‹ Traité d'hygiène (volume 3)Chapitre 15 sur 129 · OT · texte numérisé non relu

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nos inscrits, adonnés à la pêche dès leur enfance, dont l'instruction est forcément très négligée. Sans doute, pour ceux qui devancent l'appel, on exige le certificat d'études : mais, à défaut de ce titre, une attestation du maire du village en tient lieu, certifiant que le jeune homme a suivi les coursde l'école primaire ! Quant aux appelés, un grand nombre est illettré, ou à peu près.

Pour former les cadres des mécaniciens, il a donc fallu recourir à l'engagement volontaire, et on n'a pu trouver ces éléments que dans les grands centres industriels (régions du nord et du centre), tandis que les autres spécialités, gabiers, fusiliers, restent en majorité fournies par l'inscription maritime. Or les neuf dixièmes de ces marins proviennent des côtes de l'Océan, et la Bretagne à elle seule fournit les trois quarts de ce contingent, la Bretagne dont la population, ravagée par l'alcool, dépérit d'incontestable façon (1).

Nous verrons plus loin l'influence de cette diversité d'origine sur la morbidité de nos marins, surtout en ce qui concerne la tuberculose.

RÉFORMES. — Le chiffre des réformes est très considérable dans la flotte; il est d'environ 30 p. 100; mais il est dû au mode de recrutement spécial de l'inscription maritime ; de plus, nous l'avons dit, il n'y a pas de conseil de revision dans la marine, de sorte que les inscrits, qui arrivent au port et sont éliminés d'emblée sans avoir été incorporés, comptent dans ce chiffre des réformés, dont ils représentent plus de la moitié.

Le nombre des réformes ou retraites avec pension pour infirmités contractées en service est assez faible et n'atteint pas 0,50 p. 1 000.

Les affections qui entraînent le plus souvent la réforme sont en première ligne la tuberculose et la bronchite chronique ; viennent ensuite les affections des yeux, des oreilles, les hernies, l'épilepsie, les maladies de l'appareil locomoteur, etc.

Les statistiques de la marine ne portent pas sur un assez grand nombre d'années pour pouvoir apprécier exactement l'influence des spécialités sur le nombre des radiations ; jusqu'à présent, ce sont les hommes de la manœuvre et du tir qui ont une plus forte proportion de réformés que les chauffeurs et les mécaniciens, ce qui peut, de prime abord, paraître invraisemblable : on en trouvera les raisons plus loin.

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