ATMOSPHÈRE. — COMPOSITION CHIMIQUE
lui-même doit être divisé par l’interposition des molécules de l’azote qui lui sert d’excipient, comme l’eau sert de véhicule à l’air nécessaire à la respiration des poissons, comme les principes alimentaires qui sont ingérés dans l’estomac ont besoin d’être enveloppés et divisés par une juste proportion de matières non nutritives.
Le sang subit à son tour des modifications essentielles : de noir il devient vermeil; phénomène qui paraît avoir son siège dans les globules dont la quantité augmente dans le sang artériel (Lecanu); il en est de même de la fibrine, qui s’accroît et s’élabore par la respiration. Le sang artériel contient moins d’eau proportionnellement à ses matériaux solides; il présente moins d’albumine, d’extractif, de matière grasse et de sels (Lecanu, Denis): diminution qui, toutefois, n’a pas lieu d’une manière constante. Le sang artériel diffère encore du sang veineux quant à la proportion des gaz que l’on en peut tirer. D’après Magnus (1), le gaz fourni par le sang veineux donne 1 oxygène et 3 à h acide carbonique ; tandis que le gaz tiré du sang artériel se compose d’oxvgône pour un tiers et presque pour la moitié. Collard de Martigny a constaté chez des animaux qui avaient respiré librement deux fois plus d’acide carbonique dans le sang veineux que dans le sang artériel; mais quand l’élimination de cet acide était suspendue par la ligature de la trachée-artère, il abondait en proportion égale dans les deux sangs (2). Ces faits ont conduit à penser que l’acide carbonique ne se produit point dans les poumons, et que la respiration avait pour seul effet de le séparer du sang; l’oxvgène inspiré serait absorbé par les poumons, entraîné avec le sang artériel dans les différentes parties du corps, et après avoir servi, dans les vaisseaux capillaires, peut-être à une oxydation (Magnus), mais certainement aux actes les plus importants de la nutrition, il reviendrait s’exhaler sous forme d’acide carbonique dans 1 air expiré. On s’explique ainsi comment la respiration dégage de I acide carbonique même en s’effectuant dans un gaz qui ne contient pas d oxygène, et comment la quantité d’eau et d’acide carbonique expirés peuvent augmenter dans 1 air raréfié et chaud qui renferme moins d’oxygène.
Chez les animaux inférieurs, la peau est la surface de respiration ; chez les poissons, les batraciens et les sauriens, cette fonction s’accomplit et par la peau et par les poumons : de là l’opinion qu’il s’opère à la surface cutanée de l’homme un échange le gaz analogue à celui qui s’effectue par la respiration. La peau humaine absorbe 1/50 ou 1/60 de la quantité d’oxygène que prend le
(1) Magnus, Annales de chimie, t. LXV, p. 185. Il est intéressant aujourd’hui de rappe er que, dans son Essai sur la •physiologie du sang, publié en 1823, Krirner s'gna ait dans le sang l’existence d’une vapeur composée de 52,7 de gaz oxygène, de . ’3 de,gaZ aclde carbonique et de 20,0 de gaz hydrogène : la première de ces évaluaionss e oigne peu de celle de Magnus pour l’oxygène du sang artériel. (Versuch einer Physiologie des Blutes , P. 177-185. Leipzig, 1823.)
(2) Collard de Martigny, Journal de physiologie , par Magendie, t. X, p. 27.
362 DES MODIFICATEURS. — CIRCUMFUSA. [hygiène
poumon (Robin et Verdeil). Ingenhousz paraît avoir le premier observé une , exhalation d’azote parla peau de l'homme (Vienne, 1782). Jurinc, ayant emprisonné son bras dans un cylindre hermétif|Uement fermé, y trouva au bout de deux heures 0,08 d’acide carbonique. Abernethy tint pendant cinq heures sa main plongée dans l’air d’une cloche placée sur la cuve à mercure, et s’assura qu’au bout de ce temps 1/6 de l’oXygène de cet air avait disparu ; les observations de Crulkshank, Gatloni* Nvsten, etc., ne sont pas moins concluantes, et sont confirmées par celles que Collard de Martigny a faites plus récemment. Lorsqu’on sé met au bain ou que l’on tient sa main sous du mercure, il se dégage d’abord des bulles provenant de l’air qui adhérait à la peau et que ces liquides en détachent par le frottement. Après quelque temps de séjour dans l’eau, surgissent d’autres bulles, formées par des gaz que la peau exhale ; leur composition varie suivant le régime adopté par l’individu : il se dégage tantôt de l’azote en proportion variable et de l’acide carbonique, tantôt de l’acide carbonique pur. Toutefois, et Collard le reconnaît lui-même, cette exhalation n’a pas lieu constamment; aussi a-t-elle été niée par Gordon* Woodhouse et Adelon. De même que la respiration d’un air déjà respiré dégage moins d’acide carbonique par les voies pulmonaires, ainsi l’exhalation gazeuse de la peau diminue dans l'air renfermé ; d’après Abernethy, elle augmente quand la circulation s’accélère modérément, et elle diminue quand, par le mouvement du corps, la transpiration aqueuse de la peau devient plus abondante : cette remarque a été faite aussi par Collard de Martigny. Enfin cet expérimentateur assure que la peau expire plus d’acide carbonique par une température élevée qu’au froid. Plus récemment, Régnault (1) a démontre que chez les mammifères et les oiseaux, l’acide carbonique dégagé pai la peau et par le canal intestinal ne s’élève en moyenne qu’aux 8 millièmes de celui que produit l’animal tout entier.
ACTION DE L’OZONÈ.
L’action de l’ozone dans l’organisme, à titre de modificateur météorologique, est encore bien controversée ; mais ses effets immédiats sont très-marqués et rappellent ceux du chlore : le plus apparent est l’irritation ou l’inflammation des membranes muqueuses. Schœnbein, ayant placé pendant une heure un lapin adulte et vigoureux dans un air artificiellement ozonisé, l’a vu périr quelques heures après l’expérience avec des symptômes de phlegmasie des muqueuses. La quantité d’ozone consommée par l’animal s’ était élevée tout au plus à 2 milligrammes, Schœnbein en conclut que l’ozone doit être un gaz des plus délétères. Un médecin américain, E. S. Gaillard, a cherche une liaison entre la présence de cet élément dans l’atmosphère et la production des fièvres intermittentes, si bien expliquée par l’intoxication palustre. Billiard
(1) Régnault, Annules de physique et de chimie, t. XX\M> P- 4/9-