‹ Traité d'hygiène (volume 2)Chapitre 107 sur 158 · V. - ÉCOLES DE PLEIN AIR · texte numérisé non relu

V. - ÉCOLES DE PLEIN AIR

C'est à Baginsky que revient l'honneur d'avoir eu le premier l'idée de la création d'écoles de plein air. Il réclamait, dès 1881, à la ville de Berlin, la fondation d'une semblable école: mais à ce moment le Conseil municipal de cette ville n'avait pas donné son approbation au projet, et c'est seulement en 1904 que fut installée à Charlottenbourg, à 3 kilomètres de Berlin, la première école de plein air.

ÉCOLES DE PLEIN AIR ©-655

Tous ceux qui ont plaidé en faveur de celte institution se sont inspirés des mêmes motifs : ils font valoir la vie sédentaire à laquelle on oblige les écoliers, le défaut d'aération et d'exercice dont ils souffrent, surtout dans les grandes villes, et enfin ils font prévoirie bénéfice que doivent tirer les enfants convalescents ou délicats de santé d'un séjour en plein air.

Il est certain que tous les écoliers, même ceux qui sont parfaitement sains, souffrent dans les grandes villes de la réclusion à laquelle ils sont condamnés; pour ces enfants sains, les mois de vacances passés à la campagne sont déjà la source d'un bénéfice considérable: ils peuvent le trouver dans la fréquentation des colonies scolaires de vacances.

Mais aux enfants appartenant aux catégories que nous aurons à définir tout à l'heure, la colonie scolaire n'est plus suffisante, et c'est à l'école de plein air qu'il appartiendra de rétablir leur santé compromise.

Quant à ceux dont la santé est altérée au point de devenir un danger pour leurs camarades (et nous pensons surtout ici aux cas de tuberculose ouverte et contagieuse), les écoles de plein air ellesmêmes ne conviennent plus : ce sont des sanatoriums-écoles qui devront leur être destinés ; nous aurons à parler de ces dernières institutions, qui n'existent encore qu'à l'état de projet ou d'ébauche.

Historique. — A côté du nom de Baginsky, qui conçut l'école de plein air, telle qu'elle a été réalisée, il faut placer le nom de Grancher,qui,par ses recherches sur la tuberculose chez les écoliers, et par les moyens de lutte qu'il s'efforça de mettre en vigueur contre cette affection, fut un véritable promoteur des écoles de plein air. En effet, c'est lui qui, en France, montra le premier que les moyens jusqu'ici employés étaient insuffisants ou même inutiles; soigner la tuberculose ouverte de l'enfant est trop souvent illusoire; au contraire, séparer l'enfant du milieu contaminé [pour le placer dans un milieu sain, l'arracher à l'atmosphère confinée des villes pour le transplanter au plein air de la campagne, c'est le véritable moyen de « sauver la graine ». C'est Grancher encore qui disait : « Les enfants reconnus malades seront placés à la campagne dans un sanatorium-école, où ils continueront leurs études sous la surveillance étroite du médecin ». Ses conceptions étaient sans doute un peu différentes de celles qui aboutirent à la création des écoles de plein air, mais la croisade qu'il mena en France a été la première indication utile sur le remède à apporter à la tuberculose confirmée ou prévue, chez les jeunes enfants.

A Charlottenbourg, sous le nom de « Waldschùle » ou « école <le la forêt », fut fondée, en 1904, la première école de plein air qui servit de modèle à toutes celles créées depuis lors. Elle est située

dans une forêt de pins, sur une hauteur, à 3 kilomètres environ de la ville, dans les meilleures conditions possibles d'aération et d'altitude. Cette école abrite 240 enfants, pendant la belle saison seulement; c'est un externat où les enfants viennent chaque matin pour rentrer chaque soir dans leurs familles.

La ville de Mulhouse créa à son tour une école de plein air en 1906; elle est faite pour 100 enfants qu'amène chaque jour le tramway; l'école est installée dans une propriété de 3 hectares appelée « l'Ermitage » ; le rez-de-chaussée seul est utilisé pour les locaux de l'école de plein air ; les étages supérieurs servent aux enfants assistés ou aux enfants convalescents.

A Elberfeld, à Munchen-Gladbach, des écoles analogues ont été créées.

En Angleterre, en mai 1907, la commission scolaire du « London County Council» émet le vœu d'aménager des écoles de plein air sur le modèle de celle de Charlottenbourg; ainsi fut créée l'école de Bostall-Wood, qui possède un enclos boisé de 8 hectares avec des pelouses et des hangars pouvant servir en temps de pluie aux classes et aux repas. Deux tentes, fournies par l'armée, servent aux instituteurs ; dans cette installation de fortune fonctionne une école de plein air qui donne les résultats les plus satisfaisants. Nous reviendrons plus loin sur quelques détails de son installation.

Les résultats furent jugés si encourageants que trois nouvelles écoles furent créées dans les environs de Londres, chacune pouvant recevoir soixante-quinze enfants répartis en trois classes de vingtcinq enfants.

