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L’air et l’eau sont les deux fluides universels de la nature, et leur étude est d’une égale importance pour l’hygiène. L’état de l’un est intimement lié avec celui de l’autre; ce que l’air recèle, l’eau peut l’absorber; et ce que l’eau absorbe ou dissout, elle peut aussi l’abandonner à l’air. L'hydrologie fournil les renseignements les plus certains sur la salubrité des climats et des localités, et. tandis qu’un grand nombre de causes qui altèrent la constitution de 1 air échappent encore à nos moyens d’analyse, nous parvenons à nous rendre compte assez exactement du mode d’action des eaux sous le double rapport de leur composition et de leur distribution à la surface du sol. La quantité des pluies annuelles qui se déchargent sur une région du globe, le mode suivant lequel elles lui sont dispensées, le système d’irrigation naturelle qui en résulte, le parcours des eaux et leur écoulement, les réservoirs qu’elles forment, la surface totale d’évaporation qu’elles présentent, les matières qu’elles charrient ou qu’elles déposent, etc., exercent l’influence la plus directe et la plus énergique sur la fécondité de la terre, sur la variété et les qualités de ses productions, sur l’aspect extérieur et la santé des races animales qui l’habitent. Hippocrate a dit ; Ov yâp oTov te èrEpov érepep ioixivai uiîcop, une eau ne ressemble
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privée]
point à une autre eau (1) ; ajoutons qu’à ces différences de la nature des eaux correspondent des différences profondes dans la nutrition et la vitalité des êtres organisés qui s’en abreuvent; aussi le médecin de Cos, s’il a parfois erré dans l’explication des causes, a largement compris les effets produits par les diverses espèces d’eaux.
L’homme en particulier subit l'influence des eaux par plusieurs voies : 1° en imprimant les qualités spéciales aux produits du règne organique, elles modifient consécutivement sa nourriture, et par conséquent la composition de son fluide nourricier; 2° ingérées sous forme de boisson, elles passent directement dans la masse liquide de son organisme; 3° épanchées dans l’air sous forme de vapeur, elles sont en contact avec sa surface tégumentaire qui s’en imprègne, et elles agissent sur l’absorption pulmonaire et cutanée. De toutes ces manières elles établissent entre le sol et lui une circulation jamais interrompue. Enfin, leurs cours naturels, les rivières, les lacs, les fleuves, les mers qu’elles forment par leur répartition sur le globe, en même temps qu’elles représentent l’un des éléments les plus énergiques de la climatologie, servent aux communications des hommes réunis en société; elles ont été les premiers conducteurs des échanges du commerce, les premiers moteurs de l’industrie et les artères naturelles de la civilisation.
Répandue dans les trois règnes, l’eau constitue à l’état solide les masses éternelles des glaces accumulées sur les régions polaires, et les neiges qui de l’équateur aux pôles, couronnent, à des hauteurs inégales, les sommités de notre planète. Les glaces annuelles ont aussi leur utilité ; dans les mers du Nord, elles offrent presque tous les hivers une voie commode et rapide de communication entre des rivages éloignés; le fleuve Saint-Laurent envoie chaque année, dans l’Atlantique, une flotte chargée de glaces qu’attendent les populations des régions inter tropicales. Liquide, elle emplit le vaste bassin des mers : les recherches de Rigaud, d’Oxford, ont montré que l’étendue de la surface du sphermde terrestre non recouverte d’eau est à l’étendue que bai gnent les mers dans le rapport de 1 00 à 270. L’eau est le principal agent des c angements qui s accomplissent incessamment dans la croûte solide de notre
g obe ha nts lom |eg ung son[ ,e résultat de son actioa mécanique et
s au U es sont dus a sa puissance chimique. A-t-elle dissous un peu oxygéné, un peu d acide carbonique, des traces d’acide phosphorique ou
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en tiges végétales, en carapaces, en squelettes. La semence ièlée dnis I ' '"'i ne peut evenir plante avec Heurs et graines sans SÏ,* ' £
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M- LÉV’Ï- Hygiène, 5' édit.
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volatiles; la masse presque entière de la charpente du végétal, formée par du • tissu cellulaire, du tissu ligneux, de l’amidon ou des matières gommeuses, se représente par 12 molécules de charbon unies à 10 molécules d’eau (Dumas).
La présence de l’eau dans les tissus de la plante et de l’animal leur communique la plupart de leurs propriétés physiques; elle est 1 excipient de leurs principes nourriciers, la base de la sève et du sang, le véhicule par lequel s’opèrent les échanges de décomposition et de recomposition ; elle-même entre comme élément essentiel dans la formation de la tiame organique.
