par Leblond, par Rochoux. Tliévenot a vu, à Saint-Louis du Sénégal, qu’à l’hôpital et en ville, la mortalité de notre flotte marchande est plus foi te pour les marins originaires du nord et du centre que pour les niai ins du nue i de la France : ces derniers se trouvent plus rapprochés, par la modalité de. leurs fonctions et le caractère de leur constitution, du type des indigènes. Il y a dans ce fait un avertissement pour le choix des troupes à envoyer dans nos possessions intertropicales, et même pour la composition à donner a notre armée d’Afrique. Les corps de troupes envoyés d’Afrique en Orient, tels que les zouaves, les tirailleurs indigènes, l’élément méridional de la légion étrangère, etc., ont le mieux résisté à Varna et en Crimée; aussi, d’apres nos conseils, une bonne partie des renforts qu’a reçus successivement 1 armée d Or len a été choisie par M. le maréchal Vaillant parmi les régiments stationnes eu
DES CLIMATS