En Italie, des écoles de plein air ont été installées ces dernières années à Rome ; elles ont comme particularité de rester ouvertes toute l'année, ce que permet le climat de l'Italie. Elles sont installées dans Rome même, au nombre de huit, dans les espaces libres qui existent au centre ou dans les environs immédiats de la ville. Les bâtiments se composent de simples baraques en bois, chacun d'eux abritant une classe de trente-six élèves.

En France, la ville de Lyon a créé une école de plein air internat en 1907, dans une propriété située à 8 kilomètres environ de la ville (fîg. 321). Il y a un parc de 7 hectares avec bois et vastes pelouses. Le bâtiment principal est un château qu'il a été très facile d'aménager en vue de sa nouvelle destination. Les pièces principales, les escaliers, les vestibules y sont largement aérés par des ouvertures nombreuses et de dimension suffisante. Nous emprunterons de nombreux détails à l'organisation vraiment très intéressante de cette école du Vernay.

Recrutement des élèves des écoles de plein air. — Les enfants qui sont justiciables de l'école de plein air doivent être divisés en deux catégories principales.

ECOLES DE PLEIN AIR

1° Les enfants qui présentent un trouble passager de leur santé, consécutif le plus souvent à une maladie aiguë. Ce sont des convalescents qui n'auraient généralement pas besoin d'un séjour très prolongé et qui seraient peut-être plutôt justiciables d'une colonie scolaire ou d'un dépôt de convalescents que d'une école de plein air, proprement dite.

2° Les enfants présentant un trouble permanent de leur santé : ce trouble peut tenir soit à une altération permanente de leur santé générale (trouble « diathésique », tel que les manifestations atténuées de la scrofule, du lymphatisme ou les états anémiques), soit être consécutif à une maladie chronique. Parmi ces maladies, il faut citer les affections du cœur, les diverses lésions du squelette,

W»*ë*im».

Fig. 321. — École du Vernay ; Récréation (cliché du Dr Vigne).

en dehors de l'état aigu relevant d'un traitement médical véritable, enfin et surtout, la tuberculose sous sa forme latente, fermée, et en particulier la tuberculose ganglio-pulmonaire.

C'est d'ailleurs sous ces différents titres qu'ont été groupés à Charlottenbourg et ailleurs les enfants justiciables des écoles de plein air.

On exclut bien entendu toutes les maladies contagieuses et les affections ayant besoin d'un traitement médical régulier et suivi.

C'est surtout la tuberculose ganglio-pulmonaire. qui fournira la partie de beaucoup la plus importante de la population des écoles de plein air. Aussi son diagnostic précis devra-t-il être établi par ceux qui seront chargés de la sélection des enfants à envoyer dans ces écoles. Rappelons que les signes sur lesquels ce diagnostic est basé sont fournis surtout par les symptômes de l'adénopathie trachéobronchique et par ceux des lésions pulmonaires à la période

Tkaité d'hygiiîne.

de germination de Grancher. A l'heure actuelle, les procédés de laboratoire, la cuti ou l'intradermo-réaction, la radioscopie, ne permettraient pas, à notre avis, une sélection suffisamment éclairée et facile de la tuberculose ganglio-pulmonaire (Voir plus haut : Examen de V appareil pulmonaire).

Il est désirable qu'il soit établi une fiche médicale qui accompagnera l'enfant à son entrée à l'école de plein air et sera tenue à jour pendant le séjour dans cette école.

Un certain nombre d'enfants doivent être systématiquement exclus de V école de plein air : ce sont ceux qui présentent des lésions de tuberculose ouverte, que l'affection siège au niveau des poumons ou qu'elle siège au niveau de ganglions ou d'articulations sous forme de tuberculose ganglionnaire ou ostéo-articulaire.

Certains d'entre eux présentent un danger d'un autre ordre : tels sont leschoréiques, les épileptiques et certains hystériques. On peut craindre les impulsions, la contagion par imitation, ou même la contagion morale, surtout chez les fillettes. Devront encore être exclus les enfants dont le caractère indiscipliné seraitunecausede perturbation.

A Lyon, le Dr Vigne s'est inspiré des idées de Grancher pour accepter de préférence dans ces écoles les enfants atteints de tuberculose latente ganglio-pulmonaire.

A Charlottenbourg, les enfants reçus à l'école de plein air sont divisés en quatre catégories :

Enfants atteints d'anémie;

Enfants atteints d'affections cardiaques ;

Enfants atteints de lésions de scrofule, de lymphatisme;

Enfants atteints de tuberculose ganglio-pulmonaire.

A Mulhouse, on a été un peu plus sévère en éliminant les formes latentes ou fermées de tuberculose, et en ne prenant que les enfants pour lesquels on était à peu près certain d'avoir un succès facile et brillant ; à notre sens, cette exclusion est une erreur, en privant du bénéfice de l'école de plein air les enfants qui en ont le plus grand besoin.

Ces procédés de sélection s'appliquent aussi bien à l'école de plein air externat qu'à l'école de plein air internat.