S’il est vrai que l’état de la surface du globe influe, suivant sa transparence ou son opacité, sur la distribution de la chaleur solaire; s il est viai que deux fluides, l’air et l’eau, contribuent à rendre cette distribution plus uniforme, et à compenser les inégalités des pouvoirs absorbants et des pouvoirs êmissifs du calorique qui différencient les continents, on comprend tout de suite le rôle immense que doit jouer l’eau dans la détermination des températures et des climats. Les eaux du globe présentant à l’action du soleil une aire trois fois plus étendue que les terres soulevées au-dessus du niveau maritime, la température totale de l’atmosphère, que l’on peut regarder comme le résultat de toutes les températures partielles de la surface du globe, est plus puissamment modifiée par le bassin des mers que par les parties solides ou continentales (1). Non-seulement la portion liquide du globe influe, en raison de son étendue, par un plus grand nombre de points sur la répartition de la chaleur solaire; mais encore l’action qu’elle exerce est plus uniforme, grâce à 1 homogénéité de sa surface et à l’égalité de courbure qu’elle conserve a l’elat d un équilibre stable ; aussi le navigateur qui parcourt l’immensité des mers a-t-i à supporter des transitions de température moins brusques que le voyageur qui explore les terres intérieures; ou, pour nous servir du langage de Humboldt, à travers la surface d’une vaste mer qui sépare deux continents, les inflexions des lignes isothermes sont moins prononcées, moins irrégulières, et elles s’écartent moins de la coïncidence primitive avec les parallèles à l’équateur que dans l’étendue des continents.
Dans l’exploration hygiénique des climats et des localités, il est donc essen tiel de déterminer le rapport de surface entre le sol et les eaux, entre la masse solide, opaque, et la masse liquide et diaphane. Plus ce rapport est mégah plus la température habituelle et la marche des saisons en seront modifiées. La proximité d’une grande collection d’eau tempère par son action sur le. vents les ardeurs de l’été et le froid de l’hiver : en été, la vaporisation qu s’opère incessamment à 'sa surface, absorbe une partie du calorique d l’atmosphère est imprégnée; en hiver, elle conserve une quantité consider de^chaleur qu’elle a acquise pendant rété. Comme les température « mers ne varient que dans une médiocre limite. .1 en résulté que la clialcu
(!) De [lumt.ol.lt, Asie centrale : Recherches sur les chaîne, de, montagnes, et * climatologie. Paris, 1843, t. III.
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phivée]
tend à s’y distribuer d’une manière égale entre les différentes saisons de l’année ; de là l’opposition entre le climat qui règne dans l’intérieur de vastes continents et le climat dont jouissent les îles, les contrées littorales et les continents péninsulaires, opposition dont les phénomènes variés influent sur la force de la végétation, sur la transparence du ciel, sur le rayonnement du sol et sur la hauteur où se porte la courbe des neiges perpétuelles. L’Europe présente un exemple remarquable des effets qui proviennent de la proportion des eaux et des terres, abstraction faite de ceux de l’orientation des côtes ou de leur exposition à tel ou tel vent prépondérant : à celte cause seule sont dus la différence minime des températures moyennes de l’année et le décroissement extrêmement lent de la chaleur depuis Orléans et Paris jusqu’à Londres, Dublin, Édimbourg et Franecker en Hollande, malgré l’augmentation de latitude de plus de 4 à 6 degrés, tandis qu’un seul de ces degrés détermine dans le système de climats exclusivement continentaux de l’Europe, entre les parallèles de Ù5 et 55 degrés, un changement de température annuelle de 0,62 (Humboldt).
La mer est l’inépuisable réservoir où sont puisées les eaux qui sillonnent le so ou s y rassemblent en lacs et en marais; l’évaporation immense dont elle
I est e siégé, activée par le soleil et par les courants atmosphériques, engendre les nuées, que les vents dispersent dans toutes les directions et qui s’épanchent en pluies, infiltrent les terres, forment de petits cours d’eau dans les profondeurs du sol, s’étendent en nappes souterraines, alimentent les sources jaillissent en fontaines, se réunissent en ruisseaux ou torrents, coulent en rivières
et, par une circulation nécessaire, retournent sous forme de fleuves dans le bassin océanique.
Le système hydrographique d’une contrée comprend l’ensemble des canair et des î éservoirs, soit souterrains, soit superficiels, au moyen desnuels le eaux se déversent et circulent sur toute l’étendue de son territoire Les ligne'
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superficielles. v Les lignes géologiques qui déterminent les contours des 1 masses minérales, dessinent en quelque sorte le squelette d’une contrée, tandis que lés ligues hydrographiques ne présentent que ces traits purement extérieurs qui, sur un même visage, varient avec les années (1). » C est d après ces définitions et ces considérations que l’on a établi une classification trèsrationnelle des cours d’eau de la France (2), dont nous reproduisons le tableau. Ce système hydrographique de notre pays se compose de quatre versants correspondant aux quatre réservoirs maritimes qu’ils reçoivent, de six grands bassins et de dix subdivisions hydrographiques secondaires :