‹ Traité d'hygiène (volume 5)Chapitre 43 sur 224 · I ^ I^P5;** CONDITIONS INDI · texte numérisé non relu

I ^ I^P5;** CONDITIONS INDI

ta*.. VID UELLES. - Ce sont

les métis indiens qui paient le plus fort tribut à la maladie. Sans être E complètement épargnes, les noirs, les indiens et les blancs de pure race Principales fructifications des cham- sont beaucoup plus rarepignons des Caratés. ment atteints. De toutes , C, violet bleuâtre; manières, le défaut de B, bleu; E, blanc (d'après Montoya y Florès), propreté personnelle JOUC

un grand rôle dans la diffusion de la maladie. La contagion directe d'homme à homme semble néanmoins exceptionnelle en ce qui concerne les Caratés proprement

dits. Elle serait au contraire fréquente dans le mal de pinto mexicain. Les deux sexes sont également aptes à contracter la maladie. Aucun âge n'est épargné, mais la plus grande fréquence s'observe entre quinze et vingt-cinq ans.

L'inoculation du parasite,, qui semble très répandu dans la nature, — Montoya l'aurait rencontré en culture pure dans les eaux stagnantes de certaines mines aurifères. — a lieu par des égratignures dues à des broussailles, des excoriations par les cailloux tranchants, et estfacilitée parla macération de l'épiderme dans ces régions àlafois chaudes ethumides. Les parasites animaux etspécialement les

Fig. 112. — Squame épidermique d'un Garnir violet (X 450) (d'après Montoya y Florès).

TOKELAU. IV— 199

moustiques et les punaises semblent également jouer un rôle important dans la diffusion et L'inoculation des champignons pathogènes.

TOKELAU (« TINEA IMBRICATA »).

La Tinta imbricata (tokelau) est une mycose cutanée, caractérisée par une disposition de la peau desquamée en anneaux concentriques d'une absolue régularité.

AGENT PATHOGÈNE. — C'est Patrick Manson qui a le premier observé et bien décrit le microorganisme <bi tokelau, bien étudié ensuite par Tribondeau, Jeanselme, Dubreuilh. Il se présente sous forme d'un mycélium dont les filaments constituent un réseau extrêmement touffu et embrouillé. Siégeant entre le derme et Tépiderme, le champignon, par sa prolifération, produit le

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Fig. 113. — Schéma d'une cocarde Fig. 114. — Teigne imbriquée

de tokelau (Bonnafv). (d'après Kramer).

soulèvement, puis la desquamation de ce dernier. Il s'étend ainsi excentriquement, tout en persistant dans les parties déjà atteintes et se répandant sous l'épiderme au fur et à mesure qu'il se reproduit.

L'examen après l'action de la potasse, de l'éosine orange unie au bleu de toluidine, ou mieux encore de la solution de Giemsa suivie de la décoloration au tanin orange, permet d'observer les détails de structure du parasite.

Les filaments sont ramifiés et composés d'articles cubiques ou rectangulaires de longueur inégale. Aux points de bifurcation des rameaux mycéliens, les articles affectent la forme d'un T ou d'un Y. Un pigment jaune verdâtre imprègne le mycélium.

L'absence de cultures ne permet pas de déterminer encore exactement le genre de mucédinées dans lequel doit être rangé le parasite de la Tinea imbricata. Manson puis Blanchard le classèrent parmi

ACHALME.

MALADIES SPÉCIFIQUES

les trichophytoses. Tribondèau en lil un Lepidophyton^ puis signala un mode de fructification le rapprochant des Aspergillus. Ces formes nspergillaires <ml été retrouvées par Jeanselme, par Dubreuilh et bien décrites par Wehraer. Dans ces cas, les hyphes sporifères donnenl naissance à un grand nombre dé spores hérissées do piquants 1res lins el 1res nombreux. II s'agit là do formation de spores vraies que Ton peut différencier des autres formes durables (chlamydospores) qui se présentent sur la continuité du mycélium sous forme de renflements ovoïdes pourvus d'une capsule à double

contour.

On peut rapprocher de ce parasite le Trichophyton albiscicans décrit par Nieuwenhuis,qui l'isola de l'ongle d'un Javanais atteint de teigne blanche. Cet auteur put obtenir des cultures caractéristiques et reproduire par inoculation une onychomycose typique.

DISTRÏB UTION GÉOGRA- PHIQUE. — Le domaine de la Tinea imbricata est plus étendu qu'on ne l'avait cru pendant longtemps, et il semble du reste en voie de continuel accroissement. Localisé par Bonnafy entre la péninsule malaise et les îles Samoa et Tonga, le tokelau a été reconnu en Birmanie, à Formose et sur le littoral de la Chine méridionale. Jeanselme a observé sa fréquence et sa distribution dans l'Indo-Chine française, où sa présence n'avait jamais été signalée avant ses recherches.

Or on le rencontre assez fréquemment au Tonkin, plus souvent au Cambodge et sous forme de cas ou de foyers isolés au Laos, sur la côte d'Annam et dans le Ilaut-Tonkin.

Il semble envahir progressivement les îles de la Micronésie, et les auteurs ont pu observer les progrès rapides que la maladie, malgré son importation récente, a faits aux îles Bowditch, aux Fidji, à Tahiti, etc. Paranhos signale également sa fréquence au Brésil, dans les États de Goyaz, de Minas, de Matto Groso et de San-Paolo. Tous les climats humides, à température égale, variant entre 27 et 33°, conviennent au développement de celle affection. Aussi, une fois introduite, s'y répand-elle rapidement. Au contraire les I en î pé rai ures excessives et la sécheresse de l'atmosphère sont un obstacle à sa diffusion.

Fig. 115. — Aspei^gillus concentrions.

a, h, filaments sporulés ; c, d,e,f,g, fructifications conidiennes (d'après Tribondèau).

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