Établissement de l'école de plein air. — Le choix de l'emplacement est des plus important. 11 n'est pas nécessaire que l'école soit placée au milieu de la forêt, comme à Charlottenbourg ou à Shrewsbury(fig. 322). Il nous paraît préférable d'avoir quelques bouquets d'arbres permettant de mettre les enfants à l'ombre, pendant les heures chaudes de la journée, au milieu d'espaces découverts et largement aérés et ensoleillés. Dans nos climats tempérés, il règne souvent, dans les régions boisées, un certain degré d'humidité qui ne serait pas des plus favorable. L'école doit, en effet, être installée dans un endroit sec, non exposé au brouillard de la matinée ou de

ECOLES DE PLEIN AIR

la fin de la journée ; elle sera de préférence à flanc de coteau, à l'abri du vent régnant ; il faut encore que l'école soit assez rapprochée de la grande ville pour que les enfants accomplissent sans fatigue leurs allées et venues; il ne faut pas que l'éloignement excède 6 à 7 kilomètres.

Dans la plupart des écoles existantes, on s'est servi des locaux trouvés dans la propriété transformée en école de plein air pour y

Fig. 322. — Ecole de Shrewsbury-House; récréation sous bois (cliché communiqué par M. Kriedel).

installer les différents services nécessaires. En effet, les enfants devront, autant que possible, vivre au dehors.

Pour les écoles de plein air externat, il n'y a à prévoir, comme bâtiments couverts, que des locaux suffisants pour loger les enfants les jours de pluie.

De simples barraquements, d'étendue et de hauteur assez vastes pour réaliser les meilleures conditions d'aération, et très largement ouverts de manière à ce que la lumière y pénètre à flots, seront l'installation la plus économique et la plus saine à la fois. Un de ces barraquements servira de classe; on en prévoira un autre pour le réfectoire, les enfants pourraient jouer dans ce dernier, à défaut de préau couvert, les jours de pluie ou de mauvais temps.

Un hangar pouvant être clos les jours de mauvais temps sera

mery et genévrier.

réservé pour la sieste: son orientation sera celle de la galerie de cure des sanatoriums. Le soleil devra y pénétrer suffisamment sans que, toutefois, il devienne une gène pendant les jours d'été ; d'ailleurs, aussi souvent que possible, cette sieste se fera en plein air, à l'ombre du bois ou des bâtiments.

Des annexes seront installées pour la cuisine, le logement des maîtres, les bains-douches, les water-closets.

La question de l'eau est fort importante. Autant que possible l'école sera construite à proximité dune canalisation et d'un

système d'égouts. Si ces installations n'existaient pas, on pourraità la rigueur les remplacer par des moyens de fortune, tels que de vastes réservoirs d'eau filtrée, et pour les privés, un système diviseur ou de fosse septique mettant l'école à l'abri de tout danger d'infection.

La plupart des écoles établies jusqu'à ce jour ont été installées, disionsnous, dans des locaux déjà existants dont on est arrivé à tirer un excellent parti. Pour les écoles à construire de toutes pièces, nous croyons qu'on peut le faire dans des conditions très économiques. Nous citerons à titre de modèle les écoles de plein air de la ville de Rome.

Ces écoles se composent de simples baraquements en bois, formant des pavillons isolés, dont chacun constitue une école indépendante. Le plan en est dû à l'ingénieur Saffi. Chaque pavillon mesure 13m,50 sur 6n\50 et une hauteur de 4m,30(fig. 323, 324, 325 et 326). La construction est formée d'une charpente de bois de sapin facilement démontable; elle comprend un cadre reposant sur le sol et légèrement surélevé; sur ce cadre se fixent des montants dans l'intervalle desquels vient se placer un remplissage en bois de pitchpin.

La disposition des parois est telle qu'à l'intérieur il n'y a presque pas de relief apparent ; les parois sont lisses et facilement nettoyables.

Fig. 323. — École de plein air de Rome, dans les jardins du château Saint-Ange (cliché du D* Gayla).

A gauche, on voit l'angle du pavillon scolaire; au fond, une tente-cuisine et une tente pour la sieste.

ECOLES DE PLEIN AIR

Ce pavillon se compose d'une salle de classe et d'annexés. La salle de classe mesure 6 mètres sur 8 : elle est éclairée par neuf ouvertures; les six ouvertures latérales forment de larges fenêtres,

□DQDaanDODii:

QDŒLmaDnm an un un un nnnn

nnunnnnnnnnn

nBUBOBuannuQ

«•" "ta

Fig. 324. — Plan du pavillon Saffi.

1, salle de classe; 2, lavabo; 3, cuisine; 4, cabinet du maître; 5, vestibule.

tandis que celles qui occupent le devant du pavillon sont trois portesfenêtres qui font communiquer l'école avec la campagne avoisinante.

Il existe donc un éclairage diffus et extrêmement intense.

La surface des baies éclairantes est d'environ la moitié de la surface totale des quatre parois de la classe. Cette classe peut loger trente-six élèves.

