VIII. — MICROBE DE LA PSITTACOSE
La psittacose est une maladie infectieuse, qui se traduit chez les psittacés par une entérite rapidement mortelle et dont la transmission à Thomme provoque chez lui une affection typhoïde grave, très fréquemment accompagnée de phénomènes pulmonaires.
AGENT PATHOGÈNE. — Découvert par Nocard (1892), bien étudié chez Thomme par Gilbert et Fournier, le microbe de la psittacose est un paracolibacille, se rapprochant du type Coli par sa culture sur pommes de terre et sur milieu ayant servi déjà au développement du bacille d'Eberth, mais se rapprochant également de ce dernier par ses propriétés biologiques (non-fermentation de la lactose, absence de formation d'indol, agglutination partielle par le sérum typhique, et réciproquement). v
Par inoculation sous-cutanée, le bacille de la psittacose provoque une septicémie hémorragique chez les psittacés, les souris, le pigeon et le lapin.
Les mêmes animaux peuvent être infectés, mais d'une manière moins constante, parla voie intestinale.
Bien que ne donnant pas de spores, le bacille de la psittacose conserve longtemps sa virulence dans les cadavres d'animaux ou les milieux de culture.
Une question intéressante à élucider serait la manière dont le bacille de la psittacose acquiert sa virulence. Gilbert et Fournier admettent en effet qu'il s'agit de l'exaltation d'un hôte inoffensif de l'intestin des perruches, sous l'influence du changement de climat et de nourriture. Cette affection serait en effet inconnue dans les pays d'origine des psittacés.
On voit tout l'intérêt théorique qui s'attacherait à la vérification scientifique de cette hypothèse, étant donnée la contribution qu'elle pourrait apporter par analogie à la connaissance des rapports existant entre le colibacille et le bacille typhique.
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82 ACHÀLME. - MICROBES COMMENSAUX.
TRANSMISSION A L'HOMME. — L'existence d'épidémies circonscrites provoquées par la contagion provenant de perroquets ou de perruches malades est maintenant bien établie par les observations de Hitter (1879), Ost, Wagner, Peter, Duj ardin- Baume tz, Dupuy, Rome, etc. ; l'identification de l'agent pathogène avec le bacille de Nocard, faite par Palamidessi, Gilbert et Fournier, Achard et Bensaude, ne laisse aucun doute sur la nature de la contagion, bien que quelques observations discordantes (Liechstenstern) aient pu faire émettre l'hypothèse de la pluralité des microorganismes de la psittacose (1).
Le plus souvent l'infection résulte du contact direct, porté à son maximum dans la déplorable habitude de donner la nourriture aux oiseaux de bouche à bec. Les plumes, le duvet, plus rarement les cages et les perchoirs peuvent être incriminés. Enfin, dans des cas exceptionnels (Dujardin-Baumetz, Dubief, Nicolle), on a pu constater la contagion d'homme à homme.
En cas d'épidémie sur les perruches, les cas d'infection humaine sont assez fréquents, et la mortalité étant considérable (34 p. 100 des cas dans les épidémies de Paris), on voit combien il est important de porter à la connaissance du public les dangers que peuvent faire courir le contact des oiseaux malades, surtout étant donnée la difficulté des mesures prophylactiques générales.