Sarcopsylla penetrans femelle très arossie
Fig. 105. — Chique femelle, gorgée dans les tissus.
194 A.GHALME. — MALADIES SPÉCIFIQUES.
œufs se (ail à l'extérieur, au fur el à mesure de leur maturation. En peu de temps, chacun des œufs donne issue à une larve pourvue de trente anneaux. Cette larve s'entoure ensuite d'un cocon, duquel, en li ni t ou dix jours, sort l'insecte parfait. Quand la ponte est terminée, L'animal meurl dans La cavité où il s'esl développé, el son cadavre est expulsé par un processus inflammatoire < j u i ne présente rien de grave en lui-même, mais ouvre La voie à toutes les infections secondaires. Aussi L'existence de la puce-chique constitue-t-elle un véritable fléau dans les régions qui en sont affligées.
DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE. — La puce-chique est originaire de l'Amérique, et son principal centre d'action se trouve dans les Antilles. Mais elle esl endémique dans toute l'Amérique tropicale, depuis le sud des États-Unis jusqu'à la frontière méridionale du Brésil (30° latitude nord, 30° latitude sud).
La puce-chique a été introduite en Afrique vers le milieu du xive siècle, probablement par un navire venant du Brésil, avec un chargement de sable servant de lest. Elle se répandit d'abord dans l'état libre du Congo, puis sur toute la côte occidentale, jusqu'au Sénégal. Les caravanes et les expéditions la transportèrent vers la côte orientale. En 1891, on la signale dans l'Ouganda; en 1894, sur la côte orientale.
Les troupes indigènes, composées de Sénégalais et de Iiaoussas, la transportèrent également à Madagascar, en 1899, et, grâce au sol sablonneux de l'île, la chique s'y est rapidement implantée.
Des mesures très rigoureuses, prises dans l'Inde et soumettant à l'inspection les navires de provenance africaine, ont jusqu'ici protégé l'Asie anglaise contre le fléau de la puce-chique, à laquelle, du reste, les conditions de sol et de climat semblent défavorables. Blandford a néanmoins constaté son apparition en Chine.
MYASES.
On appelle myase, l'affection provoquée par le développement dans l'organisme de larves de diptères.
Certaines de ces larves ont besoin, pour leur développement, d'une température constante; aussi les mouches femelles recherchent-elles, pour déposer leurs œufs, les cavités naturelles des animaux, ou introduisent-elles ces derniers dans l'hypoderme à l'aide d'une tarière génitale, nommée oviscapte.
Dans le premier cas, les larves sont dites cavicoles; dans le second, larves cuticoles.
Larves cavicoles. — Le type des myases cavitaires esl celle qui est produite par la Lucilia macellaria [Lucilia hominivorax, calliphora infesta, calliphora anthropophaga), muscidée commune dans une grande partie de l'Amérique, depuis le nord des Etats-Unis
MYASES.
Fig. 106. -
sa larve,
Lucilia macellaria et
grandeur naturelle.
jusqu'à la République Argentine. On a constaté sa présence en Gochinchine, au Tonkin, et peut-être est-ce celle qui provoque dans l'Inde la maladie connue sous le nom de Peenash.
Le genre Lucilia comprend des muscides a trompe molle, à épistomenon saillant. Le troisième article des antennes a des dimensions quadruples du second: le style est très plumeux; l'abdomen, court ei arrondi, présente des reflets métalliques.
L'espèce Lucilia macellaria est caractérisée par son thorax, dont les deux premiers anneaux: sont parcourus par trois bandes longitudinales noires ou fuligineuses. Sa couleur varie du bleu au vert et sa taille de 9 à 10 millimètres.
La mouche pond ses œufs à la surface des plaies, ou à l'entrée des cavités naturelles, fosses nasales, conduit auditif. « Les larves qui naissent de ces œufs sont blanches, formées de douze segments donl le bord supérieur porte des cercles de très petits spinules : ces cercles sont au
nombre de deux ou trois pour le premier segment, de trois pour le deuxième et le troisième, de quatre pour les autres. La bouche, protégée par une sorte de rebord denté, livre passage à deux forts crochets maxillaires » (Blanchard). En raison de leur apparence, on les a décrites sous le nom de vers en vis (Screw Worms). On conçoit les ravages que peuvent produire ces larves ainsi armées, lorsqu'elles s'introduisent dans les sinus ou l'oreille moyenne. Les accidents qu'elles provoquent peuvent même déterminer la mort.
On a signalé également quelques cas de parasitisme chez l'homme, dus aux larves d'autres diptères : Cephe-
nomi/ia, Sarcophaga magnifica, Sarcophaga canaria, Anlhomyia pluvialis, A. canicularis, Piophila casei, Teichomyza fusca, etc. Mais il semble s'agir là de faits exceptionnels. Néanmoins, dans certains cas, la présence de ces larves dans l'intestin peut s'accompagner de phénomènes généraux graves (Sorel).
Larves cuticoles. — Les larves cuticoles les plus communes sont le ver macaque el le ver du Cayor.
Le ver macaque est la larve de la Dermatohia noxialis ou cyaniventris, de la famille des œstrides, commune dans toute l'Amérique centrale, le Mexique, le Brésil.
Dermatohia noxialis
(d'après Goutlot).
a, larve ; h, adulte.
ACHALME. — MALADIES SPÉCIFIQ1 ES
Fig. 108. — Larve de Dermatobin cyaniventris.
C'est une mouche de M -A 16 millimètres : la face esl jaune, le thorax de couleur grise, l'abdomen bleu d'acier avec la base d'un
blanc sale, les ailes rouge pâle. La larve est piriforme, d'un blanc grisâtre, mesurani de "J<> à '21 millimètres de longueur el 8œni,5 environ de largeur, au niveau du quatrième anneau. Néanmoins, avant d'arriver à cette taille, elle présente, d'après Blanchard, une première forme qui a été décrite comme une espèce particulière sous le nom de iorcel, ver moyocuil, berne dans les mômes régions. Le torcel et le ver macaque seraient donc, d'après Blanchard, deux états successifs ou deux formes larvaires de la môme espèce.
La première larve, plus petite, muerait à l'intérieur môme de la tumeur furonculeuse qu'elle provoque et se transformerait en la seconde larve, de taille plus grande, qui sort spontanément au bout de quelques mois, (G HBl x quand le moment de la nym-
/^r \ ^S^ phose est arrivé.
4 \ Le ver du Cayor (larve de la
Cordylo bia ( Ochromya) an thropophaga, de la famille des muscidès) est une larve de 1 centimètre de longueur, de couleur blanc
sale, formée de onze anneaux, dont le premier porte un crochet rentrant.
La mouche adulte mesure 8 à 10 millimètres de long. Sa teinte générale est gris jaunâtre. Le thorax olîre en avant deux bandes noires longitudinales; les ailes sont un peu enfumées. L'abdomen esl «ouvert de taches noires, assez étendues, surtout en arrière. Gedoelst a pu identifier le ver du Cayor avec la larve du Natal et reconnaître que l'aire de dispersion de la maladie s'étendait à presque toute l'Afrique (Grûnberg, Smith, Blinckinsop, Massey).
On peut rapprocher de ces parasites la larve de VAuchmeromya luleola, connue sous le nom de ver des cases, larve des planchers.
Fis-. 109.
Cordylobia anthropophaga,
adulte et larve.
Fi