La salle de classe est séparée des annexes par une cloison en bois.

Une porte médiane conduit à un large vestibule qui sert de vestiaire. A droite et à gauche de ce vestiaire s'ouvrent des lavabos et des water-closets d'un côté et, de l'autre, une cuisine et un cabinet pour le directeur.

L'eau potable est fournie par des fontaines auxquelles les enfants

Fig. 325. — Pavillon Saffi (cliché du Dr Gayla).

vont boire directement à un petit jet d'eau vertical, sans qu'il soit besoin d'user de gobelet commun et sans que les lèvres des enfants puissent toucher le bec du jet d'eau grâce à ce dispositif très ingénieux.

Leswater-closets sont munis de chasses d'eau automatiques et sont en relation avec l'égout. Dans les écoles où l'eau n'a pas pu être amenée et où n'existe pas d'égout dans le sous-sol, on a installé des réservoirs, et le tout à l'égout a été remplacé par un système diviseur situé assez loin du pavillon.

Le mobilier des écoles de plein air est composé de tables et de chaises^légères que l'on peut facilement transporter d'un endroit à l'autre, suivant que la classe se fait à l'intérieur ou à l'extérieur, dans

tel ou tel emplacement qui paraîtra le mieux convenir, étant donnée la température ou la direction du vent. On peut aussi laisser à demeure, dans certains endroits bien abrités, des mobiliers rustiques que les enfants utiliseront à certaines heures de la journée.

A Rome, le mobilier scolaire dont sont garnies ces écoles est extrêmement intéressant. Il se compose d'un banc portatif (fig. 327 et 328) imaginé par Armaroli ; cette table-banc consiste en deux pliants accouplés et dont l'un sert de siège et l'autre de pupitre. Ce banc est très léger, etune fois replié, grâceà des bretelles analoguesàcelles des havresacs, il peut être porté à dos d'enfant : une petite sacoche est appendue sous le pupitre ; les enfants y rangent leurs crayons et leurs livres, qui sont transportés du même coup. Chaque écolier est muni d'un porte-plume-réservoir qui évite le transport des encriers.

Ce banc, qui est très léger, ne présente évidemment pas une extrême solidité, mais son prix de revient est très modeste, et il peut être aisément remplacé. Ce mobilier se fait en trois tailles différentes, ce qui permet de l'adapter d'une façon suffisanteaux tailles des différents écoliers.

Le pupitre présente une inclinaison normale sur l'horizontale; le banc et le pupitre sont à une distance légèrement négative. Le

Fig. 326. — Les enfants sortent du pavillon, chargés de leur table-banc (cliché du Dr Cayla).

ÉCOLES DE PLEIN AIR

dossier monte jusqu'à la région lombaire, si bien que, dans sa simplicité, celte table-blanc répond à toutes les exigences des hygiénistes.

Ce mobilier portatif permet aux enfants d'entrer ou de sortir de classe à chaque instant de la journée, suivant les conditions atmosphériques (fïg. 326). Au moindre changement de temps, coup de vent ou averse, la classe qui se faisait à l'extérieur peut en quelquessecondes être transportée à l'intérieur du pavillon. Nous avons vu les écoliers exercer cette manœuvre en ordre parfait; il ne leur faut pas plus

Fig. 327. — Table-banc Armaroli repliée et chargée sur les épaules de l'écolier.

Fig. 328. — Table-banc dépliée.

d'une demi-minute pour charger leurs épaules de leur table pliante : le poids de celle-ci, qui ne dépasse pas lks,500, permet d'aller à une certaine distance du pavillon, là où Ton se trouvera à l'ombre ou à l'abri du vent.

Les instituteurs ont signalé les difficultés qu'il y a à faire écrire ou lire les enfanls en plein air, où la moindre brise suffît pour déplacer les papiers; la difficulté de transporter les encriers a été également objectée: on obvie en partie à ces inconvénients en munissant les enfants d'ardoises sur lesquelles ils peuvent tracer les exercices courants ou en leur fournissant, comme à Rome, des porte-plumes à réservoir dont il existe maintenant des modèles très peu coûteux.

Fonctionnement des écoles de plein air. — Les écolesinternats et lesécoles-externals peuvent avoir des organisations analogues. Dans l'une comme dans l'autre, les enfants doivent faire un séjour de deux ou trois mois au moins pour tirer un bénéfice suffisant.

On a reproche aux écoles-internats leur prix de revient assez élevé (1); en réalité, les frais de première installation présentent une différence appréciable ; quand, comme au Vernay, la propriété où est installée l'école est due à une libéralité, les dépenses sont en réalité minimes ; c'est ainsi que, en 1910, pour 100 enfants réparti en deux sériesdu lermaiau30septembre, l'écoledu Vernay n'a pas euunbudget supérieure 14 000 francs; l'école anglaise de Bostall, qui est un externat et qui reçoit 100 enfants de mai à octobre, a un budget d'environ 16000 francs. On voit que les deux systèmes ne présentent pasunprix de revient très différent, si l'on ne considère que le prix d'entretien.

