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EAUX SOUTERRAINES

QM

au milieu des habitations, est généralement très mauvais et les épidémies y sont fréquentes. Fort heureusement la nitrification est extrêmement intense dans les puits et, à notre avis, c'est grâce à ce fait que leurs eaux ne sont pas plus souvent dangereuses.

Nous avons vu que môme en terrains granitiques et schisteux, les eaux de puits contiennent parfois une proportion relativement élevée de sels minéraux (chlorures, sulfates), indices de contamination par l'apport des eaux résiduairesdes agglomérations.

Exceptionnellement, lorsque les puits sont bien établis, sans infiltration possible d'eaux superficielles par les fissures du sol et des maçonneries, lorsque la nappe est bien protégée, naturellement ou artificiellement, lorsque l'eau est renouvelée par des épuisements fréquents, on peut rencontrer des eaux relativement pures (1).

Quoi qu'il en soit, l'alimentation en eau par les puits situés au milieu des agglomérations est tout à fait condamnable au point de vue de l'hygiène.

Au contraire, l'eau des nappes phréatiques, recueillie par des puits forés loin des maisons et soigneusement installés, peut donner des eaux de bonne qualité. Les puits tabulaires, puits instantanés de Donnel-Norton (fig. 03), constitués par des tubes de fer perforés à leur base, que l'on enfonce dans le sol jusqu'à la nappe aquif ère, rendent Fig 63# __ Puits tubulaire de très grands services en évitant les alté- instantané,

rations de la nappe par les eaux de surface

pouvant s'introduire directement par l'ouverture du puits ou s'écouler par les fissures des parois en maçonnerie. Dans les petites communes, ce procédé reçoit des applications de plus en plus nombreuses. De tels puits fournissent parfois des eaux presque stériles, alors que d'anciens puits ordinaires, utilisant la même nappe, ne donnent que des eaux souillées.

Pour bien juger de la valeur de ces eaux, il est indispensable, avant les prélèvements, de faire extraire à l'aide de pompes, de grandes quantités d'eau : la stagnation de l'eau dans des appareils

(1) On peut exiger, par exemple, que les abords du puits « soient protégés contre les infiltrations d'eaux superficielles par l'établissement d'une aire imperméable en maçonnerie bétonnée, large d'environ un mètre, légèrement inclinée du centre vers la périphérie, hermétiquement rejointe aux parois du puits ». Cette formule a été appliquée par le Comité consultatif d'hygiène à un grand nombre de puits, notamment dans la Beauce.

quelconques entraînant toujours une multiplication intense et anormale des germes (1).

La nappe peut être encore constituée par une rivière souterraine dont les réapparitions (résurgences ou sources vauclusiennes) donneront, si la rivière a été contaminée, une eau de mauvaise qualité. Les causes de contamination de ces sortes d'eaux souterraines ont été précédemment exposées par Martel (fasc. II, p. 81 et suiv.).

L'interprétation de l'analyse des eaux des nappes superficielles est souvent délicate. Si les résultats sont indiscutablement mauvais, une seule analyse pourra, à la rigueur, permettre de juger de la mauvaise qualité de l'eau; mais si les résultats sont satisfaisants, il est imprudent de conclure sur un seul examen et, dans ce cas, l'eau doit être soumise à des séries d'analyses après des périodes de sécheresse et de pluie.

Voici des exemples de variation de composition bactérienne, pour les sources alimentant Paris, d'après Miquel :

Vanne (1888-1898). Dhuis (1889-1895). Avre (1893-1896).

Hiver 1.530 6.565 3.185

Printemps 790 1.910 1.115

Été 600 1.045 1.935

Automne 1040 6.680 1.490

C'est à la suite des pluies abondantes que le nombre des germes dans les nappes souterraines insuffisamment protégées augmente ; d'ailleurs la température et surtout le débit varient également. Nous avons obtenu les résultats suivants, sur des sources de la région d'Auxerre, prélevées et ensemencées sur place.

Périodes de sécheresse Périodes pluvieuses

Juin. Septembre. Août. Octobre.

Évaluation delà (Sol. acide... 0,750 0,500 0,500 1,500

mat. organique. ( — alcaline. 0,750 0,500 0,500 1,000

Nitrates en AzOa. 18,9 20,2 21,4 25,0

Acide sulfurique 6,8 8,9 6,1 8,9

Chlorure de sodium 10,4 9,6 10,4 9,6

Degré hydrotimétrique total.. 23°,0 »> 23°,0 22o,o

Alcalimétrie 19i.O » 200,0 200,0

Nombre de germes par c. c 19 11 117 226

B. coli.

B. putrides.

(1) C'est l'exemple que nous avons observé tout récemment sur les eaux de Vinneuf (Yonne) : les premières analyses effectuées sur l'eau ayant séjourné dans le puits instantané, donnaient 18150 germes par cent, cube, dont le B. coli et les bactéries putrides, tandis que l'eau, après un pompage de quelques heures, donnait 40 germes par cent, cube, représentés surtout par des levures et ne contenant plus de B. coli, ni de bactéries putrides. Des faits analogues ont été signalés depuis longtemps. Hcraeus ayant analysé l'eau d'un puits, a trouvé 5 000 germes par cent, cube, et 35 germes après 30 minutes d'épuisement. Maschock a trouvé 57S germes dans un puits après 15 minutes d'extraction et 73 germes après plusieurs heures. La pratique des analyses d'eau montre fréquemment des exemples de ce genre.

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