‹ Traité d'hygène publique et privéeChapitre 121 sur 181 · III. — Animaux et plantes dans V habitation · texte numérisé non relu

III. — Animaux et plantes dans V habitation

Les animaux agissent sur l’air, comme l’homme, par l’exhalation de l’acide carbonique et par le produit vaporeux de la transpiration pulmonaire et cutanée; leur présence est donc de trop dans l’intérieur des maisons, surtout pendant la saison froide, où l’on aère peu, et pendant la nuit, où l’on n’aère nullement; ce sont au moins d’inutiles consommateurs de l’air qui suffit à peine à nos besoins, s’ils n’y versent encore des exhalaisons nuisibles. U en est de même des végétaux pendant la nuit ou s’ils sont placés à l’ombre; ils servent alors de filtre à l’acide carbonique qui se répand dans l’air ; au soleil ils absorbent l’acide carbonique, et sur tous les points de leurs parties vertes apparaissent des bulles déliées d’oxygène, tandis que le carbone est fixé dans leurs tissus. D’après les expériences de Boussingault, certaines plantes en pleine végétation empruntent à l’air une grande quantité d’azote; enfin, la germination des graines, le développement des bourgeons, la fécondation des fleurs, s’accompagnent de la production de beaucoup de chaleur, d’acide carbonique et d’eau (2). Les fleurs respirent en dégageant de l’acide carbonique. Y a-t-il un danger bien réel à conserver dans un appartement clos, en l’absence du soleil, des plantes à parties vertes? En plein jour, aux rayons du soleil, contribuent-elles à la pureté de l’air, en y versant de l’oxygène? Cette influence, toujours compensée dans l’air libre par d’autres variations, nous paraît fort restreinte dans l’air confiné. En effet, Leblanc s’est assuré par l’analyse que l’air recueilli le soir dans une serre parfaitement close, de près de 300 mètres cubes de capacité, possède, au bout de douze heures de clôture au moins, exactement la même composition que l’air libre, eu égard aux proportions relatives d’oxygène et d’azote; mais sous l’influence de la végétation, l’acide carbonique avaiL complètement disparu; l’air recueilli le lendemain matin a présenté, à très-peu de chose près, la même composition : il contenait 1 dixmillième d’acide carbonique, et accusait un affaiblissement minime de l’oxygène. Boussingault a constaté qu’une plante submergée et éclairée par le soleil laisse apparaître l’oxyde de carbone et l’hydrogène protophosphoré dans l’oxygène

(1) Loride, Nouveaux éléments d’hygiène. Paris, 1847, t. II, p. 413.

(2) Dumas, Essai de statique chimique , p. 32.

DES MODIFICATEURS

C1RCUMFUSA.

[hygiène

qu’elle dégage (1). Les (leurs agissent plus puissamment par les particules odorantes qu’elles émettent, et qui produisent, suivant les individus, des effets si remarquables, On a certainement rapporté à l’odeur des (leurs des accidents qui étaient dus à l’exhalation d’acide carbonique; mais un grand nombre ont été occasionnés par l’impression olfactive qui a retenti sur les centres nerveux, L’odorat présente, en effet, une voie aussi courte que directe pour influencer l’encéphale. La présence de (leurs odoriférantes dans les appartements a produit des céphalalgies, des vertiges, des syncopes, des convulsions, des vomissements, un état de somnolence, et l’on dit que les personnes qui arrachent la bétoine pendant l’été deviennent ivres et chancelantes; qu’une dame ne pouvait sentir l’odeur d’une décoction de graine de lin sans éprouver à la face une tuméfaction vive suivie de syncope (Orfila); que l’aspiration des senteurs de la jusquiame, du stramonium, du pavot, du noyer, cause un sommeil lourd avec céphalalgie ; que les émanations du Rlrus toxicodendron et celles de l’upas tieuté déterminent, à peu de distance de l’arbre, des accidents épileptiformes, etc. Ces fails, et beaucoup d’autres du même genre, exigent des vérifications nouvelles, mais, qu’ils résultent de l’impression olfactive ou du contact des molécules végétales avec la surface tégumentaire, qu’ils accusent l’idiosyncrasie des individus ou les effets réels des émanations, il y aura toujours prudence à bannir les fleurs de l’atmosphère des habitations.

Page 1