Une tentative intéressante- vient d'être faite à Paris, en faveur des enfants du XXe arrondissement ; une école de plein air a été installée dans un ancien séminaire, au voisinage de Mortain (fig. 329) , dans les meilleures conditions d'hygiène et d'aération ; elle fonctionne « en régie », et le prix de revient par jour et par enfant est d'environ 1 fr. 50. Le premier groupe d'enfants, qui a profité de cette école, et que nous avons examiné avec le Dr Dufestel, a tiré un bénéfice considérable de ce séjour. Ajoutons que cette école de plein air est la première qui ait été créée pour les enfants parisiens.

A Mulhouse, où l'école est ouverte six mois, du 7 mai au 7 novembre, on reçoit deux séries de J00 enfants séjournant chacune trois mois; les dépenses courantes sont de 17 000 francs.

En Angleterre, le prix de revient pour chaque enfant serait d'environ 1 fr. 50 par jour.

On voit que, dans tous les pays où les écoles de plein air ont été organisées, elles l'ont été à peu de frais, et que leur entretien luimême n est pas une lourde charge pour lesbudgets des municipalités.

Nous parlions toutàl'heure des écoles de plein air de Rome, dont l'installation peut être réalisée à peu de frais et en quelques semaines ; chacun des pavillons dont nous avons donné la description ne coûte guère plus de 6 000 francs, y compris les annexes qui en dépendent.

Ces écoles de plein air dans leur simplicité ne sont sans doute pas destinées aux pays où les mois froids et pluvieux sont en majorité, mais, dans les pays tempérés et chauds, elles sont appelées à rendre les plus grands services. A Rome, elles restent ouvertes toute l'année; il pourrait en être de même dans le Sud de la France; et, dans certains de nos départements moins privilégiés, elles pourraient cependant recevoir leurs élèves pendant cinq ou six mois de l'année ; nos écoles de plein air externats ne peuvent pas espérer d'ailleurs retenir plus longtemps les enfants. Elles ne peuvent guère être fréquentées que de mai à septembre.

(1) Nous n'entendons parler ici que des écoles destinées aux enfants de l'enseignement primaire. Il existe en France, — et l'école des Roches a été un des premiers établissements de ce genre, — quelques écoles installées en pleine campagne, dans les meilleures conditions d'hygiène ; mais ces établissements s'adressent à une clientèle riche.

ECOLES DE PLEIN AIR

Dans une ville comme Paris, il n'y a que de rares quartiers oùles enfants pourraient se rendre à pied, sans aide d'un moyen de locomotion quelconque, de leurs domiciles à l'école de plein air.

La disposition de Rome a permis au contraire d'installer en pleine ville des écoles de plein air : avec un peu de bonne volonté, il y a bien des grandes villes françaises où des installations analogues pourraient être de suite réalisées.

La question des transports a été résolue de différentes façons ; le plus souvent ce sont des tramways qui, partant le matin d'un quartier central delà Ville, amènent les enfants à l'école; le retour se fait

Fig. 329. — La sieste à l'École de plein air de Normandie (écoliers du XXe arrondissement de Paris).

dans les mêmes conditions ; ces tramways, consacrés uniquement à la population del'écoledepleinair,peuvent,encoursde route, s'arrêter en différents points où les enfants sont pris au passage. Ce moyen de transport esta la fois pratique et économique ; dans les villes où il est adopté, le prix de revient n'estquede quelques centimes par jour et par enfant.

On a objecté que ce voyage, répété deux fois par jour, était une cause de fatigue considérable pour les élèves de l'école de plein air; en réalité, les quelques minutes passées en tramways, sont bien peu de chose, eu égard aux longues heures que l'enfant passera à la campagne dans les meilleures conditions possibles d'hygiène, et l'on ne doit pas s'arrêter à cette objection.

Uemploi du temps dans les différentes écoles actuellement exis-

tantes, présente beaucoup de ressemblance. A l'école du Vernay (internât), l'emploi du temps est le suivant :

7 heures. — Réveil.

7 h. 1/4. — Lavabo et water-closet.

7 h. 3/4. — Premier repas.

8 à 9 heures. — Jardinage.

9 à 10 heures. — Étude eu plein air.

10 heures. — Deuxième repas.

10 h. 1/2 à 11 heures. — Etude en plein

air.

]i heures à midi. — Récréation.

Midi à 1 heure. — Troisième repas.

1 h. 1/4 à 2 heures. — Sieste.

3 à 4 heures. — Étude en plein air.

4 à 5 heures. — Quatrième repas. Récréation.

5 à 6 heures. — Étude en plein air.

6 à 7 heures. — Jardinage.

7 heures. — Cinquième repas.

S heures. — Dortoir.

Voici l'emploi du temps dans les écoles de Rome :

7 h. 30. — Réunion des enfants dans un emplacement central de leur quartier et assez voisin de l'École.

7 h. 45. — Départ pour l'école.

8 heures. — Arrivée et court repos.

