‹ Traité d'hygiène (volume 5)Chapitre 75 sur 224 · I. - QUININISATION CURATIVE DES ANCIENS FIÉVREUX · texte numérisé non relu

I. - QUININISATION CURATIVE DES ANCIENS FIÉVREUX

La guérison systématique des anciens fiévreux a élé tentée, ces dernières années, dans des conditions de grande rigueur scientifique. R. Koch (1) conseille de rechercher toutes les personnes en état de paludisme latent, c'est-à-dire de procédera l'examen microscopique du sang de la population entière; cet examen montrera des Plasmodium chez tous les anciens fiévreux incomplètement guéris et qui auront encore des rechutes . Ces malades « en puissance » sont traités par la quinine, administrée méthodiquement, à intervalles réguliers, pendant toute la saison dangereuse : « M an muss an jedem 10 und 11 Tage Morgens 1 Gramm Chinin nehmen. » On empêche ainsi la pullulation des parasites, et l'on oie aux Anophelmes la possibilité de s'infecter.

Les quininisations des anciens fiévreux faites suivant la méthode de Koch, deux jours de suite 1 gramme, puis neuf jours de repos, ont donné de bons résultats dans des expériences poursuivies en Italie et àDar-es-Salam. Mais il a paru ailleurs (2) que l'on ne pouvait pas compter sur elles exclusivement pour arrêter la renaissance

(1) R. Koch, Die Bekâmpfung der Malaria. Zeitschr. fur llycj., t. XLIII, f. 1, 22 mai 1903, p. 1 238, 3 planches et fig. clans le texte.

(2) En. et Et. Seugeist, Essai de campagne antipaludique selon la méthode de Koch (Lac de Grand-Lieu, 1903). Ann. Inst. Pasteur, t. XVIII, fév. 1904, p. 49-63.

annuelle de l'épidémie; la quinine, qui diminue lenombre el la gravi té des rechutes, ne les annihile jamais d'un seul coup.

Des méthodes analogues, expérimentées en Italie sons le nom de cure préépidémique des anciennes infections, ont donné de mauvais résultats (1).

Le prix de revient la rend impraticable dans certains pays très infectés. Ainsi Mac Gregor(2)a calculé que, pour Lagos, l'administration de quinine à tout habitant, en ne donnant que 1 gramme tous les onze jours (dose d'ailleurs insuffisante), reviendrait par an à 5 500000 francs, c'est-à-dire à une somme égale au revenu total ordinaire de la colonie. Pour le moment, celle-ci dépense 12500 francs de quinine par an.

Pour faciliter la cure quinique des anciens infectés et permettre en même temps la généralisation de la quininisation préventive des indemnes, il est du plus haut intérêt d'abaisser le prix et d'assurer la bonne qualité de la quinine consommée dans les pays fiévreux.

En Algérie, les mesures suivantes furent prises, en 1893, sur l'initiative du Dr Trabut : les sels de quinine étaient vendus par l'Etal à très bon compte aux communes (en moyenne 0,50 les 10 grammes de sulfate de quinine). Ces sels devaient être cédés au prix coûtant aux colons et distribués gratuitement aux indigents (3).

A la suite de pourparlers engagés en 1904 par le Service antipaludique avec les pharmaciens de la colonie, le Gouvernement général de l'Algérie a édicté la réglementation suivante rédigée d'accord avec l'Association générale des pharmaciens de France, et avec les conseils du Pr Cazeneuve, ancien rapporteur du budget de l'Algérie à la Chambre. Cette réglementation est en vigueur depuis le 1er janvier 1910.

Réglementation de la vente du bichlorhydrate de quinine en dragées.

Dans le but de favoriser la diffusion de la quinine en Algérie et après entente avec l'Association générale des pharmaciens de France, les pharmaciens établis en Algérie ayant été appelés à donner leur avis, la vente du bichlorhydrate de quinine en dragées est réglementée de la façon suivante à partir du 1er janvier 1910 :

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