8 h. 15 à 8 h. 45. — Première leçon.

8 h. 45 à 9 h. 30. — Collation et récréation.

9 h. 30 à 10 heures. — Seconde leçon.

10 heures à 10 h. 30. — Repos, récréation. 10 h. 30 à 11 heures. — Troisième leçon.

10 heures à 11 h. 30. — Récréation, jardinage, travail manuel, gymnastique respiratoire, dessin, chant.

10 h. 30 à 12 heures. — Quatrième leçon. 12 heures à 12 h. 15. — Propreté individuelle.

12 h. 15 à 13 heures. — Repos.

13 à 15 heures. — Sieste ; repos dans le bois ou sous la tente. 15 à 16 heures. — Lecture, leçon de choses, promenade, goûter.

10 h. 30 à 18 heures. — Récréation, travail manuel, jardinage, dessin, gymnastique sportive, promenade, excursion, visite des monuments. 18 heures à 18 h. 30. — Repos.

18 h. 30 à 19 ou 20 heures. — Hetour à la maison.

Ce programme est extrêmement coupé, il laisse une large place aux leçons de choses, au repos et aux récréations.

Voici, d'après Delpérier, l'emploi du temps de lécole de Charlottenbourg :

7 h. 45. — Départ des petits voyageurs. Quelques-uns n'habitant pas loin de l'école viennent à pied. Le prix du billet pour le transport par tramway est de 3 marks par mois. La ville ou la compagnie des tramways offrent le transport aux enfants très miséreux.

A l'arrivée, déjeuner.1

De 8 heures à 10 heures, classe avec repos toutes les demi-heures.

De 10 heures à midi et demi, jeux, gymnastique, travaux manuels ou lecture.

A midi et demi, dîner. Après le repas, sieste.

De 3 heures à 4 heures, classe.

4 heures. — Collation.

De 4 à 6 h. 45. jeux.

6 h. 45. — Dernier repas.

7 heures et 7 h. 30. — Retour à la maison.

Le tableau ci-contre résume l'emploi du temps de Técole de plein air de Bostall Wood :

ÉCOLES DE PLEIN AIR

ce

Cfl

rr.

0^> CTi

en

î8 tn -

respn toire et chanl

O ? te *j

Sh ~~

■ri ~ y ,-.

y en o -C

K ÇL> *-> y

a fa

ts 3

CJ

'xnof

■ "sajnsoiu 'onbi)c.irt anbiiouiqiijy

'.i]o.i)uo3

Jomiofo(|

<X> Pi

Ces emplois du temps méritent quelques réflexions : Tout d/abord, quelle doit être la part réservée au travail intellectuel à l'école de plein air ? Celui-cidoit être très modéré et ne guère dépasser deux heures de durée; les classes auront surtout lieu le matin, c'est ce qui se fait à Charlottenbourg. Dans l'école de Lyon, on a réservé deux heures l'après-midi pour le travail intellectuel, et cesclasses un peu prolongées pour des enfants débilités seraient avec avantage supprimées ou au moins diminuées.

L1 enseignement doit être inspiré des conditions spéciales où sont placés ces enfants dans ces écoles. Chaque classe ne devra pas comp-

Fig. 330. — École de Montpelier-House ; leçons d'arithmétique pratique (phot. communiquée par M. Friedel).

ter plus de vingt-cinq à trente écoliers; l'enseignement sera surtout objectif. Les maîtres s'attacheront à développer chez leurs élèves les sens delà vision, de l'audition et du toucher; cette méthode, nous l'avons dit déjà, est infiniment supérieure à l'éducation trop théorique donnée dans les écoles urbaines.

La discipline sera toujours très douce; comme il s'agit d'enfants malades, les punitions seront autant que possible laissées de côté.

Au contraire les jeux, les travaux manuels, les exercices d'application sur le terrain doivent avoir une part prépondérante dans les écoles de plein air. Les Anglais paraissent avoir réalisé d'une façon

ECOLES DE PLEIN AIR

fort : intelligente la question de l'instruction en plein air; ils ont multiplié les leçons pratiques de botanique, de géologie, de métrage ou d'arpentage (fig. 330) ; la géographie elle-même est enseignée par des dessins pratiqués sur le terrain, avec reliefs et cours d'eau figurés par des tas de gable ou des rigoles; cette manière d'instruire les enfants est particulièrement attrayante, et elle donne au point de vue pédagogique les meilleurs résultats.

Il faut éviter les jeux fatigants, trop mouvementés ou trop bruyants, qui, loin de favoriser la reprise du poids, la retardent plutôt.

Fig. 331. — École de Bisley-House; travaux de jardinage et réfectoire en plein air (phot. communiquée par M. Friedel).

Parmi les travaux manuels, le jardinage (fig. 331) tient naturellement la première place ; certains exercices de modelage, de terras sèment, peuvent également être très profitables ; pour les fillettes, on recommande la couture, la coupe et les soins ménagers, y compris la cuisine, qui, en Angleterre, est également enseignée dans les écoles de plein air.

La sieste doit être considérée comme un des éléments de succès de l'école de plein air : elle doit être faite après le repas de midi, sur des chaises longues (fig. 329), tout à fait en plein air, ou sous un hangar à l'abri du vent, mais largement aéré ; la durée de la sieste doit être de deux heures.

Alimentation. — Il faut s'efforcer de réaliser dans les écoles de plein air une sorte de suralimentation qui sera justifiée par ces raisons que l'enfant y aura plus d'appétit et y assimilera mieux; le nombre des repas doit être multiplié.

En Allemagne même, la nourriture distribuée aux enfants nous paraît un peu substantielle ; il y a là, sans doute, une question de milieu et d'habitudes locales.

A Charlottenbourg, les enfants reçoivent :

A leur arrivée à l'école, vers 8 heures, un bol de soupe avec une tranche de pain beurré.

A 10 heures, collation composée d'un ou deux bols de lait avec pain noir.

A midi et demi, dîner avec 100 grammes de viande, soupe et légumes.

A 4 heures, lait, pain noir et compote.

A 6 heures trois quarts, souper : tisane d'avoine, cacao, pain noir et beurre. i

A l'école de Vernay, l'alimentation est très choisie et très variée; nous reproduisons, d'après le Dr Vigne, les indications suivantes relatives à la nature, à la quantité et à la distribution des aliments :

Viandes.

Lundi Veau.

Mardi Bœuf.

Mercredi Mouton.

Jeudi Bœuf ou volaille.

Vendredi Veau .

Samedi Mouton.

Dimanche Bœuf, ou volaille ou lapin.

Poisson frais une fois par semaine.

Poids journalier approximatif des principaux aliments pour chaque enfant.

Pain 400 grammes .

Viande (pesée crue) 150 à 200 grammes.

Légumes secs 14 centilitres.

— verts 25 —

Vin 25 —

Lait 90 —

Fromage 15 grammes.

Confiture 25 —

Pâtes alimentaires ou riz 50 —

Indications générales du régime.

Premier repas. — 7 heures.

/ 300 grammes de lait cru non sucré, ou chaud et sucré,

avec pain, rôti ou non, à discrétion.

i Ou :

1300 grammes de café au lait avec pain à discrétion. Au choix. I Ou :

i 300 grammes chocolat au lait avec pain rôti.

J Ou :

I 100 grammes de pain avec chocolat, beurre, confiture ou

\ fromage.

ÉCOLES DE PLEIN AIR. 6-671

Deuxième repas. — 10 heures :

Un œuf, lait, paiu à volonté (pain bis). Ou lait cru, 300 grammes.

Troisième repas. — Midi :

Viande.

Légumes verts.

Fromage.

12 centilitres de vin.

(Le jeudi et le dimanche, une sardine à l'huile en plus.) Quatrième repas. — 4 heures.

Lait beurre, 300 grammes.

Ou:

i 100 à 150 grammes de pain avec fromage, beurre, chocolat i confitures ou fruits.

] Ou :

Au choix. 200 grammes de lait avec deux biscuits secs. 1 Ou :

I Bouillie avec 200 grammes de lait et une cuillerée à soupe f de farine d'avoine ou de froment.

Ou :

\ Cacao au lait.

Cinquième repas. — 1 heures :

Soupe .

Légumes secs ou verts.

Œufs.

Fruits, confiture ou fromage.

12 centilitres de vin.

Les menus sont établis parsemaine et contresignés par le médecin de l'école.

Lorsque le temps le pepmet, les repas eux-mêmes sont effectués

au dehors.

L'alimentation fournie aux écoliers du Vernay est très satisfaisante par la variété et le choix des aliments: nous y ajouterions volontiers une ration de viande crue donnée soit au repas de midi, soit dès le matin à l'arrivée à l'école ; dans la prétuberculose, il y a dans cet aliment de facile digestion un élément de succès qu'il ne faut pas

négliger.

Résultats. — Les séjours dans les écoles en plein air sont d'une façon générale un peu trop réduits; ily aurait grand avantage à ce que les enfants puissenty restertout un été. Nous avons vu que, dans l'école lyonnaise, aussi bien que dans les écoles allemandes, la durée du séjour n'excédait pas le plus souvent deux à trois mois. - Malgré la brièveté relative de cette vie au grand air, les résultats ont été partout remarquables, aussi bien au point de vue physique qu'au point de vue intellectuel ; on a régulièrement noté, en effet qu'après le séjour à l'école de plein air les enfants avaient une attention plus soutenue et un esprit plus éveillé.

D'après les observations des enfants suivis à l'école du Vernay par le Dr Vigne, les résultats physiques sont des plus importants : durant la première semaine, malgré le changement de milieu et des soins très attentifs, on observe une augmentation insignifiante de l'embonpoint ; il faut une période d'adaptation pour que les

672 MKKV ET GÉiNÉVRÏER. — HYGIEftÈ SCOLAIRE.

enfants retirent du nouveau régime un bénéfice apparent ; notons que lès écoliers admis à l'école du Yernay se composent uniquement de prétuberculeux et môme de tuberculeux à la première et à la seconde étape de Grancher.

« Dans le premier groupe, composé uniquement de prétuberculeux , ditleDr Vigne, au sens de Grancher, c'est-à-dire de simples suspects, sans lésions apparentes, nous trouvons des augmentations de poids qui varient de 3 kilogrammes à 4k°,900.

« Dans un second groupe, composé d'enfants à la première étape, c'est-à-dire de véritables malades, nous n'enregistrons plus qu'une augmentation moyenne de 2k*,2U0.

« Dans un troisième groupe enfin, composé d'enfants plus gravement atteints encore, d'enfants arrivés à la deuxième étape de Grancher, nous atteignons à peine une moyenne de lkg,500.

« Tels quels, ces résultats en poids sont très encourageants dans leur ensemble. Ils le sont bien davantage encore si Ton envisage maintenant les modifications dont ils s'accompagnent dans les symptômes pulmonaires, modifications perceptibles par l'auscultation principalement et aussi par la mensuration thoracique. Et c'est ici vraiment qu'apparaît toute l'importance et la supériorité de l'œuvre nouvelle. Toujours, chez tous les enfants, à quelque catégorie qu'ils appartiennent, on a pu constater, après une période de séjour de quelques semaines, une amplification notable du jeu thoracique. Le poumon se développe mieux et plus largement, la respiration devient plus franche et plus profonde. Ce phénomène, surtout apparent chez les sujets absolument indemnes de lésion à leur arrivée, est également manifeste chez ceux d'entre eux déjà atteints des troubles pathognomoniques de la première ou de la seconde étape de Grancher.

« Les asymétries respiratoires, indices des lésions de la première étape, deviennent le plus souvent imperceptibles après une période de trois mois. Même chez des enfants ayant atteint la deuxième étape, lessignes physiques pathognomoniques s'atténuent la plupart du temps de façon très sensible.

« Chose particulièrement intéressante, les améliorations ainsi obtenues paraissent durables et définitives pour la majorité. Dans le courant de Tannée 1908, ont été revus à peu près tous les pensionnaires de 1907; or, en dépit des conditions défectueuses d'existence que, pour la plupart, ces enfants ont retrouvées dans leurs familles, on a pu constater chez eux non seulement le maintien des améliorations pulmonaires, maisaussi celui de l'état général; huit enfants faisant seuls exception à cette règle et présentant encore des signes pulmonaires suspects ont été admis à une seconde période de cure, conformément auxindicationsdu Pr Grancher. Cinq d'entre eux, sous l'influence de cette cure supplémentaire, ont pu revenir (à peu près intégralement, cette fois) à la santé.

ECOLES DE PLEIN AIR. «—673

« L'heureuse inHuence du séjour otde l'exercice au plein air et à la grande lumière, sur les organes respiratoires, ne se traduit pas seulement d'ailleurs par des signes stéthoscopiques.

« Elle est très nettement décelable aussi par un système rationnel de mensurations thoraciques, régulièrement mis en pratique àTécole lyonnaise de plein air.

« Le périmètre thoracique en inspiration et en expiration forcées est repéré sur chaque élève, au moment de l'arrivée et au moment du départ. La différence entre les deux positions respiratoires peut être considérée comme représentant le degré del'ampliation pulmonaire. Or, tandis que cette différence entre l'inspiration et l'expiration forcées est, en moyenne, de 4cm,30 à l'arrivée, elle est de 6cm,55 au moment du départ, soit une augmentai ion moyenne de 2cnY25 par élève. Tel enfant, qui n'a qu'un écart de 5 centimètres entre ses deux mouvements respiratoires extrêmes à l'arrivée, peut donner jusqu'à 9 centimètres au bout de trois mois, ayant donc amélioré dans des proportions appréciables sa ventilation pulmonaire. »

Ces résultats sont consignés, au Vernay, sur des fiches dont nous donnons ici un spécimen :

Enfant R..., onze ans. — A l'entrée. — Poumon droit suspect.

DIAGRAMME THORACIQUE (l).

Ampliation / Inspiration 63cm,5

thoracique )

totale. ( Expiration 60cm,5

Différence 3CU1,0

Le cyr tome Ire indique une infériorité notable d'ampliation sur te côté suspect marqué d'une -f- {Voy. les chiffres ci-après).

Colonne dorsal.

4^i™^yr--y.

■btefnunn

Eig. '.Y.V2. — Tracé pris à l'arrivée.

il) Lc^ tracés reproduits ici sont la réduction au tiers environ des diagrammes Traité d'hygiène. VI. — ^3

MERY ET GENÉVRIER

HYGIENE SCOLAIRE

\ mpliation thoracique à droite:

Inspiration 30cm,5

Expiration 30om,0

Différence , 0c,n.5

impli&tion thoracique à gauche

Inspiration 33cm,o

J^.xpiration . .U)cm,n

Différence' 2 .5

Enfant R..., onze ans. — Au départ.

Page 1